Covid-19: pas de confinement en Ile-de-France, six semaines de "mobilisation maximale"

Publié le à Paris (AFP)

Un confinement en Ile-de-France "n'est pas d'actualité" malgré une forte tension à l'hôpital liée au Covid-19 et des contaminations en hausse, a assuré mardi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, qui a appelé à une "mobilisation maximale" pendant six semaines "cruciales".

"Le confinement de l'Ile-de-France n'est pas d'actualité", a assuré le patron de la DGS sur RTL, à la veille d'un nouveau conseil de défense sanitaire autour du chef de l'Etat.

"Cette mesure de dernier recours serait proposée (...) si nous avions l'impression que l'hôpital ne pouvait pas tenir et que nous étions en face d'un risque majeur de ne pouvoir accueillir les malades graves à l'hôpital", a poursuivi Jérôme Salomon.

La région parisienne, confrontée au variant anglais du coronavirus, plus contagieux, a vu le nombre de malades du Covid-19 monter en flèche dans les services de réanimation de ses hôpitaux, jusqu'à 1.018 malades mardi pour "moins de 1.050" lits disponibles en théorie, selon l'Agence régionale de santé (ARS).

L'ARS a donné "l'ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales pour augmenter les capacités d'accueil, avec un objectif de 1.577 lits de réanimation.

- Transferts -

"Je ne dis pas qu'il faut confiner mais il faut avoir conscience des conséquences de la stratégie en cours: nous sommes à saturation, ça continue de monter et on est en train de dispatcher des malades un peu partout, comme on peut. On annule des opérations, on annule des prises en charge d'autres malades, voilà les conséquences de l'absence de décision", a expliqué à l'AFP Stéphane Gaudry, professeur de médecine intensive et réanimation à l'hôpital Avicenne (Bobigny).

Le gouvernement avait renoncé la semaine dernière à imposer un confinement le week-end en Ile-de-France, région la plus peuplée du pays (12 millions d'habitants), face aux réticences notamment de la maire de Paris Anne Hidalgo et de la présidente de région Valérie Pécresse. Cette mesure a été limitée au Pas-de-Calais, après le littoral des Alpes-Maritimes et Dunkerque.

Pour ce territoire, voisin du Pas-de-Calais, le confinement a été prolongé pour encore trois week-ends, soit cinq au total.

Le taux d'incidence a encore grimpé à 440 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur sept jours en Seine-Saint-Denis et désormais à 350 pour toute l'Ile-de-France, selon des chiffres arrêtés à samedi, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par le gouvernement, ce qui n'augure pas d'un soulagement dans les hôpitaux.

Au niveau national, le nombre de patients soignés dans les services de réanimation ne cesse de progresser, à 3.918 mardi. Avec une charge très élevée dans les Hauts-de-France, en Provence Alpes-Côte d'Azur et en Ile-de-France, qui oblige à de nouveaux transferts de patients vers d'autres régions.

- "Ouverture essentielle" -

299 morts du Covid-19 ont été enregistrées mardi à l'hôpital, portant le bilan total des décès depuis le début de l'épidémie, il y a un an à 89.327.

Interrogé sur l'expression "il faut tenir quatre à six semaines" prononcée par Emmanuel Macron le 1er mars, Jérôme Salomon a insisté sur "six semaines de tension" à venir, "six semaines de mobilisation maximale pour tous nos concitoyens".

La France métropolitaine a entamé sa huitième semaine de couvre-feu à 18h et les cafés, restaurants, lieux culturels et salles de sport privées sont fermés depuis plus de quatre mois.

Deux grandes scènes françaises, le Théâtre de la Colline et l'Odéon, sont occupées par des étudiants d'art dramatique et des intermittents du spectacle, réclamant la réouverture des lieux culturels. "Ouverture essentielle", pouvait-on lire au Théâtre de la Colline sur les pancartes brandies par les manifestants "vie sans culture, droit dans le mur".

Dans le même temps, la campagne vaccinale s'est accélérée, avec 227.257 nouvelles injections de vaccin dans les dernières 24 heures. Au total, plus de 4 millions de personnes ont reçu une première dose, et plus de deux millions deux doses. Mais les polémiques persistent.

Le patron de la DGS a repoussé les appels à la démission des syndicats de médecins, rendus furieux par l'annonce dimanche soir qu'ils ne pourraient pas commander de vaccins cette semaine à cause d'approvisionnements limités des doses d'AstraZeneca, la priorité étant donnée aux pharmaciens qui commenceront les piqûres la semaine prochaine.

"Nous allons rouvrir aux médecins dès la fin de la semaine les réservations de doses pour la semaine du 22 mars", a voulu rassurer le ministre de la Santé Olivier Véran, lors d'un déplacement dans la Nièvre.

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