Biden fait voter son plan de relance au Congrès, succès majeur en vue

Publié le à Washington (AFP)

Le président Joe Biden fait adopter mercredi au Congrès son gigantesque plan de soutien à la première économie mondiale, une grande victoire 50 jours après son arrivée à la Maison Blanche.

Malgré l'opposition en bloc attendue des républicains, qui dénoncent des mesures gargantuesques et mal ciblées, les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, sont convaincus d'avoir assez de voix pour l'adopter lors du vote prévu vers 13H00 (18H00 GMT).

Joe Biden doit promulguer dans la foulée ce plan de 1.900 milliards de dollars, un montant vertigineux équivalant au PIB de l'Italie.

"Nous nous en sortirons", a-t-il promis aux employés d'une petite entreprise de Washington mardi.

"Un plan bien construit, qui a avancé rapidement au Congrès, pour apporter une aide absolument nécessaire à la lutte contre le Covid et faire avancer notre économie", a tweeté son chef de cabinet Ron Klain mercredi, en se réjouissant d'un nouveau sondage montrant la grande popularité de ces mesures.

La pandémie de Covid-19 a fait plus de 500.000 morts aux Etats-Unis, et la première économie mondiale s'est contractée de 3,5% l'an passé, sa pire année depuis la Seconde Guerre mondiale.

Selon des experts, le "plan de sauvetage américain" devrait doper la croissance. D'après la Maison Blanche, cette législation "historique" créera plus de 7 millions de nouveaux emplois cette année et rendra les soins de santé plus abordables tout en sauvant des vies grâce aux aides pour la vaccination généralisée. Elle affirme également qu'elle réduira de moitié la pauvreté des enfants.

Mais d'autres économistes mettent en garde contre le risque d'inflation.

"Nous avons promis d'aider, le président a promis d'aider, et désormais, l'aide arrive", a déclaré l'un des porteurs démocrates de ce texte, John Yarmuth, dans l'hémicycle.

"Soyons clairs, il ne s'agit pas d'un plan de sauvetage. Il s'agit d'une longue liste de priorités de gauche qui datent d'avant la pandémie et ne répondent pas aux besoins des Américains", a rétorqué le chef de la minorité républicaine à la Chambre des représentants Kevin McCarthy.

Reprenant la grande ligne d'attaque des républicains, il a réaffirmé que seuls "9% des 1.900 milliards" du plan étaient "liés à la lutte contre le Covid".

- Chèques aux Américains -

Des millions d'Américains toucheront des chèques d'aides directes allant jusqu'à 1.400 dollars par individu et personne à charge, pour un montant global de quelque 400 milliards de dollars.

Le plan prolonge en outre jusqu'en septembre des allocations chômage exceptionnelles qui devaient expirer le 14 mars. Joe Biden avait promis d'agir avant cette date butoir, et après des séances marathon au Congrès, marquées par des rebondissements, il y est parvenu.

Quelque 15 milliards de dollars sont consacrés à la vaccination, 50 milliards pour les tests et le traçage et 10 milliards pour la production de vaccins.

Le plan consacre également 126 milliards de dollars aux écoles, de la maternelle au lycée, pour soutenir leur réouverture malgré la pandémie, ainsi que 350 milliards en faveur des Etats, des collectivités locales.

- Loi "la plus importante" -

Le projet initial comprenait une hausse du salaire minimum fédéral qui a dû être abandonnée au Sénat, où le montant des allocations chômage et le plafond pour toucher les chèques ont d'autre part été abaissés sous la pression d'un démocrate conservateur.

Ces compromis pouvaient faire craindre une fronde des progressistes, mais les troupes démocrates apparaissent unies derrière le plan Biden.

C'est en saluant "la plus importante loi votée par le Congrès pour aider les travailleurs depuis des décennies" que le sénateur indépendant Bernie Sanders avait approuvé le plan samedi à la chambre haute.

A la Chambre lors d'un premier vote comme au Sénat, seuls les démocrates ont voté en faveur du plan de relance. Un revers pour Joe Biden, sénateur pendant plus de 35 ans et arrivé à la Maison Blanche sur la promesse de trouver des terrains d'entente avec les républicains, après les profondes divisions de l'ère Trump.

Le vieux routier de la politique espère ensuite parvenir à une meilleure entente pour son prochain immense projet législatif, qui devrait concerner les infrastructures américaines.

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