Cinq choses à savoir sur Djibouti

Publié le à Nairobi (AFP)

Djibouti, qui organise vendredi une élection présidentielle dont le sortant Ismaël Omar Guelleh s'annonce grand favori, est un petit pays de la corne de l'Afrique qui a fait de sa situation stratégique un atout économique et diplomatique.

- Bases militaires étrangères

Situé en face du détroit de Bab-el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d'Aden, Djibouti profite d'une situation géographique unique entre le continent africain et la péninsule arabique, à la porte de l'océan Indien.

Ilot de stabilité prisé dans une région troublée, cette ancienne colonie française accueille la plus grande base militaire française sur le continent africain (environ 1.500 hommes actuellement).

On y trouve également la seule base américaine permanente en Afrique (4.000 soldats), à partir de laquelle sont lancées des opérations antiterroristes, notamment en Somalie.

Outre la présence du Japon et de l'Italie, la Chine a ouvert en 2017 à Djibouti une base militaire qui participe à la sécurisation de ses énormes intérêts économiques (transports, industrie, énergie...) dans la région.

Le pays fournit d'autre part un contingent à la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom) qui y combat les islamistes shebab.

- Le dernier mandat ?

Arrivé au pouvoir en 1999, Ismaël Omar Guelleh est le deuxième président de Djibouti depuis l'indépendance du pays en 1977.

Il est candidat vendredi pour un cinquième mandat (de 5 ans) qui s'annonce comme le dernier pour cet homme de 73 ans occupant la présidence depuis plus de deux décennies.

En 2010, une révision de la Constitution a supprimé la limitation du nombre de mandats présidentiels mais a aussi introduit un âge limite de 75 ans pour les candidats à la fonction suprême.

Ismaël Omar Guelleh a fait face en 2020 à un vent de contestation, inhabituel dans ce pays de moins d'un million d'habitants à l'opposition morcelée, après la détention d'un militaire.

L'incarcération à partir du mois d'avril de Fouad Youssouf Ali, lieutenant de l'Armée de l'air, qui dénonçait les discriminations claniques et la corruption, a déclenché plusieurs manifestations, notamment en juin, brutalement réprimées.

- Les ports, poumons économiques

Les ports de Djibouti (à conteneurs ou spécialisés dans certains produits comme le sel, la potasse ou le pétrole) sont situés le long d'une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez, et constituent le poumon économique du pays.

Ils comptent pour une part écrasante du PIB mais Djibouti, où transitent l'essentiel des biens importés par l'Ethiopie, enclavée, a aussi stratégiquement développé d'autres infrastructures logistiques, telles des zones franches, ainsi que des outils de télécommunication, comme des câbles sous-marins.

En 2020, conséquence de la pandémie de Covid-19, l'économie de Djibouti s'est contractée pour la première fois en 20 ans (-1%).

Le PIB par habitant s'élève à environ 3.500 dollars, un chiffre élevé comparé à l'Afrique subsaharienne, mais la pauvreté touche environ 20% de la population et le pays est classé 166e sur 189 en terme d'indice de développement humain.

Un fort rebond de la croissance est attendu pour 2021, à +7%.

- Géothermie et dessalement d'eau

Situé à la jonction de plaques tectoniques et bénéficiant d'un fort ensoleillement, Djibouti dispose d'un fort potentiel de développement de l'énergie solaire, éolienne et géothermique.

Le pays travaille actuellement sur un projet de géothermie au lac Assal, célèbre pour sa production de sel.

En mars 2021, ce pays très aride a inauguré sa première usine de dessalement d'eau de mer, construite par l'espagnol Tedagua et le français Eiffage. Elle doit permettre d'assurer l'accès en eau potable de 250.000 habitants, soit un quart de la population totale (990.000).

- Changement climatique

L'essentiel de la population se concentre dans la capitale, Djibouti-ville. Le pays, d'une surface de 23.200 km2, est désertique à 90%.

Il possède moins de 1.000 km2 de terres arables et bénéficie de moins de 130 millimètres de pluies annuelles.

Djibouti a fait dernièrement face à des événements climatiques extrêmes. Fin 2019, des pluies diluviennes et des inondations ont touché le pays.

Certaines régions ont alors reçu en seulement une journée l'équivalent de deux années de précipitations et au moins neuf personnes sont mortes dans des inondations à Balbala, le grand quartier populaire de la capitale.

Ces dernières semaines, une partie de Djibouti-ville a également fait face à une pénurie d'eau.

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