Calme à Hong Kong pour les 100 ans du Parti communiste en Chine

Publié le à Hong Kong (AFP)

Les policiers ont été déployés en nombre jeudi à Hong Kong afin de réprimer le moindre acte de dissidence à l'occasion des célébrations des 100 ans du Parti communiste chinois et le calme qui régnait sur la ville atteste de la manière dont Pékin a muselé toute opposition.

Les cérémonies à Pékin pour le centenaire de la naissance du PCC ont coïncidé avec les 24 ans de la rétrocession de cette ex-colonie britannique à la Chine.

Depuis 2003, à chaque anniversaire de la rétrocession de 1997, les Hongkongais étaient nombreux à se rassembler dans les rues pour marquer cette date.

Les manifestations sont désormais presque toutes interdites à Hong Kong où une vaste campagne de répression est orchestrée par le régime chinois à la suite de l'immense mouvement pour la démocratie qui a secoué en 2019 ce territoire semi-autonome.

Plus de 10.000 policiers, soit un tiers des effectifs des forces de l'ordre locales, ont été déployés pour empêcher tout rassemblement, selon des médias locaux, les autorités ayant prévenu que toute tentative de manifester conduirait à des arrestations.

La police a à cet égard annoncé que 19 personnes au total avaient été interpellées au cours de la journée.

La cheffe de l'exécutif, Carrie Lam, était jeudi dans la capitale chinoise pour assister à la célébration des cent ans du Parti communiste.

Son adjoint John Lee a donc supervisé à Hong Kong, dans un centre d'exposition, la cérémonie de lever du drapeau, qui, pour la première fois, s'est déroulée en mandarin plutôt qu'en cantonais, la langue majoritairement parlée à Hong Kong.

Des policiers appuyés par des canons à eau étaient présents dans les rues adjacentes.

- Journal fermé, militante arrêtée -

Dans son discours, M. Lee a salué la loi sur la sécurité nationale imposée par Pékin dans l'ancienne colonie britannique et entrée en vigueur l'an passé une heure avant l'anniversaire de la rétrocession.

"Tout en préservant la sécurité nationale, les habitants (de Hong Kong) continuent de jouir de la liberté d'expression, de la liberté de la presse, de la liberté de réunion et de manifestation, entre autres, conformément à la loi", a-t-il affirmé.

Depuis un an, les dirigeants hongkongais assurent à maintes reprises que ces libertés demeurent garanties mais, dans les faits, la réalité est bien différente.

Désormais, l'expression de certaines opinions politiques est susceptible d'enfreindre cette loi draconienne, un crime passible de la prison à perpétuité, ce qui a fondamentalement changé le contexte politique et juridique à Hong Kong.

Pratiquement aucune manifestation n'est autorisée et de nombreuses figures de l'opposition ont été arrêtées, placées en détention ou ont fui à l'étranger.

En juin, le tabloïd critique de Pékin Apple Daily a été contraint de fermer après le gel de ses avoirs en vertu de la loi sur la sécurité nationale et l'arrestation de certains de ses dirigeants pour une série d'articles.

Les rassemblements de plus de quatre personnes dans la rue sont interdits, les autorités invoquant les mesures destinées à lutter contre le coronavirus, bien que, depuis plusieurs semaines, la ville n'ait enregistré aucun nouveau cas de contamination locale.

Mercredi, Chow Hang-tung, une personnalité de premier plan du mouvement pour la démocratie a été arrêtée et accusée d'avoir incité des personnes à participer à une manifestation interdite début juin.

"M'arrêter ne réussira pas à faire taire tous les autres", a-t-elle déclaré dans un message diffusé par ses avocats.

- Le Parc Victoria évacué -

Un rassemblement isolé s'est déroulé jeudi matin, organisé par quatre militants du parti libéral social-démocrate, l'une des rares formations d'opposition encore en activité.

Quelque 200 policiers ont accompagné cette marche et empêché le groupe, qui appelait à la libération des prisonniers politiques, de s'approcher du centre d'exposition où avait lieu la réception officielle.

"Nous continuerons à faire entendre notre voix et à défendre notre dernier espace de liberté d'expression", a promis devant les journalistes Raphaël Wong, l'un de ses participants.

Les forces de l'ordre ont ensuite bouclé le Parc Victoria où, jusqu'à présent, se réunissaient des contestataires et procédé à l'évacuation des personnes qui se livraient à des activités physiques ou faisaient un pique-nique.

La militante pour la démocratie Alexandra Wong, une sexagénaire connue sous le nom de "Grand-mère Wong" qui manifestait toute seule, a été arrêtée par des policiers quelques heures plus tard.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info