Boris Johnson ciblé par de nouvelles attaques de son ex-conseiller

Publié le à Londres (AFP)

L'ancien conseiller de Boris Johnson, Dominic Cummings, s'est livré à une nouvelle charge contre le Premier ministre britannique, affirmant que le chef du gouvernement conservateur s'était montré réticent à ordonner un deuxième confinement car ceux qui mouraient avaient plus de 80 ans.

Après avoir longuement étrillé Boris Johnson sur son blog, sur Twitter et pendant sept heures d'audition devant une commission parlementaire il y a deux mois, Dominic Cummings, qui a quitté Downing Street à l'automne dernier sur fond de luttes internes, a accordé une longue interview à la BBC, diffusée mardi soir.

Dans un extrait de l'interview publié avant sa diffusion, Dominic Cummings affirme qu'à l'automne dernier, Boris Johnson résistait à l'avis des scientifiques et de l'opposition travailliste d'ordonner un deuxième confinement car il estimait que "les confinements ne fonctionnent pas" et que "les gens qui meurent sont tous essentiellement âgés de plus de 80 ans et on ne peut pas tuer l'économie juste parce que des gens meurent à plus de 80 ans".

L'ex-conseiller cite à l'appui des messages de son ancien patron sur WhatsApp, dans lesquels celui-ci affirmait le 15 octobre dernier que l'âge médian des victimes du Covid, "82-81 ans pour les hommes, 85 ans pour les femmes", était "au-dessus de l'espérance de vie".

Boris Johnson finira pas ordonner un deuxième confinement d'un mois en novembre, puis un troisième de plusieurs mois en janvier, en raison d'une explosion des cas due au variant Alpha.

L'essentiel des dernières restrictions a été levé lundi en Angleterre, obligation du port du masque y compris, malgré la reprise en flèche des l'épidémie, en raison du variant Delta, hautement contagieux.

Le gouvernement met en avant le succès de la campagne de vaccination (près de 69% des adultes sont totalement vaccinés) au Royaume-Uni, qui avec plus de 128.700 morts figure parmi les pays les plus durement touchés par la pandémie en Europe.

- "Difficile d'imaginer pire" -

Sur les ondes de la BBC, le secrétaire d'Etat aux Entreprises Paul Scully a contesté l'accusation selon laquelle Boris Johnson aurait été prêt à sacrifier les plus de 80 ans pour préserver l'économie, soulignant que "le Premier ministre a eu de très difficiles décisions à prendre".

Selon Dominic Cummings, Boris Johnson voulait le 18 mars 2020, cinq jours avant le premier confinement, aller voir la reine Elizabeth II comme chaque semaine, alors que le gouvernement recommandait d'éviter les contacts avec les personnes âgées.

"Je lui ai dit, +il y a des gens dans ce bureau qui s'isolent, vous avez peut-être le coronavirus, j'ai peut-être le coronavirus, vous ne pouvez pas aller voir la reine+", a déclaré Dominic Cummings.

"J'ai dit, +si vous lui donnez le coronavirus et qu'elle meure, qu'est-ce que vous... vous ne pouvez pas faire ça, vous ne pouvez pas prendre ce risque, c'est complètement fou+", a-t-il poursuivi, avant d'expliquer que Boris Johnson avait alors renoncé.

Downing Street a démenti auprès de la BBC l'existence de cette scène et affirmé que "depuis le début de la pandémie, le Premier ministre a pris les mesures nécessaires pour protéger des vies" en "s'appuyant sur les meilleurs avis scientifiques".

Sur Twitter, l'un des responsables de l'opposition travailliste, Richard Burgon, a dénoncé de "nouvelles révélations choquantes au sujet de l'attitude épouvantable du Premier ministre" face à la crise sanitaire. Il a appelé à ce que l'enquête publique sur la gestion de la pandémie, prévue en 2022, commence "immédiatement".

"Difficile d'imaginer avoir pire Premier ministre que Boris Johnson pendant une pandémie", a quant à lui tweeté le député travailliste David Lammy.

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