Coronavirus: le XV de France blanchi de toute faute

Publié le à Paris (AFP)

Le "scandale des gaufres" se solde par une relaxe générale: le rapport d'enquête sur le foyer de contamination au Covid-19 dans le XV de France établit qu'aucune règle sanitaire n'a été violée, ont conclu de concert vendredi fédération et gouvernement.

Le match du tournoi des Six nations contre l'Ecosse du 28 février avait dû être reporté après l'apparition de seize cas dans l'effectif, dont douze joueurs et quatre membres de l'encadrement, y compris le sélectionneur Fabien Galthié.

Ce dernier avait été mis en cause pour être sorti de la bulle sanitaire afin d'aller assister à un match de son fils le 7 février. Des joueurs avaient également été aperçus dégustant des gaufres dans les rues de Rome avant le match en Italie (victoire 50-10 en première journée).

Rien qui ne mérite blâme, a tranché le ministre en charge des Sports, Jean-Michel Blanquer, sous le regard approbateur du président de la Fédération française de rugby (FFR), Bernard Laporte, après une "explication franche" selon l'entourage ministériel.

Le protocole sanitaire a été "bien élaboré" et "respecté", selon le responsable gouvernemental. "Personne ne (l') a enfreint", a abondé Bernard Laporte.

Accompagnés de la ministre déléguée aux Sports, Roxana Maracineanu, ils ont toutefois convenu que les règles allaient être renforcées. "Maintenant, plus de sortie de l'hôtel": "c'est ceinture et bretelles", a prévenu Bernard Laporte, qui a toujours défendu son sélectionneur depuis le début de l'affaire.

- Surveillance renforcée -

Deux personnes vont veiller plus particulièrement au respect des règles "au quotidien". Il s'agit du manager des Bleus Raphaël Ibanez et "d'un cadre d'Etat qui viendra également pour le reste de la compétition aider cette équipe", a précisé Roxana Maracineanu.

Ce renforcement "est la preuve que le système préalable ne fonctionnait pas", estime Florian Grill, chef de file de l'opposition au comité directeur de la FFR, interrogé vendredi par l'AFP.

Le XV de France, qui n'a plus joué depuis sa victoire à Dublin le 14 février (victoire 15-13), se retrouve dimanche à Marcoussis en vue de son match contre l'Angleterre le 13 mars.

Roxana Maracineanu avait demandé au patron de la FFR cette enquête interne, tout en sollicitant le ministère de la Santé, pour faire la lumière sur l'irruption du virus dans les rangs français et déterminer la chaîne de contaminations. La ministre déléguée, qui avait œuvré pour que les autorités acceptent la tenue des matches du tournoi des Six nations, n'avait pas caché son agacement.

- Galthié dédouané -

Le rapport exonère notamment Fabien Galthié: "ce n'est pas lui le patient zéro", avait déjà affirmé jeudi sur RTL le président de la commission médicale de la FFR, Roger Salamon.

Pour la FFR, le virus s'est introduit chez les Bleus via un joueur de l'équipe de France à sept, sollicitée pour les entraînements des quinzistes à Marcoussis. Mais la Fédération n'a pas toujours tenu ce discours.

"Notre seule certitude est qu'aucun joueur du XV n'a été contaminé par un joueur de France 7, puisque les cas positifs de cette semaine sont des transmissions à l'intérieur du groupe XV de France", avait affirmé Serge Simon, vice-président de la FFR et "covid manager" des Bleus dans un entretien au journal Midi Olympique le 22 février. Et d'assurer: "le patient zéro, on le connaît, c'est notre préparateur physique."

Ce préparateur physique avait été le premier cas positif communiqué par la FFR le 16 février avant que Galthié, d'abord considéré comme cas "suspicieux", ne soit diagnostiqué positif le même jour.

"Je maintiens qu'il aurait fallu une enquête indépendante et externe (à la FFR)", a souligné Florian Grill. "Mais puisqu'on nous a dit +circulez y'a rien à voir+, concentrons-nous sur les autres priorités: la relance du rugby amateur et la victoire contre les Anglais", a-t-il ajouté.

Le cluster des Bleus était le quatrième foyer d'infection du rugby français après les contaminations dans les rangs du XV de France féminin à l'automne, des moins de 20 ans en janvier et donc des septistes.

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