Covid-19: l'Europe multiplie les mesures, Trump accusé de désinformation

Publié le à Paris (AFP)

Alors que l'Europe multiplie les mesures face à la menace d'une deuxième vague de Covid-19, aux Etats-Unis, le président Donald Trump est dans le viseur de Facebook et Twitter à cause d'une vidéo dans laquelle il assure que les enfants ne sont quasiment pas susceptibles d'attraper le nouveau coronavirus.

Même la Finlande, un des pays d'Europe les plus épargnés, a annoncé jeudi qu'elle préparait de nouvelles mesures pour répondre à une accélération de l'épidémie.

"La situation est extrêmement délicate", a déclaré la directrice stratégique du ministère de Santé, Liisa-Maria Voipio-Pulkki, ajoutant qu'une "forme de deuxième phase avait commencé", même s'il était trop tôt pour parler de "seconde vague".

En France, le masque est devenu obligatoire même à l'extérieur dans les zones les plus fréquentées de villes comme Toulouse, Tours ou Blois. Il en sera prochainement de même à Paris.

Une mesure similaire est entrée en vigueur dans le Quartier Rouge d'Amsterdam et dans les quartiers commerçants de Rotterdam.

L'Irlande a pour sa part décidé de repousser la dernière phase de son déconfinement, qui comprend notamment la réouverture de tous les pubs. Le port du masque sera obligatoire dans les magasins et centres commerciaux du pays à partir du 10 août.

En Pologne, le port du masque va de nouveau être obligatoire dans tous les espaces publics ouverts et fermés dans six régions, essentiellement du sud et de l'est.

Et l'Allemagne vient de classer la province belge d'Anvers zone à risque, avec quarantaine obligatoire pour les voyageurs qui en viennent, sauf présentation d'un test négatif.

A partir de samedi, elle va imposer à tous les voyageurs de retour de régions à risque de se faire tester, leur évitant ainsi une quarantaine obligatoire en cas de test négatif.

L’Europe reste la région la plus touchée avec plus de 212.000 des 708.000 morts recensés dans le monde depuis la découverte de la pandémie en Chine en décembre 2019.

Mais les Etats-Unis sont le pays le plus touché, avec encore plus de 1.200 décès mercredi, y portant le bilan à plus de 158.000 morts depuis le début de l'épidémie.

Dans un acte de censure inédit à l'encontre du président américain, Facebook a retiré mercredi de la page de Donald Trump une vidéo enfreignant ses règles sur la désinformation autour de la pandémie: il y expliquait que les enfants étaient "presque totalement" immunisés contre le virus.

Et Twitter a interdit au compte de campagne de Donald Trump (@TeamTrump) de continuer à tweeter tant qu'il ne retirerait pas cette vidéo.

- Deuxième vague -

Pendant ce temps, en Europe, la nervosité semble gagner le gouvernement français alors que l'instance scientifique qui le guide juge "hautement probable qu'une seconde vague épidémique soit observée à l'automne ou l'hiver".

Et ce alors qu'à travers le monde, le nombre de morts a doublé depuis le 26 mai, et que 100.000 décès supplémentaires ont été détectés depuis un peu moins de trois semaines.

New York va mettre en place des postes de contrôle aux accès clés de la ville afin de s'assurer que les voyageurs en provenance d'Etats américains très affectés par le coronavirus respectent bien la quarantaine qui leur est imposée.

- Morts seuls ou abandonnés -

Le Brésil, deuxième pays le plus touché après les Etats-Unis, compte plus de 97.000 morts, s'apprêtant à franchir le seuil symbolique des 100.000 morts. Mais si le rythme actuel de contaminations se poursuit, il y en aura le double en octobre, selon Domingos Alves, spécialiste brésilien des statistiques liées à la pandémie.

"Beaucoup de gens sont morts seuls et abandonnés", accuse Regina Evaristo, dont l'association fournit des équipements de protection au personnel soignant.

Au Brésil, le dernier bilan quotidien est de 1.437 morts. En Argentine, plus de 7.000 nouveaux cas ont étaient enregistrés pour la seule journée de mercredi, un record.

Et aux Philippines, plus de 27 millions de personnes à Manille et dans quatre provinces voisines, soit environ le quart de la population de l'archipel, ont été reconfinées.

- "Grandes foules" -

Le gouvernement américain a annoncé mercredi un nouvel investissement d'un milliard de dollars dans le projet de vaccin contre le Covid-19 de la compagnie pharmaceutique Johnson & Johnson, avec au moins 100 millions de doses garanties à la clé.

Ce chèque fait monter les investissements du gouvernement à au moins 9,4 milliards de dollars dans des projets de vaccins, y compris des contrats d'approvisionnement signés avec cinq sociétés prévoyant la livraison d'au moins 700 millions de doses, selon le décompte de l'AFP.

La pandémie continue en outre ses ravages sur le plan économique.

Les Philippines sont entrées en récession après avoir enregistré au deuxième trimestre la pire contraction de leur économie.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, la gigantesque mine d'or et de cuivre d'Ok Tedi qui emploie des milliers de salariés et représente 7% du PIB du pays, a fermé en raison de cas de Covid-19 sur le site.

Et en Allemagne, le premier groupe européen du transport aérien Lufthansa, sauvé de la faillite par l'Etat, a enrgistré une perte nette de 3,6 milliards d'euros au premier semestre, dont 1,5 milliard au deuxième trimestre.

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