Covid: l'heure de vérité pour l'Ile-de-France et les Hauts-de-France

Publié le à Paris (AFP)

Confinement le week-end, couvre-feu renforcé ou mélange de mesures pour limiter les contacts? Les 18 millions d'habitants de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France étaient jeudi dans l'attente des nouvelles restrictions qu'annoncera Jean Castex à 19H pour tenter de freiner la "troisième vague" de l'épidémie du Covid-19.

Après d'ultimes consultations, qui se sont poursuivies à la mi-journée entre les deux têtes de l'exécutif, les mesures sont désormais tranchées, a-t-on appris de source gouvernementale.

Elles seront détaillées par le Premier ministre et le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse repoussée d'une heure dans l'attente de l'avis de l'Agence européenne du médicament sur l'utilisation du vaccin AstraZeneca.

Elles concerneront d'abord les 12 millions de Franciliens et les 6 millions d'habitants des Hauts-de-France, deux régions particulièrement touchées par la nette accélération de la circulation du virus en France, avec plus de 38.000 contaminations en 24 heures selon le dernier bilan.

Pas de nouvelles restrictions en revanche en PACA, où Nice et le littoral des Alpes-Maritimes sont déjà confinés le week-end.

"On est, soyons clairs, dans une troisième vague largement due à la montée de ce fameux variant anglais. La situation est clairement critique. Ça va taper très dur jusqu'à la mi-avril", avait résumé le chef de l'Etat mercredi soir lors d'une visioconférence avec des maires franciliens et d'autres régions.

- "Couteau sous la gorge" -

Alors que M. Macron promet des "décisions pragmatiques, proportionnées, territorialisées, nécessaires", son Premier ministre a évoqué trois scénarios devant les parlementaires: un confinement le week-end, comme en novembre ou comme au printemps 2020.

Devant les élus mercredi soir, Emmanuel Macron a insisté sur la lassitude des Français et la nécessité de faire du sport en plein air. "On a quand même appris une chose à partir du premier confinement, c'est qu'être dehors c'est plutôt bon, si on ne fait pas de grandes fêtes ou on ne se met pas à aller boire de la bière dans des endroits communs", a dit le chef de l'Etat qui pourrait décider de garder parcs et jardins ouverts.

L'accent devrait être mis sur le télétravail afin de le généraliser à plus grande échelle, alors que le Conseil scientifique a jugé, dans son dernier avis, la "situation insatisfaisante en milieu professionnel". Les cantines d'entreprises pourraient être ainsi fermées.

Devant les élus mercredi soir, M. Macron a également pointé la singularité de l'Ile-de-France, où "le confinement le week-end est une mesure compliquée à prendre", évoquant "des mesures adaptées" qui prennent "en compte les réalités de la vie francilienne".

Mais avant même d'être annoncées, les nouvelles mesures étaient déjà jugées avec sévérité par l'opposition et certains scientifiques.

"Quand on prend des mesures de freinage brutal, par exemple le confinement le week-end, c'est parce qu'on a échoué sur tout le reste, a déploré sur France Inter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

"La difficulté que nous avons, c'est à la fois le virus et le fait qu'Emmanuel Macron rate tout ce qu'il entreprend", a critiqué sur BFMTV le numéro deux de LFI Adrien Quatennens.

"Ce reconfinement aujourd’hui à la dernière limite, le couteau sous la gorge, en dernière extrémité, est la pire des choses", a estimé le président de la Ligue nationale contre le cancer Axel Kahn, fustigeant sur Europe 1 "l'échec du pari" de M. Macron de ne pas avoir reconfiné en janvier.

Mais pour la majorité présidentielle, "les Français ont compris qu'il y avait pas le choix", a assuré la députée LREM Aurore Bergé sur France 2.

- Décision sur AstraZeneca -

Alors que toute la France est déjà sous couvre-feu, l'exécutif a tout fait pour retarder des restrictions supplémentaires.

Des transferts de malades vers des régions moins touchées ont été organisés, les hôpitaux déprogramment des opérations et mobilisent des lits des cliniques privées.

Mais ces déplacements de malades s'avèrent plus compliqués que prévu. Très peu de malades en réanimation sont suffisamment stables pour cela et les familles réticentes.

Les chiffres restent mauvais: outre la hausse du nombre de contaminations, le taux d'incidence a de nouveau grimpé à 425 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours dans la région parisienne (505 en Seine-Saint-Denis), bien au-dessus du seuil dit d'"alerte maximale" des autorités sanitaires (250).

Au total, 4.219 malades du Covid-19 étaient en réanimation mercredi en France, alors que le pays a dépassé la barre des 91.000 morts.

Pour sortir de la crise, qui a coûté plus de 160 milliards d'euros l'an dernier selon le gouvernement, la France compte sur la vaccination de masse, freinée depuis lundi par la suspension surprise du vaccin d'AstraZeneca.

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