Birmanie: nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU mais sans déclaration commune

Publié le à Nations unies (Etats-Unis) (AFP)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu vendredi une nouvelle réunion à huis clos sur la Birmanie sans réussir à se mettre d'accord sur une déclaration commune en raison d'une opposition de la Chine et de la Russie, selon des diplomates.

La session avait été convoquée par le Vietnam afin de présenter les conclusions du récent sommet en Indonésie de l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean), qui doit nommer un émissaire pour aider à dénouer la crise consécutive au coup d'Etat du 1er février.

Rédigé par le Royaume-Uni, un projet de déclaration n'a pas obtenu l'accord de Pékin et Moscou. Obtenu par l'AFP, il prévoyait d'apporter un "plein soutien au rôle central de l'Asean" et d'encourager une visite en Birmanie de l'émissaire de l'ONU, Christine Schraner Burgener, "aussitôt que possible".

Les membres du Conseil y condamnaient "à nouveau fermement la violence contre des manifestants pacifiques" et demandaient "aux militaires de faire preuve de la plus grande retenue", précise aussi le projet.

Selon des diplomates, Pékin, premier soutien de la Birmanie, et Moscou, qui souhaitaient limiter une déclaration à un seul soutien à l'Asean, ont proposé un très court texte concurrent, mais inacceptable pour la majorité du reste du Conseil.

Des discussions devaient se poursuivre pour essayer de trouver un consensus mais l'espoir était maigre, selon des diplomates. Si le Conseil échoue à s'entendre sur une déclaration commune, il s'agirait d'une première depuis début février. Depuis cette date, le Conseil a approuvé trois textes déplorant ou condamnant fermement les violences en Birmanie contre les civils.

Lors de la réunion, Christine Schraner Burgener, en tournée dans la région, a répété son appel à une position internationale collective pour espérer peser sur l'évolution de la situation, selon des diplomates.

Elle a aussi rendu compte d'un long entretien tenu en marge du sommet de l'Asean avec le chef de la junte birmane, le général Min Aung Hlaing. Selon des diplomates, elle a alors essuyé un nouveau refus de l'officier à sa demande de se rendre en Birmanie.

Lors de la session, le gouvernement de Bruneï, président de l'Asean, a envisagé l'idée d'une visite conjointe en Birmanie de l'émissaire de l'ONU avec son futur homologue de l'Asean, selon un diplomate.

Près de 760 civils sont tombés sous les balles de la police et de l'armée ces trois derniers mois, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). La junte ne reconnait que 258 morts au 15 avril, qualifiant les manifestants d'"émeutiers" se livrant à "des actes de terrorisme".

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