Covid-19: jour J pour l'école à la maison et la vaccination au Stade de France

Publié le à Paris (AFP)

Symbole de l'accélération promise de la campagne de vaccination, le Stade de France a ouvert ses portes aux premières piqûres mardi, jour J aussi pour des millions d'enfants et de parents qui renouent avec l'école à la maison pour lutter contre le Covid-19.

Tous aux écrans, si ça marche : pendant quatre jours, plus de 10 millions d'écoliers, collégiens et lycéens sont censés retrouver l'école numérique, ou parfois des ersatz d'apprentissage avec les moyens du bord.

Comme l'an dernier, de nombreux "bugs" étaient signalés par des professeurs, parents et élèves, en raison de réseaux saturés, rendant les espaces de travail numériques inaccessibles.

"On a l'impression qu'aucune leçon n'a été tirée. Il y a beaucoup de colère et d'amertume", a souligné à l'AFP Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.

Le gouvernement, qui s'est fait le chantre de l'ouverture des écoles, a tenté de limiter au maximum la solution de l'école à la maison. Dès vendredi, la France entamera deux semaines de vacances scolaires unifiées, avant un retour en classe espéré dès le 26 avril pour le primaire.

- 1 million de piqûres en avril -

D'ici-là, les autorités sanitaires espèrent vacciner à tour de bras, une accélération de la campagne symbolisée par l'ouverture de vaccinodromes. Après le stade Vélodrome à Marseille à la mi-mars, le Groupama Stadium à Lyon (10.000 piqûres pendant le week-end de Pâques), c'est le stade de France, écrin des exploits des Bleus en football ou en rugby, qui a ouvert ses portes à la vaccination mardi à Saint-Denis.

L'objectif des autorités sanitaires est de parvenir dans un premier temps à 10.000 injections par semaine dans cette enceinte en Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France, durement frappé par le Covid dès la première vague, et où le taux d'incidence frôlait toujours les 800 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours, selon les derniers chiffres vendredi.

L'accélération de la campagne est perceptible dans les chiffres. En cinq jours d'avril, plus d'un million d'injections ont été comptabilisées, sur un total de plus de 12 millions depuis le 27 décembre (dont 9,3 millions de premières doses). Le gouvernement compte sur des approvisionnements plus importants ce mois-ci, avec plus de 12 millions de doses attendues, pour tenir ses objectifs de 20 millions de premières injections mi-mai et de 30 millions mi-juin.

- Déprogrammations -

Mais même à un rythme plus élevé, la vaccination n'évitera pas une situation très tendue dans les hôpitaux, conséquence d'une épidémie hors de contrôle ces dernières semaines.

Le nombre total de malades du Covid-19 accueillis ne cesse de progresser, à 29.907 lundi, dont plus de 5.400 en service de réanimation, bien au-dessus du pic de la 2e vague (4.900 mi novembre) et de moins en moins loin de celui de la première vague (7.000 en avril 2020). "Il est possible qu'on s'en approche", a reconnu lundi le ministre de la Santé, Olivier Véran, tout en assurant que la capacité était désormais portée à "8.000 lits de réanimation armés".

"Les services ne sont pas débordés, l'hôpital s'adapte", mais "il y a des déprogrammations de plus en plus importantes qui permettent de libérer du personnel pour l'affecter à la prise en charge des patients Covid", a souligné sur Cnews le président de la Fédération hospitalière de France, Frédéric Valletoux.

"Il y a ceux qui seront morts directement du Covid (96.875 lundi), ceux qui ont des pertes de chances réelles dont on ne connaît pas le nombre, lié effectivement à cette déprogrammation (...) et les +Covid longs+", a-t-il énuméré.

La circulation de l'épidémie semble avoir stoppé sa progression à un niveau élevé en Ile-de-France ou dans les Hauts-de-France. Mais au-delà de ces deux régions où des mesures avaient été renforcées le 20 mars, le virus a progressé partout en France. Selon les derniers chiffres, 73 départements dépassaient le seuil d'alerte maximale du taux d'incidence (250), contre 60 une semaine plus tôt.

Le ministre de la Santé avait tablé vendredi sur un pic de personnes contaminées d'ici "7 à 10 jours environ", avant un pic en réanimation deux semaines plus tard, soit la fin avril, quand les élèves du primaire reprendraient le chemin des classes.

© 2021 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

A lire également

Notre sélection d'annonces

Fil info