Covid-19: un reconfinement local inédit sur le littoral des Alpes-Maritimes

Publié le à Nice (AFP)

Mesure inédite en métropole à une échelle locale, Nice et le littoral des Alpes-Maritimes vont être à nouveau strictement confinés pour au moins deux week-ends, avec l'espoir d'enrayer la flambée du Covid-19 dans le département, le plus touché de l'Hexagone

"La situation sanitaire est particulièrement inquiétante dans les Alpes-Maritimes. (…) Avec le taux d’incidence, j’ai rappelé qu’à Nice il y a 500 personnes qui tombent malades par jour. Donc il fallait des mesures fortes, je m’y étais engagé", a commenté à Villefranche-sur-Saône le ministre de la Santé Olivier Véran, qui était à Nice samedi.

Redouté depuis cette visite par les habitants, mais appelé de leurs voeux par certains élus, le reconfinement partiel a été confirmé lundi par le préfet des Alpes-Maritimes Bernard Gonzalez: les habitants des communes du littoral des Alpes-Maritimes s'étendant de Théoule-sur-Mer à Menton, zone qui regroupe environ 90% de la population du département, seront confinés les deux derniers weekend des vacances scolaires (27-28 février et 6-7 mars).

Comme lors du premier confinement il y a un an, les sorties d'une heure seront autorisées, mais dans un rayon de 5 km, avec attestation (médecins, animaux de compagnie, sport, promenade).

- Hôpitaux sous pression -

Une telle mesure de confinement territorialisé, en vigueur depuis le 5 février à Mayotte, est une première depuis le début de la crise sanitaire en métropole. Réclamée par certains élus de Moselle, elle n'avait d'ailleurs pas été mise en oeuvre dans ce département.

"Si c'est nécessaire, il faut le faire", avait anticipé avant les annonces Pierre Mondoloni, 78 ans, évoquant lundi matin un possible reconfinement le week-end. "Ça veut dire que pendant quelques jours les gens ne vont pas sortir, eh bien, tant pis".

Pour les autorités, ce tour de vis est notamment justifié par la pression dans les hôpitaux. Les services hospitaliers sont "proches de la saturation", a souligné Romain Alexandre, le représentant de l'ARS: le taux d'incidence (588 pour 100.000 habitants) dans le département est "le plus élevé de France" et le taux de positivité est "en nette augmentation dans toutes les tranches d'âge exceptées pour les plus de 80 ans".

Pour y faire face, outre le reconfinement partiel, pour 15 jours à compter de mardi, les commerces de plus de 5.000 m2, sauf les pharmacies et les commerces alimentaires, seront fermés dans le département, et la jauge pour les commerces sera abaissée de plus de 400m2. Les contrôles à la frontière italienne et dans les aéroports seront également renforcés.

Enfin, le préfet a promis une "accélération" de la campagne vaccinale dans le département, où quelque 4.500 doses du vaccin Pfizer doivent être réceptionnées dans les prochains jours.

Localement, la crise "est une conséquence de l'attractivité de notre département et de notre style de vie convivial", a argumenté le préfet, rejoignant une analyse notamment avancée par le maire LR de Nice Christian Estrosi, qui s'est dit sur Twitter "satisfait" de ces nouvelles mesures.

"Il faut régler ça au plus tôt pour ne pas condamner la saison d'été, donc il faut serrer la vis", avait de son côté plaidé le président de région Renaud Muselier, alors que les vacances viennent de débuter dans la zone B dont font partie les Alpes-Maritimes et se poursuivent pour la C.

- "Au bon moment" -

Pour le ministre de la Santé, Olivier Véran, il est pourtant "fondamental de pouvoir prendre des décisions au bon moment lorsqu’on voit qu’il y a une situation sanitaire qui est sous tension". "La situation des Alpes-Maritimes ne correspond pas aujourd’hui à la situation de l’ensemble du pays", a rappelé le ministre lors d'une visite à l'hôpital de Villefranche-sur-Saône.

"La situation sanitaire reste inquiétante à l’échelle du pays, ça fait quatre ou cinq jours consécutifs que nous avons une nouvelle augmentation de la circulation du virus, mais nous n’en sommes pas du tout à la situation des Alpes-Maritimes", a-t-il insisté.

Une bonne nouvelle, côté vaccins, le laboratoire Sanofi a annoncé qu'il produirait en France le vaccin contre le Covid-19 de son concurrent américain Johnson & Johnson à partir du troisième trimestre de 2021.

Le coordinateur de la campagne de vaccination en France Alain Fischer s'est réjoui lundi sur LCI que "75%, des résidents en Ehpad ont été vaccinés avec un bon taux d'acceptation".

"D'ici juin, on aura terminé de vacciner l'ensemble des personnes fragiles, 17 à 20 millions de Français, en tout cas ceux qui voudront", a-t-il souligné.

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