Covid-19: Castex au front, nouveaux couvre-feux en perspective

Publié le à Paris (AFP)

"L'heure est grave" sur le plan sanitaire, au point que Jean Castex remonte jeudi en première ligne pour annoncer le basculement de nombreux départements en "alerte maximale" contre le Covid-19, avec de nouveaux couvre-feux à la clef.

Six jours après les couvre-feux instaurés entre 21H00 et 6H00 dans les métropoles de Paris, Lille, Lyon, Marseille, Rouen, Grenoble, Saint-Etienne, Montpellier et Toulouse, plusieurs nouvelles villes - et parfois des départements entiers - vont être concernés par des couvre-feux nocturnes, doit annoncer le Premier ministre lors d'une conférence de presse à partir de 17h00 aux côtés du ministre de la Santé Olivier Véran.

Selon un cadre de la majorité, 60% de la population française se retrouvera ainsi en situation de couvre-feu, soit le double environ des près de vingt millions de Français qui vivent déjà sous ce régime contraignant depuis samedi dernier.

"Toute l'Europe est en train de flamber", a souligné jeudi Olivier Véran devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, citant la République tchèque, l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Irlande ou encore l'Allemagne.

En France, "l'heure est grave". "L'épidémie a flambé dans l'immense majorité" du pays. "A l'exception notable de deux régions qui sont encore dessous de la cote d'alerte, c'est-à-dire la région Bretagne et la région Nouvelle-Aquitaine, l'ensemble du pays a depuis basculé en zone d'alerte", a-t-il ajouté, rappelant que les "conséquences sanitaires en terme d'impact hospitalier et de réanimation" se verront "dans deux ou trois semaines".

Et les courbes s'accélèrent déjà: 26.676 nouveaux cas de Covid-19 dépistés dans les dernières 24 heures, contre un peu plus de 20.000 la veille. 284 nouvelles entrées en réanimation soit 2.239 personnes au total pour une capacité nationale de 5.800 lits. Et 166 morts de plus, faisant passer la barre des 34.000 décès en France depuis le début de la pandémie mondiale.

Le taux d'incidence, indicateur clef qui relève le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100.000 habitants, est notamment en hausse à Clermont-Ferrand (322), Tours (237) ou Nantes (194).

Dans l'Eurométropole de Strasbourg, où il frôle désormais le seuil d'alerte maximale, le taux d'incidence "double chaque semaine", constate l'Agence régionale de santé du Grand Est, conduisant la mairie de la capitale alsacienne à renoncer à son marché de Noël traditionnel. Seules des animations seront maintenues, ainsi que le grand sapin sur la place Kléber.

Dans la Loire, particulièrement touchée, le couvre-feu va être étendu à l'ensemble du département à partir de vendredi minuit. La dynamique de l'épidémie en Auvergne-Rhône-Alpes "est particulièrement forte" dans les quatre métropoles de Lyon, Saint-Étienne, Grenoble et Clermont-Ferrand, ainsi que dans tous les départements de la région, a souligné jeudi l'Agence régionale de santé.

- "Empêcher un reconfinement" -

Interrogé jeudi sur la possibilité d'avancer le couvre-feu à 19H00 dans certaines villes, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré: "Tout est toujours regardé par principe" en rappelant que "toutes les mesures" prises par le gouvernement "visent à empêcher un reconfinement", aux conséquences catastrophiques sur le plan socio-économique.

Alors que le Conseil scientifique a déjà prévenu que "les mois d'hiver seront difficiles", l'exécutif a adopté en Conseil des ministres un projet de loi pour prolonger l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février 2021 inclus. Nécessitant un vote au parlement, il sera examiné dès ce week-end à l'Assemblée.

L'exécutif entend aussi pouvoir appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d'ouvertures des établissements au moins jusqu'au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon le même texte.

L'opposition regrette, à l'image du maire LR de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, que le gouvernement soit "toujours en réaction et pas dans l'anticipation". "Il faut craindre le reconfinement, mais c'est la conséquence directe de la casse de l'hôpital public, de l'austérité budgétaire", dénonce la députée LFI Clémentine Autain.

Jean Castex devrait également revenir jeudi sur les mesures économiques et sociales d'accompagnement des professions durement touchées comme les restaurateurs ou les artistes, ainsi que des personnels soignants.

L'Assemblée a approuvé mercredi soir une rallonge de 2,405 milliards d'euros pour les établissements de santé qui doit permettre l'ouverture de "4.000 nouveaux lits" d'hôpitaux et des revalorisations salariales promises aux soignants.

© 2020 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info