Boeing disparu en Indonésie: la 2ème boîte noire retrouvée

Publié le à Jakarta (AFP)

Les autorités indonésiennes ont annoncé mercredi avoir retrouvé la deuxième boîte noire du Boeing de Sriwijaya Air qui s'était abîmé au large de l'Indonésie en janvier et dont les 62 passagers et membres d'équipage avaient été tués.

Cette boîte noire (CVR), qui contient des enregistrements des conversations de l'équipage et avec la tour de contrôle, pourrait apporter des éléments clés pour comprendre pourquoi l'appareil a disparu en mer quelques minutes après son décollage de Jakarta.

Le Boeing 737-500, a plongé de quelque 3.000 mètres en moins d'une minute le 9 janvier dernier dans la mer de Java.

Il y avait 50 passagers, dont 10 enfants et 12 membres d'équipage dans l'appareil à destination de Pontianak, une ville de la partie indonésienne de l'île de Bornéo.

Après des semaines de recherches, la boîte noire a été retrouvée mardi soir par un dragueur dans la boue qui recouvre le fond marin au large de Jakarta, ont annoncé les autorités indonésiennes au cours d'une conférence de presse.

- Une aiguille dans une botte de foin -

"C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin", a décrit Soerjanto Tjahjono, le chef de l'agence indonésienne de Sécurité des Transports.

"Sans le CVR, il aurait été très difficile de trouver la cause de l'accident de Sriwijaya Air", a-t-il souligné.

L'enregistreur, dans une coque de métal rouge, a été montré aux journalistes au port de Jakarta dans une boîte contenant de l'eau de mer.

Le CVR doit être transmis à un laboratoire qui effectuera une lecture des enregistrements et fournira une transcription aux enquêteurs, si toutefois il n'est pas trop endommagé.

Selon un rapport préliminaire de l'agence indonésienne de sécurité des Transports publié en février, une "anomalie" des automanettes, qui gèrent la poussée de l'appareil, a été détectée.

Les documents de maintenance de l'avion montrent que les automanettes avaient été signalées comme défectueuses et réparées à deux reprises en janvier avant l'accident.

Mais d'autres facteurs sont aussi examinés, dont une possible erreur de pilotage.

L'équipage n'avait pas lancé d'alerte ni signalé de problème technique avant l'accident et l'appareil était probablement intact quand il a plongé dans l'eau, selon les enquêteurs.

L'agence a décrit les communications avec les contrôleurs aériens comme normales jusqu'à ce que l'appareil dévie sensiblement de sa trajectoire.

- Capitaine expérimenté -

L'équipage, avec à sa tête un capitaine expérimenté, n'a alors pas répondu aux questions répétées de la tour de contrôle pour une raison encore inconnue.

La zone relativement limitée où des débris ont été retrouvés et les informations de l'une des boîtes noires montrent que les réacteurs fonctionnaient toujours au moment de l'impact.

La première boîte noire, contenant les données des appareils de bord, avait été retrouvée peu après l'accident. Mais les recherches ont été beaucoup plus longues pour trouver la deuxième boîte noire, qui avait perdu sa balise, sur le fond marin.

Les plongeurs ont récupéré une grande quantité de débris de l'avion et 59 des 62 victimes ont été identifiées grâce à des restes humains.

L'avion, vieux de 26 ans, avait été opéré précédemment par les compagnies américaines Continental Airlines et United Airlines.

Cet accident est le premier mortel impliquant la compagnie indonésienne régionale Sriwijaya Air depuis ses débuts en 2013.

Mais le secteur aérien en Indonésie a régulièrement connu des tragédies ces dernières années.

En octobre 2018, 189 personnes sont mortes dans l'accident d'un Boeing 737 MAX de Lion Air qui s'est aussi abîmé dans la mer de Java, douze minutes après son décollage de Jakarta.

L'avion de Sriwijaya Air n'appartient pas à la nouvelle génération controversée de Boeing 737 MAX mais est un Boeing 737 "classique".

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