Covid-19: face à une flambée, Dunkerque dans l'attente de nouvelles restrictions

Publié le à Dunkerque (AFP)

En proie à une flambée de l'épidémie de Covid-19 attisée par le variant britannique, la Communauté urbaine de Dunkerque attend mercredi d'être fixée sur la parade que choisira le gouvernement, passé à une approche "au cas par cas" depuis le précédent niçois.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est attendu dans l'après-midi pour caler avec les élus locaux de nouvelles restrictions, qu'elles soient volontaires, comme le souhaitent les maires de la Communauté urbaine, ou imposées, comme sur le littoral des Alpes-Maritimes, soumis au confinement les deux week-ends à venir.

Des "mesures supplémentaires de freinage" sont souhaitées par le gouvernement alors que l'agglomération affiche un taux d'incidence record -- 900 cas pour 100.000 habitants lundi sur les sept derniers jours -- plus de quatre fois supérieur à la moyenne nationale (205) et pire que dans la métropole niçoise.

Un point presse est prévu en fin d'après-midi, même s'il n'est pas acquis, selon la préfecture, que les décisions y soient annoncées.

Pour le Dunkerquois Didier Château, 76 ans, l'heure est venue de "prendre le taureau par les cornes!", d'autant que, comme dans le reste de la France, la météo clémente fait affluer les promeneurs dans les rues.

Mais les élus de la communauté urbaine, qui se sont concertés mardi, préfèreraient eux "donner une dernière chance" à la ville d'échapper au confinement, au prix d'une sorte d'auto-confinement volontaire.

Tout en soulignant qu'il ne s'opposerait pas à une mise sous cloche, le maire DVG, Patrice Vergriete, a prôné un sursaut de civisme de ses administrés appelés à respecter la règle du "zéro rassemblement" jusqu'à la mi-mars, retrouvailles familiales et amicales inclues.

- "Approche locale" -

Des propositions auxquelles "adhère" Eric Glucksman , président de l'association des commerçants du centre ville de Dunkerque, qui espère éviter la "nouvelle catastrophe" d'un confinement imposé.

Dans tous les cas, la campagne de dépistage exceptionnelle lancée jeudi dernier notamment au Kursaal, le palais des Congrès de la ville où un millier de personnes sont venues se faire tester -- permettant de dénombrer 83 cas positifs -- sera prolongée jusqu'à vendredi, a indiqué l'ARS.

Un renfort de vaccins est aussi attendu, après 2.400 doses supplémentaires la semaine dernière.

Les élus locaux avaient alerté le gouvernement dès le 12 février sur la montée de la vague, portée dans cette ville située en face de l'Angleterre et non loin de la frontière belge, par le variant anglais, qui représente plus de 70% des contaminations.

Mais l’exécutif avait alors décliné leur demande de fermeture anticipée d'une semaine des collègues et lycées, avant les vacances, suscitant des critiques du maire.

Il salue désormais le dialogue mené avec le gouvernement. "La logique est de prendre une approche locale, de faire du cas par cas, en concertation, car les situations sont différentes au sein des régions", expliquait mardi à l'AFP l'entourage d'Emmanuel Macron, en marge d'une visite du chef de l'Etat en Côte d'Or.

"On arrive toujours un peu trop tard. La montée des cas remonte déjà à plusieurs semaines", a regretté sur BFM TV Yves Buisson, épidémiologiste, président du groupe Covid-19 à l'Académie nationale de médecine.

Les mesures doivent être "adaptées à la forme la plus rapide du virus, et donc en l'occurrence, au variant britannique" a lui pointé Jean-Stéphane Dhersin, directeur scientifique adjoint de l'INSMI au CNRS, sur la même antenne.

La situation est également surveillée dans le reste du département et le Pas-de-Calais limitrophe, où les signaux sont passés au rouge avec un taux d'incidence de 340 cas pour 100.000 habitants.

- Pas d'explosion -

Vigilance aussi en Ile-de-France, où ce même taux a augmenté à 277 cas pour 100.000 habitants.

Le Premier ministre a effectué une visite surprise mardi soir au centre hospitalier d'Argenteuil (Val d'Oise). "Mon obsession c'est d'éviter que des gens arrivent chez vous. Il y a la méthode dure, le confinement etc. Mais la meilleure façon reste de se faire vacciner", y a plaidé Jean Castex.

Si les approvisionnements restent limités, la campagne vaccinale a concerné plus de 2,6 millions de personnes (pour au moins une dose) et la vaccination chez les médecins généralistes et en entreprises doit démarrer jeudi avec l'AstraZeneca.

La France ne subit toutefois pas à ce stade l'explosion redoutée depuis plusieurs semaines à cause des variants.

Sur les sept derniers jours, Santé publique France a enregistré environ 140.000 nouveaux cas, contre un peu moins de 130.000 les sept jours précédents, avec un nombre de malades hospitalisés stable à un niveau élevé, à plus de 25.000 patients.

Le rythme des décès à l'hôpital semble ralentir, à 314 mardi, contre 352 et 439 les deux mardi précédents. Au total, plus de 85.000 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie il y a un an.

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