Covid-19: face à une flambée, Dunkerque dans l'attente de nouvelles restrictions

Publié le à Dunkerque (AFP)

En proie à une flambée de l'épidémie de Covid-19 attisée par le variant britannique, la Communauté urbaine de Dunkerque attend mercredi d'être fixée sur la parade que choisira le gouvernement, passé à une approche localisée face à une situation jugée "très préoccupante dans une dizaine de départements".

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, est attendu dans l'après-midi pour caler avec les élus locaux de nouvelles restrictions, après le confinement les samedis et dimanches imposé dans les Alpes-Maritimes. Le ministre tiendra un point de presse en fin d'après-midi.

Si l'agglomération affiche un taux d'incidence record -- 900 cas pour 100.000 habitants lundi sur les sept derniers jours -- plus de quatre fois supérieur à la moyenne nationale (205), la situation est aussi "très préoccupante dans une dizaine de départements", a alerté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l'issue du conseil des ministres.

Dans certains territoires, "des mesures rapides et fortes" s'imposent "face aux risques imminents devant nous", a-t-il souligné, alors que les maires de la Communauté urbaine de Dunkerque ont demandé mardi une "dernière chance" avant un confinement.

"Nous l'avions montré la semaine dernière en Moselle, nous l'avons montré ce week-end dans les Alpes-Maritimes : dès que la situation l'impose, nous n'hésitons pas à prendre des mesures et des décisions rapides et fortes", a insisté M. Attal, "tous nos efforts doivent se poursuivre" pour "éviter d'avoir à décider d'un nouveau confinement national".

Pour le Dunkerquois Didier Château, 76 ans, l'heure est venue de "prendre le taureau par les cornes!", d'autant que, comme dans le reste de la France, la météo clémente fait affluer les promeneurs dans les rues.

- "Un peu tard"-

Tout en soulignant qu'il ne s'opposerait pas à une mise sous cloche, le maire DVG, Patrice Vergriete, a pour sa part prôné une sorte d'autoconfinement volontaire, appelant ses administrés à adopter la règle du "zéro rassemblement" jusqu'à la mi-mars, retrouvailles familiales et amicales inclues.

Des propositions auxquelles "adhère" Eric Glucksman , président de l'association des commerçants du centre ville de Dunkerque, qui espère éviter la "nouvelle catastrophe" d'un confinement imposé.

Dans tous les cas, la campagne de dépistage exceptionnelle lancée jeudi dernier notamment au Kursaal, le palais des Congrès de la ville où un millier de personnes sont venues se faire tester -- permettant de dénombrer 83 cas positifs -- sera prolongée jusqu'à vendredi, a indiqué l'ARS.

Un renfort de vaccins est aussi attendu, après 2.400 doses supplémentaires la semaine dernière.

Les élus locaux avaient alerté le gouvernement dès le 12 février sur la montée de la vague, portée dans cette ville située en face de l'Angleterre et non loin de la frontière belge, par le variant anglais, qui représente plus de 70% des contaminations.

Mais l’exécutif avait alors décliné leur demande de fermeture anticipée d'une semaine des collègues et lycées, avant les vacances, suscitant des critiques du maire, qui salue désormais le dialogue mené avec le gouvernement.

"On arrive toujours un peu trop tard. La montée des cas remonte déjà à plusieurs semaines", a pour sa part regretté sur BFM TV Yves Buisson, épidémiologiste, président du groupe Covid-19 à l'Académie nationale de médecine.

- "La cadence s'accélère" -

Les mesures doivent être "adaptées à la forme la plus rapide du virus, et donc en l'occurrence, au variant britannique", a lui pointé Jean-Stéphane Dhersin, directeur scientifique adjoint de l'INSMI au CNRS, sur la même antenne.

La situation est également surveillée dans le reste du département et le Pas-de-Calais limitrophe, où les signaux sont passés au rouge avec un taux d'incidence de 340 cas pour 100.000 habitants.

Vigilance aussi en Ile-de-France, où ce même taux a augmenté à 277 cas pour 100.000 habitants.

Le Premier ministre a effectué une visite surprise mardi soir au centre hospitalier d'Argenteuil (Val d'Oise). "Mon obsession c'est d'éviter que des gens arrivent chez vous. Il y a la méthode dure, le confinement etc. Mais la meilleure façon reste de se faire vacciner", y a plaidé Jean Castex.

Si les approvisionnements restent limités, la campagne vaccinale a concerné plus de 2,6 millions de personnes (pour au moins une dose) et la vaccination chez les médecins généralistes et en entreprises doit démarrer jeudi avec l'AstraZeneca. "La cadence ne cesse de s'accélérer", s'est prévalu M. Attal.

Sur les sept derniers jours, Santé publique France a enregistré environ 140.000 nouveaux cas, contre un peu moins de 130.000 les sept jours précédents, avec un nombre de malades hospitalisés stable à un niveau élevé, à plus de 25.000 patients.

Le rythme des décès à l'hôpital semble ralentir, à 314 mardi, contre 352 et 439 les deux mardi précédents. Au total, plus de 85.000 personnes sont mortes depuis le début de l'épidémie il y a un an.

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