Coronavirus : les Parisiens à leur tour masqués, dans la torpeur caniculaire

Publié le à Paris (AFP)

À l'instar des Belges ou des Espagnols avant eux, les Parisiens doivent porter le masque depuis lundi matin dans les quartiers les plus fréquentés de la capitale française dans l'optique de freiner un rebond du coronavirus, en dépit de températures caniculaires.

La mesure concerne plus de cent rues situées dans la quasi-totalité des arrondissements de la ville. Il s'agit principalement des quais, des zones très touristiques comme la Butte Montmartre, de rues commerçantes ou festives.

"Dans telle rue on le porte, dans telle autre non ! Vous croyez qu'on a tous un plan de Paris en tête ? Et ces pauvres touristes, déjà qu'on n'en a pas beaucoup, ils ne vont rien comprendre !", s'emporte Didier, cafetier rue du Faubourg Saint-Denis.

Prévue pour une durée d'un mois renouvelable, cette mesure doit permettre selon les autorités sanitaires d'enrayer une nouvelle progression du virus qui fait craindre une deuxième vague de l'épidémie.

Pour certains, cette obligation, décidée au moment d'une vague de chaleur, tient de la punition. Camille, 24 ans, vendeur pour l'été dans un magasin bio de la capitale, rumine. "Imposer maintenant le port du masque en extérieur, en plein mois d'août, en pleine canicule, alors que ça aurait pu être fait il y a des mois, c'est tout simplement ridicule".

Mais même si beaucoup râlent, globalement, dans plusieurs des zones concernées, le masque était lundi matin nettement plus visible que les jours précédents, a constaté une journaliste de l'AFP.

- "Encerclée" -

En rendant le port du masque obligatoire, Paris emboîte le pas d'autres villes françaises à l'image de Nice, Marseille ou encore Lille, mais également à d'autres pays, de la Belgique à la Roumanie ou encore à la quasi-totalité de l'Espagne qui depuis fin juillet ont musclé leurs mesures sanitaires.

De leur côté, les Italiens s'inquiètent de la situation chez leurs voisins européens. "France, Espagne, Balkans : l'Italie est encerclée par les contagions", met en garde lundi le quotidien Il Corriere della Sera.

La péninsule a enregistré dimanche deux morts, le bilan le plus bas depuis le 21 février, date de l'annonce des premiers décès sur son territoire. Si le chiffre des nouveaux cas est moins bon (+463 en 24 heures), la situation reste sous contrôle, selon les autorités.

Pendant ce temps, en Allemagne, des dizaines de milliers d'enfants reprennent cette semaine les cours dans quatre États fédérés.

À Berlin, la rentrée scolaire lundi a vu élèves et enseignants porter le masque dans les écoles, à l'exception des salles de classe et des cours de récréation.

"Quand on joue ensemble dans la cour, on ne porte pas de masque, sinon quand j'en porte un ça me dérange car on ne me comprend pas bien", raconte Raphaël Burghardt un élève de 11 ans de l'établissement Carl Orff.

"On a repris l'école comme on l'a terminée : avant les vacances, on avait déjà le port du masque obligatoire dans les couloirs et les passages, de sorte que les enfants se sont habitués", estime la directrice de l'école Domenica Acri.

"Chaque salle de classe est équipée de plaques en plexiglas, de manière à ce que les enseignants, du moins ceux des groupes à risque, soient un peu mieux protégés, ou du moins aient le sentiment de l'être", ajoute-t-elle.

- "Comme prévu" -

Au Brésil, le deuxième pays le plus touché derrière les Etats-Unis, les 100.000 morts ont été dépassées dimanche, déclenchant sur les réseaux sociaux une vague de messages de solidarité à l'intention des familles endeuillées mêlés à des critiques acerbes du gouvernement.

"Le Brésil en deuil. Un génocide provoqué par un gouvernement d'incompétents et d'irresponsables", a ainsi taclé Ciro Gomes, arrivé troisième à l'élection présidentielle de 2018 et représentant du Parti démocrate travailliste (centre gauche).

Face aux critiques, le président Jair Bolsonaro s'est contenté de poster un tweet mettant en valeur les personnes rétablies et de célébrer une victoire de son équipe de football préférée.

Depuis son apparition en décembre en Chine, le coronavirus a tué plus de 730.000 personnes et en a contaminé près de 20 millions dans le monde, selon un comptage réalisé lundi par l'AFP à partir de sources officielles.

Les États-Unis sont de loin le pays comptant le plus de morts, près de 163.000, selon l'université Johns Hopkins, qui fait référence, et ont franchi dimanche le cap des cinq millions de cas officiels de contamination.

Au-delà de ses conséquences sanitaires, l'épidémie a mis à mal l'économie mondiale, ravivé des lignes de fracture et des inégalités sociales et bousculé calendriers culturels et sportifs.

Interrompue par la pandémie, la Ligue des champions devait connaître son dénouement au cours d'un "Final 8" inédit organisé à Lisbonne à partir de mercredi.

Mais l'annonce de deux cas de coronavirus au sein de l'Atlético Madrid jette une ombre sur la compétition même si l'UEFA a annoncé lundi que le quart de finale contre le RB Leipzig était "programmé comme prévu".

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