Ce que l'on sait des attaques contre des mosquées de Nouvelle-Zélande

Publié le à Christchurch (Nouvelle-Zélande) (AFP)

Quarante-neuf personnes ont été tuées et vingt autres ont été grièvement blessées dans des attaques contre deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Voici ce que l'on sait pour l'instant sur ces fusillades:

- Que s'est-il passé?

Pendant la prière de l'après-midi vendredi, un tireur a ouvert le feu à l'intérieur de la mosquée Masjid al Noor dans le centre de Christchurch, sur l'île du Sud, faisant 41 morts. Sept autre personnes ont été tuées dans une autre mosquée située à cinq kilomètres de là, à Linwood, dans la banlieue de la ville, dont trois devant le bâtiment. La victime restante est décédée à l'hôpital.

Des témoins ont déclaré que des fidèles avaient été ciblés à bout portant. Un Palestinien présent a raconté avoir vu quelqu'un recevoir une balle dans la tête. Il a décrit des tirs en rafales et des scènes de panique, les gens s'enfuyant en courant "couverts de sang".

Un autre homme a déclaré avoir vu des enfants être abattus.

- Quelle a été l'action de la police?

La police a bouclé un important périmètre dans la ville, dépêchant des officiers en armes sur de multiples sites. Deux engins explosifs improvisés (IED) ont été retrouvés et désamorcés.

Le tireur présumé, un extrémiste de droite, Brenton Tarrant, un Australien de 28 ans, a été arrêté 36 minutes après le premier à la police. Deux autres hommes ont été mis en garde à vue mais leur lien avec l'attaque n'a pas été clairement établi. L'un des deux, Daniel Burrough, 18 ans, a été inculpé pour incitation à la haine.

La police a demandé aux musulmans de ne pas se rendre à la mosquée où que ce soit en Nouvelle-Zélande, un pays de cinq millions d'habitants où les meurtres de masses sont rarissimes.

Dans un climat de tensions, l'armée a fait exploser par mesure de précaution deux sacs abandonnés près d'une gare de Auckland. Il a été découvert qu'ils ne contenaient rien de suspect.

- Qui sont les victimes?

Les victimes venaient des quatre coins du monde musulman, a souligné la Première ministre Jacinda Ardern, en citant "le Pakistan, la Turquie, l'Arabie saoudite, le Bangladesh, l'Indonésie et la Malaisie".

Parmi les fidèles présents figuraient six Indonésiens, dont trois sont en sécurité, selon le ministre indonésien des Affaires étrangères Retno Marsudi, qui ajoute que les recherches se poursuivent pour déterminer le sort des autres.

Un Saoudien, deux Malaisiens, deux Turcs et un nombre non identifié de Jordaniens figurent parmi les blessés.

Selon un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève, "de nombreux réfugiés et migrants se trouvent parmi les morts et les blessés".

De jeunes enfants sont au nombre des 48 personnes soignées à l'hôpital de Christchurch.

Certaines personnes ont échappé de justesse au carnage, dont l'équipe nationale de cricket du Bangladesh arrivée à la mosquée Masjid al Noor quelques minutes après le début de la fusillade.

L'équipe a vu "des gens ensanglantés sortir de la mosquée", a raconté leur manager Khaled Mashud.

- Que sait-on sur le tireur?

Brenton Tarrant, 28 ans, extrémiste de droite, a comparu pour meurtre samedi. Il est apparu menotté et vêtu de la chemise blanche des prisonniers pour une brève audience à laquelle seule la presse pouvait assister, pour raisons de sécurité.

Comme il n'a pas demandé de libération sous caution, il doit rester en prison au moins jusqu'à la prochaine audience prévue le 5 avril.

Le Premier ministre australien l'avait décrit, sans le nommer, comme un "violent terroriste extrémiste de droite".

Tarrant a publié un manifeste raciste sur Twitter avant son attaque, qu'il a diffusée en direct sur Facebook.

Intitulé "Le grand remplacement", ce texte déclare que le tireur voulait s'en prendre à des musulmans. Le titre semble être une référence à une thèse de l'écrivain français Renaud Camus sur la disparition des "peuples européens", "remplacés" selon lui par des populations non européennes immigrées, qui connaît une popularité grandissante dans les milieux d'extrême droite.

Dans le manifeste, le tireur dit être né dans une famille aux revenus modestes, avoir écourté ses études et avoir voyagé.

De nombreuses images d'armes semi-automatiques publiées sur le compte Twitter lié au tireur étaient recouvertes de noms de personnages historiques, dont de nombreux Européens ayant combattu les forces ottomanes aux XVe et XVIe siècles.

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