Castex détaille les mesures anti-covid face à un Parlement houleux

Publié le à Paris (AFP)

Concours maintenus, déplacements permis pour accompagner ses enfants chez leurs grands-parents, mesures pour les familles modestes privées de cantine, alcool interdit dans la rue: le Premier ministre Jean Castex a détaillé jeudi matin devant une Assemblée nationale houleuse les nouvelles restrictions annoncées la veille par Emmanuel Macron pour tenter de juguler la troisième vague de Covid-19.

Le président avait annoncé la fermeture pour trois à quatre semaines des établissements scolaires et l'extension à tout le pays des restrictions déjà imposées à 19 départements.

Ces nouvelles mesures sont "nécessaires pour nous permettre de franchir un cap, espérons-le un dernier cap, dans la perspective du déploiement massif de la vaccination et d’un retour à une vie normale", a justifié le chef du gouvernement dans un discours d'une grosse demi-heure débuté à 9h00.

Cette déclaration sera suivie d'un vote qui devrait être marqué par un boycott massif des oppositions de droite (LR) comme de gauche (LFI, PS, PCF). Celles-ci ont en effet annoncé qu'elles ne prendraient pas part au vote, dénonçant un "piétinement du parlement" appelé à se prononcer sur des mesures déjà actées par l'exécutif.

Ce débat est "un mauvais poisson d'avril, et comme tous les poissons, il pourrira par la tête", a ainsi cinglé Jean-Luc Mélenchon au nom des députés LFI.

"Il n’y a pas d’opposition entre le pouvoir politique et le pouvoir médical, nous tenons le plus grand compte des avis, des analyses, des modèles et des prévisions des experts, conseils scientifiques et médicaux", a par ailleurs souligné le Premier ministre, alors que l'exécutif se voit reprocher d'avoir tardé à serrer la vis quand scientifiques et opposition de droite comme de gauche l'y appelait.

Jean Castex a aussi condamné "sans réserve" ceux qui ne respectent pas "les règles sanitaires", visant notamment les participants à de récents "rassemblements festifs" ou ceux refusant le port du masque, qui devront être poursuivis "systématiquement" par les parquets.

Ce débat qui se poursuivra au Sénat l'après-midi intervient au lendemain de l'allocution radio-télévisée d'Emmanuel Macron, annonçant un nouveau tour de vis face à l'épidémie du Covid-19 et appelant les Français à "fournir un effort supplémentaire" mais sans confinement strict.

Signe de l'intérêt des Français, ces annonces ont été suivies 30,8 millions de téléspectateurs, toutes chaînes confondues, soit 90,7% de part d'audience globale, selon Médiamétrie.

L'annonce la plus forte est la fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées pendant trois à quatre semaines alors que l'exécutif avait fait de la poursuite de l'ouverture des établissements scolaires le "totem" de sa stratégie.

Les élèves suivront, au lendemain du week-end de Pâques, les cours à distance, avant deux semaines de vacances à partir du 12 avril pour toutes les zones. La rentrée est fixée pour tous le 26 avril en physique pour les écoles, et en distanciel pour collèges et lycées.

Avancer les vacances scolaires de printemps était "une réponse nécessaire, mais qui aurait mérité un préavis pour les familles", a réagi la présidente (ex-LR) de l'Ile-de-France Valérie Pécresse, qui avait réclamé la mesure.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que les restrictions en vigueur depuis la mi-mars dans 19 départements - dont tous ceux d'Ile-de-France et des Hauts-de-France - seront étendues à l'ensemble du territoire pour quatre semaines à partir de samedi. Seront ainsi fermés partout les commerces non-essentiels, notamment d'habillement, et les déplacements seront limités à 10 km.

Selon Bercy, cette extension va faire passer le nombre d'établissements fermés de 90.000 à 150.000 et le coût total des aides aux entreprises à 11 milliards d'euros par mois.

Grâce à cette mobilisation en avril, le chef de l'Etat a promis la réouverture de certains lieux de culture et des terrasses de bars et de restaurants à partir de la mi-mai.

Ce retour espéré à la normale sera rendu possible grâce à une accélération de la campagne de vaccination, élargie aux plus de 60 ans à partir du 16 avril, puis aux plus de 50 ans le 15 mai et à partir de la mi-juin aux moins de 50 ans.

Emmanuel Macron a par ailleurs promis des "renforts supplémentaires" en réanimation pour faire face à l'afflux de malades graves du Covid-19 et passer "dans les prochains jours" à 10.200 lits, selon une précision de Jean Castex, contre 7.665 actuellement.

- "Des erreurs" -

Sous la pression de critiques crescendo de nombreux médecins et des oppositions, Emmanuel Macron a admis mercredi soir "des erreurs" dans la gestion de la crise, après avoir refusé tout "mea culpa" pour avoir décidé fin janvier de ne pas reconfiner.

"A chaque étape de cette épidémie, nous pourrions nous dire que nous aurions pu faire mieux, que nous avons commis des erreurs. Tout cela est vrai", a-t-il reconnu. "Mais je sais une chose: nous avons tenu, nous avons appris, et nous nous sommes à chaque fois amélioré".

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a critiqué jeudi la lenteur "inacceptable" de la vaccination contre le Covid-19 en Europe, qui est confrontée à la situation épidémique "la plus inquiétante" depuis "des mois".

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