Barrage de Sivens: pour les éditorialistes, "un sentiment de gâchis" aux conséquences "politiques"

Publié le à Paris (AFP)

Six jours après le décès d'un jeune manifestant et au lendemain de la suspension du projet de barrage de Sivens, les éditorialistes ressentent un "sentiment de gâchis" et prévoient des "conséquences politiques".

"Six jours après les affrontements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse, c?est un terrible sentiment de gâchis qui s?impose. Terrible - parce que la mort d?un jeune homme de 21 ans dans une manifestation, en France, est évidemment aussi absurde qu?accablante -, ce gâchis est général. Il touche tous les acteurs de ce dossier qui a tourné au drame. Et il soulève de lourdes questions, aujourd?hui sans réponses", assène Le Monde dans son éditorial.

Pour Dominique Garraud, dans la Charente Libre : "la fin programmée du chantier de Sivens sera la première sanction d'une tragédie appelée à connaître des développements politiques durables au sein de la majorité et au-delà dans une jeunesse désenchantée."

Dans l'Alsace, Raymond Couraud explique : "de renoncements en reculades, nos dirigeants politiques font douter de l'état de notre démocratie."

"voici deux projets (Ecomouv et Sivens, ndlr)décidés, l'un par l'État, l'autre par un conseil général, remis en question sous la pression de quelques milliers de personnes, dont un certain nombre de casseurs", s'étonne-t-il.

"Un pouvoir ne peut s?installer durablement et ses décisions être respectées que lorsqu?il est considéré comme légitime", prévient Yves Harté, dans Sud Ouest, qui note que "le jet de l?éponge du Conseil général du Tarn arrive au lendemain de la dénonciation du contrat avec Écomouv?" et déplore "chaque fois, deux colères considérées comme légitimes par les rebelles ont gommé deux décisions des votes d?assemblées d?élus. Il sera difficile désormais de l?ignorer."

"Construit ou pas, le barrage de Sivens fera date", renchérit Dider Rose des dernières Nouvelles d'Alsace.

Le conseil général du Tarn a suspendu vendredi pour une période indéfinie le chantier du barrage de Sivens, cinq jours après le décès du jeune manifestant Rémi Fraisse, 21 ans, mort des suites de l'explosion d'une grenade offensive lancée par les gendarmes selon les derniers résultats de l'enquête.

"Voilà pour l'État un cadeau empoisonné", conclut Didier Rose (DNA).

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