Covid-19: de l'oxygène pour Bachelot, l'hôpital à bout de souffle

Publié le à Paris (AFP)

Hospitalisée à cause du Covid-19 et victime de difficultés respiratoires, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot doit recevoir de l'oxygène supplémentaire, une annonce qui frappe les esprits au moment où l'épidémie semble de moins en moins contrôlée en France.

"Je suis prise en charge par des soignants exceptionnels et bénéficie désormais d'une oxygénothérapie renforcée", a twitté la ministre jeudi à la mi-journée, au lendemain de l'annonce de son hospitalisation par son entourage.

Âgée de 74 ans, Mme Bachelot avait annoncé samedi sur Twitter avoir été testée positive "à la suite de symptômes respiratoires".

"Hier (mercredi) soir, elle ne se sentait plus assez bien avec la dose d'oxygène qui lui était délivrée. Les médecins ont par conséquent décidé de l'augmenter", a dit à l'AFP un membre de son entourage.

Ancienne ministre de la Santé, Mme Bachelot a reçu une première dose de vaccin le 17 mars, ce qui semble indiquer que sa contamination a eu lieu peu avant ou juste après.

Une autre ministre, Elisabeth Borne (Travail), avait annoncé mercredi qu'elle-même était sortie de l'hôpital, où elle avait été placée sous surveillance médicale depuis quelques jours.

Le Covid touche donc le gouvernement à l'heure où il est appelé à agir davantage contre l'épidémie.

Le Rhône, la Nièvre et l'Aube vont ainsi s'ajouter aux seize départements soumis depuis samedi à la fermeture de nouveaux commerces et à l'interdiction de se déplacer au-delà de 10 km sauf dérogation. L'annonce pourrait être formalisée jeudi lors de la conférence de presse du gouvernement.

Dans ces trois départements, le taux d'incidence progresse à grande vitesse depuis au moins deux semaines, approchant ou dépassant les 400 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours dans le Rhône, notamment à Lyon, et dans l'Aube, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale (250).

- "Tout est plein" -

Poussé par le variant anglais, jugé plus contagieux et plus virulent, le virus a progressé quasiment partout en France en mars, un scénario prévu par les épidémiologistes dès janvier. La barre des 200.000 nouveaux cas de Covid a été dépassée la semaine dernière, une première depuis début novembre.

La vaccination, qui a déjà permis de faire fortement baisser le nombre de morts en Ehpad, progresse (6,8 millions de premières doses, 2,5 millions de deuxièmes doses), mais trop lentement pour protéger toute la population. Depuis le début de la semaine, près de 900 personnes touchées par le Covid-19 sont mortes à l'hôpital, soit plus de 93.000 depuis le début de l'épidémie.

"Dans les 15 prochains jours, ce qui est certain c'est que la pression sanitaire va augmenter" sur les hôpitaux, a prévenu le ministre de la Santé, Olivier Véran, dans l'émission Quotidien (TMC) mercredi soir, au moment où 4.651 malades étaient soignés en réanimation en France, un peu moins qu'au pic de la 2e vague (4.900 le 16 novembre).

En Ile-de-France, dans les Hauts-de-France et en Provence Alpes-Côte d'Azur, le taux d'occupation des lits en réa dépasse déjà les 100% des capacités initiales et les marges diminuent dans les autres régions.

Dans les Hauts-de-France, les hospitalisations ont même dépassé les niveaux atteints lors des deux premières vagues, a annoncé jeudi l'Agence régionale de santé.

- Plus de vacances? -

"Tout est plein en permanence", résume à l'AFP Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive et réanimation à l'hôpital Avicenne, à Bobigny (Seine-Saint-Denis). Selon lui, la moyenne d'âge des patients accueillis a diminué, d'"environ 65 ans il y a six semaines à plutôt 56-57 ans maintenant".

"On va faire le maximum pour accueillir tous les malades qui ont besoin de la réanimation, en déprogrammant, en réduisant la prise en charge des autres malades qui sont moins urgents", poursuit le médecin.

Après avoir battu le rappel sur le télétravail, le gouvernement veut se montrer plus ferme concernant les rassemblements extérieurs: pas plus de six personnes, sur tout le territoire, a insisté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin auprès des préfets.

Mais pour certains, il est temps de reposer la question des écoles. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse a suggéré d'avancer de deux semaines les vacances scolaires d'avril, "afin de fermer les écoles dès le 2 avril" en Ile-de-France, où le taux d'incidence atteint 560, dépassant même les 700 en Seine-Saint-Denis.

Seulement en "ultime recours, parce qu'on sait le coût éducatif, le coût social", a répondu le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, sur France Inter.

Cette proposition avait déjà émergé avant les vacances d'hiver et le gouvernement l'avait repoussée, tout comme il avait écarté le confinement strict de quatre semaines que proposait le conseil scientifique pour diminuer la pression sanitaire.

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