Caravane de migrants honduriens: de premiers groupes passent la frontière mexicaine

Publié le à Guatemala (AFP)

La caravane de 1.000 à 2.000 migrants honduriens partis au début de la semaine pour fuir la misère et la violence dans leur pays s'approchait jeudi soir du Mexique et de petits groupes commençaient même à passer la frontière, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La "Caravane du 15 janvier" avait quitté jeudi matin la capitale du Guatemala après une nuit passée dans des refuges. Emmitouflés dans leurs vêtements pour se protéger de la fraîcheur hivernale, les migrants sont sortis de la ville en marchant le long des rues et des avenues, parfois pris en auto-stop, pour prendre la route de Tecun Uman, à la frontière avec le Mexique et point de passage habituel des colonnes de l'exode vers le rêve américain.

Environ 200 Honduriens ont passé la frontière dans le calme dès jeudi soir en présentant leurs documents d'identité aux services de migration afin d'avoir d'ici cinq jours un permis spécial.

"Le Mexique a décidé de donner une carte de visiteur pour raisons humanitaires à tous ceux qui entreront en présentant leurs papiers", a indiqué Hector Hugo Aleman, directeur des services de migration. Ce document, qui pourra être renouvelé, permettra de rester un an au Mexique, d'y chercher du travail et de bénéficier des services de santé et d'éducation.

- Rancoeur envers les politiques -

Dans les rangs des migrants, la rancoeur à l'encontre de la classe politique du Honduras est générale. "Tous les politiciens du Honduras sont des voleurs, tous: les députés, les maires, les présidents !", s'exclame Genaro Hernandez, un paysan âgé de 52 ans. "Et ce président (Juan Orlando Hernandez) est le plus grand voleur de tous", ajoute-t-il, l'accusant d'être à l'origine de la situation désespérée qui l'a décidé à quitter le pays.

Au départ de la ville de San Pedro Sula (Honduras, à 180 km au nord-ouest de Tegucigalpa), le nombre des personnes faisant partie de la caravane était évalué à un millier, mais les autorités guatémaltèques ont ensuite évoqué le double.

Un autre groupe, d'environ 200 migrants, est parti du Salvador voisin, toujours avec les Etats-Unis pour objectif.

Ces nouveaux départs de candidats au rêve américain ont mis en fureur le président Donald Trump, qui réclame de plus belle la construction d'un mur à la frontière mexicaine pour contenir le flux des migrants.

Les Honduriens, parmi lesquels des familles entières, ont passé la nuit dans des refuges de la Maison du Migrant tenus par l'Eglise catholique et l'Université publique San Carlos. Beaucoup se ressentent déjà des heures de marche exposés aux intempéries et ont reçu des soins.

La capacité d'accueil de 350 personnes de la Maison du Migrant a été rapidement saturée et d'autres refuges ont été ouverts pour recevoir les Honduriens et leur fournir nourriture, produits d'hygiène ainsi que du lait et des poussettes pour les enfants en bas âge, a indiqué à l'AFP Roxana Palma, une psychologue qui travaille à la Maison du Migrant.

"Ils se sont bien occupés de nous, et nous avons récupéré des forces", déclare avec reconnaissance Genaro Hernandez.

- Avertissement américain -

Tandis que la "Caravane du 15 janvier", poursuit sa route, l'ambassadeur américain au Guatemala, Luis Arreaga, a adressé une sévère mise en garde: "J'adjure tous les migrants qui pensent se rendre aux Etats-Unis d'y renoncer. Votre tentative d'émigrer est vouée à l'échec. Vous serez arrêtés et les Etats-Unis voudront vous expulser", a-t-il prévenu dans un message diffusé sur les réseaux sociaux.

En prévision de l'arrivée imminente de la caravane, le gouvernement mexicain du nouveau président de gauche Andres Manuel Lopez Obrador a mis en place une aire d'accueil dans l'Etat du Chiapas, frontalier du Guatemala. Les autorités mexicaines ont cependant averti qu'elles ne permettraient pas aux migrants de forcer le passage à la frontière, comme cela s'est produit lors des précédents épisodes de l'année dernière.

Selon les autorités de Tegucigalpa, onze Honduriens sont morts dans leur tentative d'émigrer aux Etats-Unis. La dernière victime est un homme de 23 ans, mort écrasé par un train.

En décembre, ce sont deux enfants guatémaltèques qui sont morts sur le territoire américain après avoir été arrêtés avec leurs pères par des garde-frontières.

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