Covid-19: des retouches au reconfinement dans l'espoir de résultats rapides

Publié le à Paris (AFP)

Protocole sanitaire renforcé au lycée, vente à emporter interdite à Paris après 22H00: une semaine après l'entrée en vigueur du confinement, le gouvernement a choisi d'y apporter des retouches, dans l'attente des premiers résultats sur la circulation du nouveau coronavirus, qui reste à un niveau très élevé.

Plus de 58.000 cas positifs au Covid-19 ont été comptabilisés en France lors des dernières 24 heures, selon le dernier point jeudi de Santé publique France (SpF), qui prévient que ce chiffre, pourtant record, est "minimal et non consolidé" en raison de difficultés dans la remontée des résultats de tests.

Avec les mêmes réserves, SpF a annoncé dans son dernier point épidémiologique hebdomadaire un total de 326.000 nouveaux cas la semaine du 26 octobre, contre près de 273.000 la semaine précédente, déjà marquée par une forte hausse et alors que les couvre-feux étaient déjà en vigueur dans les grandes métropoles.

Le bilan des décès liés au Covid-19 s'est élevé à 2.242 la semaine du 26 octobre, contre 1.550 la semaine précédente, pour un total depuis le début de l'épidémie qui dépasse maintenant les 39.000.

Un rebond constaté aussi dans les statistiques de mortalité de l'Insee: entre le 1er septembre et le 26 octobre, 94.851 décès ont été enregistrés, soit 7% de plus qu'en 2019 et 8% de plus qu'en 2018, selon des chiffres encore provisoires.

"Nous devons freiner la propagation du virus vite et fort", a prévenu jeudi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, en soulignant que le nombre de tests positifs augmente "plus vite" que celui des tests effectués.

"Face à l'amertume, à la fatigue, à la lassitude légitime, nous devons nous ressaisir et continuer à nous battre", a déclaré le ministre de la Santé Olivier Véran, tout en se disant intimement convaincu que "le confinement est respecté par les Français".

- Moins d'élèves au lycée -

Pas de nouvelles restrictions donc, comme la fermeture des lycées et des collèges réclamée par certaines voix dans la communauté médicale. En marge d'une visite dans une maison de retraite de Clamart (Hauts-de-Seine) vendredi, M. Véran a aussi exclu l'idée d'imposer un confinement aux plus vulnérables, comme les personnes âgées.

Mais face à une colère qui montait dans les établissements scolaires sur un protocole sanitaire jugé insuffisant, le ministère de l'Education nationale l'a renforcé en instaurant un minimum de 50% d'enseignement "en présentiel" pour chaque lycéen. Une mesure destinée à diminuer la promiscuité, via un accueil en demi-groupes, par niveau et en recourant au "travail à distance".

Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a aussi annoncé une adaptation du nouveau bac cette année, notamment l'annulation des épreuves d'évaluation communes de première et terminale au profit du contrôle continu.

Pour diminuer la circulation des personnes à Paris, la livraison et la vente à emporter par les restaurants et bars, ainsi que la vente et la consommation d'alcool sur la voie publique sont désormais interdites de 22H00 et 6H00, une mesure qui entre en vigueur vendredi.

Devant un afflux massif de patients dans les hôpitaux et dans les services de réanimation, M. Véran a dressé jeudi, courbes à l'appui, l'hypothèse d'un confinement "bien respecté": le nombre de patients Covid-19 atteindrait un pic d'"environ 6.000" en réanimation, "une pression très forte sur notre système hospitalier", mais qui diminuerait ensuite.

- "Dévastateur" -

Au niveau national, 4.221 malades du Covid-19 se trouvaient en services de réanimation jeudi, sur une capacité totale et toutes pathologies confondues portée de 5.000 à 6.400 lits et qui devrait bientôt passer à 7.500.

Mais cela passe par des fermetures de blocs opératoires et des déprogrammations d'interventions chirurgicales, a prévenu M. Véran.

Plusieurs hôpitaux de la région Grand-Est ont procédé jeudi et vendredi à des transferts vers l'Allemagne de patients atteints du Covid-19 pour "anticiper tout risque de saturation", a appris l'AFP auprès de ces établissements, les premiers transferts vers l'étranger de cette deuxième vague de l'épidémie. Au total, 61 transferts de patients ont déjà eu lieu entre régions françaises pour soulager des hôpitaux, a souligné jeudi le ministre de la Santé.

"On va vers de très, très grosses difficultés à l'hôpital. Je pense que dans dix jours, quand on va revenir dans les questions de choix, comment vous faites le tri (entre les patients), ça va être une autre histoire", prédit un ministre, sous couvert d'anonymat.

"Rien ne dit que dans 15 jours ça va s'infléchir", estime le président de la Commission médicale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Rémi Salomon, qui s'inquiète depuis plusieurs jours du caractère selon lui "très léger" du confinement.

Mais l'impact des confinements sur le monde de travail risque d'être "dévastateur" en termes de santé globale et de fracture sociale, alertent aussi des acteurs de la santé au travail interrogés par l'AFP.

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