Bolivie: Luis Arce, l'économiste qui a profité du capital politique de Morales

Publié le à La Paz (AFP)

Ancien ministre de l'Economie, Luis Arce, donné vainqueur dimanche de la présidentielle en Bolivie, apparaît plus comme un technocrate qui a profité du capital politique de l'ex-chef de l'Etat, Evo Morales, une des figures de la gauche latino-américaine .

Cet homme de 57 ans a travaillé 18 ans à la Banque centrale bolivienne, où il a occupé divers postes, avant de devenir le fidèle ministre, entre 2006 et 2017, puis à nouveau en 2019, de M. Morales.

Considéré comme l'architecte du "miracle économique bolivien", M. Arce n'a cessé de brandir, durant la campagne électorale, l'étendard de la prospérité en rappelant que, sous la présidence de son mentor, le PIB avait été multiplié par quatre, avec une moyenne de 4,9% de croissance entre 2004 et 2014.

La pauvreté a également été réduite de 60% à 37% et l'indigence est passée de 38% à 13%, selon les chiffres officiels.

"Nous avons pris les bonnes décisions qui ont conduit notre pays à être en tête de plusieurs indicateurs économiques et sociaux dans la région", a répété pendant la campagne électorale le nouveau chef de file du Mouvement vers le socialisme (MAS), fondé par Evo Morales, premier président indigène du pays entre 2006 et 2019.

- Classe moyenne -

Né le 28 septembre 1963 à La Paz dans une famille de la classe moyenne, de parents enseignants, son origine et son éducation diffèrent de celles de M. Morales, ancien cultivateur de coca issu d'une famille de modestes paysans et éleveurs de lamas, qui a travaillé toute son enfance et n'a que très peu fréquenté l'école.

Luis Arce a étudié à l'Université Mayor de San Andrés de La Paz, ainsi qu'en Angleterre.

Durant la campagne, il a été la cible privilégiée des attaques de la présidente par intérim, la conservatrice Jeanine Añez, et du dirigeant régionaliste ultra-conservateur, Luis Fernando Camacho, les deux l'accusant de n'être "qu'une marionnette du dictateur Evo Morales", en exil en Argentine.

Son principal rival, l'ancien président Carlos Mesa (2003-2005), l'a quant à lui attaqué sur son bilan économique, estimant qu'aucun mérite ne revenait au MAS, mais à un marché des matières premières florissant qui a en outre alimenté "la corruption".

- "Justice sociale" -

L'ancien ministre, qui a promis immédiatement après sa victoire de former un "gouvernement d'union nationale" va devoir se mettre au chevet de l'économie de la Bolivie, pays de 11 millions d'habitants, durement frappé par la pandémie de coronavirus (plus de 8.400 morts) et par des faiblesses structurelles.

La croissance ralentit depuis 2014 et le déficit public se creuse, en raison notamment de la chute des cours des matières premières, principalement le gaz, le lithium, le fer et le cuivre, dont la Bolivie a d'importantes réserves.

"La Bolivie doit retrouver le chemin de la stabilité, de la croissance économique et de la justice sociale", avait lancé Luis Arce durant la campagne, dans un pays parmi les plus pauvres d'Amérique latine qui a aussi la plus forte proportion d'Amérindiens du continent.

A la différence de son mentor passionné de football, ce père de trois enfants affectionne surtout le basket.

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