Au Pontet, l'annulation de l'élection municipale divise

Publié le à Le Pontet (France) (AFP)

Certains sont déçus, d'autres se disent soulagés. Après l?annulation de l?élection du maire FN du Pontet, les habitants de cette commune du Vaucluse redoutent surtout une campagne délétère à l?image de la précédente, émaillée de heurts entre les candidats.

Au Pigeonnier, le quartier où le maire frontiste Joris Hébrard a grandi et installé son cabinet de kinésithérapeute, les habitants affichent leur déception après la décision du tribunal administratif de Nîmes qui a annulé jeudi l'élection municipale de mars. Le tribunal a constaté que 17 suffrages n'ont pu être "régulièrement comptabilisés", alors que le Front national n'a eu que 7 voix d'avance à l'issue du second tour.

"C?est dégueulasse, c?est un garçon honnête et gentil qui fera tout pour la ville", lâche à propos de M. Hébrard un riverain octogénaire, pas inquiet pour autant de l?issue du scrutin qui devrait intervenir d?ici six à huit mois. "Il va avoir plus de voix, les gens ne sont pas fous", pronostique-t-il.

Les premières mesures prises par la nouvelle municipalité ? suppression de la gratuité de la cantine pour les foyers démunis, mesures d?économies, augmentation des patrouilles des policiers municipaux - rencontrent un écho favorable dans ce quartier où le maire a toujours ses habitudes.

"On voit plus de gendarmes et moins d?Arabes, on se sent plus en sécurité", se réjouit sans ambages Jean-Pierre, un habitant.

Sur la place du marché, les avis divergent. Certains, comme Rachid, qui s?est acquitté d?une amende de 11 euros pour avoir laissé son épicerie ouverte après 22H00 contrevenant à un arrêté municipal, et Mohammed, commerçant itinérant dont l?emplacement "a augmenté de 4,60 à 32 euros", c?est "un soulagement".

D?autres considèrent que le recours en annulation des anciens candidats Claude Toutain (UMP) et Miliani Makhechouche (PS) est injustifié.

- Vifs désaccords politiques-

"C?est aberrant, sous prétexte que le FN est passé, ils se battent. Si les gens ne peuvent pas supporter qu?on leur passe devant, c?est leur problème", dénonce une femme qui se dit "blasée" et qui ne se rendra pas aux urnes.

"Ils vont encore se battre, s?insulter. Ça leur ferait les pieds s?il (M.Hébrard, ndlr) en prend une cinquantaine" de voix supplémentaires, ajoute-t-elle.

La campagne des élections municipales dans cette ville de quelque 17.000 habitants s?était déroulée dans une ambiance délétère. Les désaccords sont toujours vifs lors des conseils municipaux, aussi bien entre le FN et ses opposants qu'entre les opposants au FN eux-mêmes, et certains Pontétiens redoutent que des heurts opposent à nouveau les candidats.

"La nouvelle s?est répandue comme une traînée de poudre ce matin sur le marché et déjà les esprits se sont échauffés", remarque Danielle, "militante socialiste depuis 45 ans", attablée en terrasse.

Claude Toutain et Miliani Makhechouche ont appelé jeudi matin à un front républicain pour ne présenter qu?une seule liste face au FN. Une perspective qui n?inquiète pas Joris Hébrard.

"Je les vois mal s?entendre sans s?entretuer avant l?élection", ironise-t-il.

"Les gens sont assez paumés, ils ne savent plus pour qui voter, constate Danielle. Il est temps que les listes se mettent en place pour savoir qui se présente".

"S?il faut attendre six ou sept mois, ça peut partir dans tous les sens", appréhende sa voisine, Alexandra.

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