Avant la rencontre des syndicats avec Macron, un nouveau policier grièvement blessé

Publié le à Paris (AFP)

Un policier a été gravement blessé après avoir été renversé par une voiture lors d'un contrôle dans la nuit de mardi à mercredi dans l'Essonne, nouvel incident d'une série de violences visant les forces de l'ordre à la veille d'une rencontre des syndicats avec Emmanuel Macron.

Le brigadier, âgé de 40 ans, a été hospitalisé avec un "pronostic vital engagé", ont indiqué des sources policières à l'AFP. Il souffre d'une fracture à la jambe et d'un traumatisme crânien.

Les faits se sont produits vers 1H30 à Savigny-sur-Orge. Un équipage de la Brigade anti-criminalité (BAC) s'est approché pour contrôler la voiture, une Peugeot "volée", ont précisé ces sources, dans un secteur régulièrement victime de cambriolages. Mais le conducteur a redémarré et renversé le fonctionnaire.

Ce brigadier "très expérimenté" a "vingt ans de police sur le département, tout dans la Bac nuit", a précisé l'une de ces sources.

Le conducteur, qui a été identifié par les policiers, est en fuite. Selon une source policière, il est né en 1981 et est "défavorablement connu" des services de police.

Lors du contrôle, "il y avait trois individus à pied autour du véhicule" qui ont eux aussi pris la fuite sans être interpellés, selon une source policière.

Une enquête a été ouverte pour "tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique", a indiqué le parquet d'Evry à l'AFP.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est rendu en début d'après-midi au commissariat de Juvisy "en soutien aux collègues du policier blessé", a indiqué son entourage.

Un demi-millier de personnes se sont rassemblées dans le calme, en soirée, devant le commissariat de Juvisy-sur-Orge, en soutien également au fonctionnaire dans un état grave. Policiers, syndicats, élus et habitants ont observé une minute de silence puis ont entonné La Marseillaise.

Venus soutenir leur collègue, Gwenaël et Stéphane souhaitent "que les atteintes envers les policiers soient plus sévèrement punies".

Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a témoigné sur Twitter son "soutien total aux forces de l'ordre et à leurs proches". "Avocat j'ai défendu des policiers touchés dans leur chair et des familles révoltées par ces situations inacceptables", a-t-il écrit, "le ministère de la Justice sera toujours à leurs côtés".

- "Ça suffit" -

"Une fois encore, un de nos collègues a été sauvagement agressé par un individu qui lui a foncé dessus", a de son côté dénoncé auprès de l'AFP Frédéric Lagache, délégué général d'Alliance.

"Une fois de plus, une fois de trop, ça suffit", a renchéri Frédéric de Oliveira, secrétaire régional du syndicat Unité-SGP. Il y a "une défiance envers l'Etat et ce sont les policiers qui paient", a-t-il ajouté.

Ces faits surviennent dans un contexte de malaise policier après l'attaque aux mortiers d'artifice du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) le week-end dernier et l'agression par balles de deux policiers à Herblay (Val-d'Oise) la semaine dernière.

Les syndicats de police ont été réunis mardi soir en visioconférence par le ministre de l'Intérieur, qui leur a détaillé plusieurs mesures pour améliorer leurs conditions de travail, dont la création d'une prime pour les "nuiteux", les 22.000 policiers travaillant de nuit, et des mesures sur le déroulement de carrière.

Jeudi, les syndicats doivent cette fois être reçus par le chef de l'Etat. Une rencontre qu'ils réclamaient de longue date et où doit notamment être évoquée, selon le ministère, leur "protection".

"On ne peut pas accepter que tous les jours on comptabilise plus de 18 blessés chez les policiers. Tout cela doit cesser", a poursuivi Frédéric Lagache en appelant à des annonces "concrètes" de la part du président.

De nombreuses personnalités ont appelé mercredi a un durcissement de la politique pénale. La présidente de la région Valérie Pécresse (Libres!) a demandé "des sanctions exemplaires". "L'escalade de la violence contre les policiers atteint un point de non-retour", a pour sa part estimé le porte-parole du RN Sébastien Chenu.

"La situation de tension croissante entre la population et les forces de l'ordre met aussi en danger les policiers", a de son côté déploré la députée LFI Clémentine Autain.

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