Candidature LR: Ciotti et Pécresse qualifiés pour le deuxième tour

Publié le à Paris (AFP)

Double surprise au premier tour du congrès LR: Eric Ciotti s'est qualifié pour le second tour où il affrontera Valérie Pécresse, tandis que Xavier Bertrand, qui passait pour le mieux placé à droite, a été éliminé, comme Michel Barnier.

Le député des Alpes maritimes, tenant d'une ligne droitière, a recueilli 25,59% des voix, devançant de peu la présidente de l'Ile-de-France, qui a totalisé 25% des suffrages sur sa ligne de "compétence" et "d'ordre".

Parti avec le statut de favori mais affaibli après les débats télévisés, Michel Barnier a recueilli 23,93% des voix. Xavier Bertrand n'est arrivé que quatrième avec 22,36%, ses appels au rassemblement n'ayant visiblement pas réussi à effacer son départ fracassant du parti, en 2017.

Philippe Juvin, challenger de la compétition, n'a fait que 3,13% des voix.

Quelques minutes après l'annonce des résultats, Xavier Bertrand a appelé au "rassemblement" derrière Valérie Pécresse.

"Je remercie les adhérents Les Républicains qui m’ont fait confiance. Pour le second tour je voterai Valérie Pécresse", a affirmé sur twitter celui qui clamait, dans une campagne sur les chapeaux de roue, la nécessité du rassemblement sur une ligne de droite sociale.

"Au second tour, j'appelle à voter Valérie Pécresse", a également tweeté Philippe Juvin.

Se retrouveront au second tour deux candidats aux lignes bien distinctes.

Valérie Pécresse, 54 ans, "bosseuse" méthodique et attachée aux valeurs républicaines, était la seule femme en lice, et espère décrocher l'investiture avec une ligne libérale sur l'économie et ferme sur le régalien.

En face, Eric Ciotti, 56 ans, "ne s'excuse pas d'être de droite", prône la "rupture", libérale sur l'économie et dure sur le régalien, avec des propositions choc: préférence nationale sur l'emploi et le logement, retour au droit du sang, "Guantanamo à la française"....

Avant même le résultat, son évocation faisait grincer des dents: le maire LR de Saint Etienne Gaël Perdriau a affirmé au Progrès qu'il ne soutiendrait pas Eric Ciotti s'il venait à gagner le congrès.

"Je ne lui apporterai pas mon soutien", a également assuré l'UDI François Sauvadet sur Public Sénat, tandis que le président du Nouveau centre Hervé Morin assurait sur France 2: "Si on veut avoir une chance de gagner, mieux vaut être avec Pécresse, Bertrand, Barnier, qu'avec Ciotti".

Marine Le Pen a elle ironisé: "Je ne suis pas sûre que ce soit une très bonne nouvelle pour LR de voir que leurs adhérents sont aussi divisés. Je note également que M. Ciotti arrive en tête ce qui démontre en réalité la revanche de la ligne Wauquiez".

- "Vite et bien" -

Les candidats ont désormais quelques heures pour prendre position avant le deuxième tour, qui commencera vendredi à minuit et se terminera samedi à 14H00. Là aussi, les résultats seront annoncés à 14H30 lors d'une conférence de presse.

L'entre-deux tours sera volontairement bref: "On n'a pas envie qu'il y ait du sang sur les murs. On ne veut pas de tractations, de couteaux sous la gorge, il faut que ça aille vite et bien", a affirmé mercredi le porte-parole du parti Gilles Platret sur BFMTV.

Car LR, échaudé par les divisions mortifères de la primaire de 2016 suivies d'une élimination historique au premier tour de la présidentielle, ne peut plus se payer le luxe de rivalités.

En 2022, soit elle accède au second tour, soit son avenir de grand parti à vocation gouvernementale sera compromis.

La droite reste pour le moment à la traîne dans les sondages, derrière Emmanuel Macron et l'extrême droite. Le mieux placé dans les sondages à droite était jusqu'à présent, Xavier Bertrand.

LR espère que le candidat décollera une fois désigné par le congrès.

Revenu sur le devant de la scène, LR doit aussi déjouer les télescopages, alors que le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour vient de déclarer sa candidature.

Le parti doit également convaincre la part de son électorat potentiellement tentée par la macronie: mercredi, le maire de Nice Christian Estrosi, qui a claqué la porte de LR en mai, a rejoint Horizons, le mouvement de l'ancien Premier ministre Edouard Philippe (ex-LR lui aussi).

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