Assaut du Capitole: Biden hausse le ton et pointe la "responsabilité" de Trump

Publié le à Washington (AFP)

Joe Biden a-t-il décidé de s'en prendre plus frontalement à Donald Trump? Le président américain, dans le discours qu'il doit prononcer jeudi pour commémorer l'assaut du Capitole le 6 janvier 2021, va dénoncer la "responsabilité particulière" de son prédécesseur dans ce "chaos", a dit mercredi sa porte-parole.

Joe Biden "voit dans le 6 janvier le couronnement tragique de ce que quatre années de présidence Trump ont fait à ce pays", a affirmé Jen Psaki.

La porte-parole de l'exécutif américain a dit à la presse s'attendre à ce que "le président Biden expose la portée de ce qui s'est passé au Capitole et la responsabilité particulière du président Trump dans le chaos".

Le président démocrate doit s'exprimer dans l'enceinte même du Capitole, là où des milliers de partisans de son rival ont tenté d'empêcher la certification de son élection par le Congrès américain.

Il va "dénoncer avec force le mensonge que propage l'ancien président", qui clame contre toute évidence avoir remporté le scrutin, a encore dit Jen Psaki.

C'est un net durcissement de ton de la part de la Maison Blanche qui d'habitude répugne même à nommer Donald Trump, désigné par l'exécutif américain ou par Joe Biden lui-même comme "l'autre type" ou "le gars d'avant".

Le chef de la police du Capitole Tom Manger, qui a pris ses fonctions après l'attaque, a reconnu mercredi devant une commission du Sénat que le 6 janvier avait "mis en lumière des défaillances opérationnelles très importantes".

"Ces problèmes doivent être réglés, et c'est ce que nous faisons", a-t-il promis.

Selon un sondage rendu public mercredi par le site d'information Axios, environ 57% des Américains estiment que des événements tels que ceux du 6 janvier 2021 sont susceptibles de se reproduire dans les années à venir.

La même enquête d'opinion confirme à quel point l'Amérique reste divisée, un an après les images inouïes des affrontements devant le Capitole et des partisans de Donald Trump paradant à l'intérieur de ce bâtiment emblématique de la démocratie américaine.

Selon ce sondage, seulement 55% des Américains estiment que Joe Biden est le vainqueur légitime de la dernière élection.

"Le 6 janvier n'était pas l'action irréfléchie et spontanée d'une foule violente. C'était une tentative de renverser par la violence le résultat d'une élection libre et juste. Ne nous fourvoyons pas: les raisons qui ont causé le 6 janvier existent toujours", a dit mercredi le patron des démocrates au Sénat, Chuck Schumer.

- Volte-face de Trump -

Donald Trump a certes fait volte-face: il a renoncé à donner jeudi une conférence de presse depuis sa luxueuse retraite de Floride, une initiative qui avait été vécue comme une provocation chez les démocrates et qui embarrassait visiblement ses partisans républicains.

Mais l'irascible milliardaire n'a en rien adouci son propos. Dans un communiqué mardi, il s'est à nouveau insurgé contre la "fraude" qui a selon lui, et sans qu'il n'en apporte aucune preuve, entaché la dernière présidentielle. "Le crime du siècle!" a écrit Donald Trump, que son adversaire démocrate a devancé de sept millions de voix.

Les républicains, sur lesquels l'ancien président conserve un immense ascendant, ont dans l'ensemble choisi de faire profil bas.

Dans un message en date du 2 janvier, leur chef de file à la Chambre des représentants - qui, avec le Sénat, compose le Congrès américain - écrit certes que "les actions de cette journée (du 6 janvier) étaient illégales".

Mais Kevin McCarthy critique aussi le camp démocrate, qui selon lui utilise les événements du 6 janvier "comme une arme partisane pour diviser le pays".

Mitch McConnell, un ténor du camp républicain et le chef des conservateurs au Sénat, a déjà fait savoir qu'il ne serait pas présent jeudi lors des commémorations organisées à Washington. Il se rendra à l'enterrement d'un ancien sénateur américain à Atlanta, dans le sud des Etats-Unis.

Loin donc des marches du Capitole, où les membres du Sénat et de la Chambre des représentants sont invités à se recueillir ensemble jeudi, à 22h30 GMT.

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