Covid: l'heure de vérité pour l'Ile-de-France et les Hauts-de-France

Publié le à Paris (AFP)

Des restrictions 7 jours 7, le week-end ou mélange de mesures pour limiter les contacts? Les 18 millions d'habitants de l'Ile-de-France et des Hauts-de-France sont jeudi dans l'attente du nouveau serrage de vis qu'annoncera Jean Castex à 19H00 pour tenter de freiner la "troisième vague" de l'épidémie du Covid-19.

Les consultations se sont poursuivies jusqu'au dernier moment, notamment entre les deux têtes de l'exécutif, pour tenir compte de la dégradation de la situation sanitaire.

Dans les huit départements d'Ile-de-France, les chiffres donnés jeudi après-midi par l'ARS montrent encore une aggravation, avec un taux d'incidence qui a grimpé à 446 nouveaux cas pour 100.000 habitants sur les sept derniers jours dans la région parisienne, bien au-dessus du seuil dit d'"alerte maximale" des autorités sanitaires (250). Le Val d'Oise est désormais le département le plus touché avec une incidence de 545.

Détaillées par le Premier ministre et le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'une conférence de presse, les mesures pourraient s'appliquer sept jours sur sept, avec une interdiction de circulation hors des régions concernées, selon des sources gouvernementales.

Jean Castex devrait aussi réagir au feu vert donné par l'Agence européenne des médicaments (EMA) au vaccin AstraZeneca qui est, selon elle, "sûr et efficace". Il pourrait annoncer la reprise des vaccinations, suspendues lundi par Emmanuel Macron dans l'attente de cet avis de l'autorité européenne.

Les mesures de restriction concerneront d'abord les 12 millions de Franciliens et les six millions d'habitants des Hauts-de-France, deux régions particulièrement touchées par la nette accélération de la circulation du virus en France.

Il n'est en revanche pas prévu de nouvelles restrictions en PACA, où Nice et le littoral des Alpes-Maritimes sont déjà confinés le week-end.

- "Ca va taper très dur" -

"On est, soyons clairs, dans une troisième vague largement due à la montée de ce fameux variant anglais. La situation est clairement critique. Ça va taper très dur jusqu'à la mi-avril", avait résumé le chef de l'Etat mercredi soir lors d'une visioconférence avec des maires franciliens et d'autres régions.

M. Macron a promis des "décisions pragmatiques, proportionnées, territorialisées, nécessaires".

Devant les élus mercredi soir, il a insisté sur la lassitude des Français et la nécessité de faire du sport en plein air. "On a quand même appris une chose à partir du premier confinement, c'est qu'être dehors c'est plutôt bon, si on ne fait pas de grandes fêtes ou on ne se met pas à aller boire de la bière dans des endroits communs", a dit le chef de l'Etat qui pourrait décider de garder parcs et jardins ouverts.

L'accent devrait être mis sur le télétravail afin de le généraliser à plus grande échelle, alors que le Conseil scientifique a jugé, dans son dernier avis, la "situation insatisfaisante en milieu professionnel". Les cantines d'entreprises pourraient être fermées tandis que les écoles resteraient ouvertes.

Devant les élus mercredi soir, M. Macron a pointé la singularité de l'Ile-de-France, où "le confinement le week-end est une mesure compliquée à prendre", évoquant "des mesures adaptées" qui prennent "en compte les réalités de la vie francilienne".

Avant même d'être annoncées, les nouvelles mesures étaient déjà jugées avec sévérité par l'opposition et certains scientifiques.

"Quand on prend des mesures de freinage brutal, par exemple le confinement le week-end, c'est parce qu'on a échoué sur tout le reste, a déploré sur France Inter le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau.

"La difficulté que nous avons, c'est à la fois le virus et le fait qu'Emmanuel Macron rate tout ce qu'il entreprend", a critiqué sur BFMTV le numéro deux de LFI Adrien Quatennens.

- "échec du pari" -

"Ce reconfinement aujourd’hui à la dernière limite, le couteau sous la gorge, en dernière extrémité, est la pire des choses", a estimé le président de la Ligue nationale contre le cancer Axel Kahn, fustigeant sur Europe 1 "l'échec du pari" de M. Macron de ne pas avoir reconfiné en janvier.

Mais pour la majorité présidentielle, "les Français ont compris qu'il n'y avait pas le choix", a assuré la députée LREM Aurore Bergé sur France 2.

Alors que toute la France est déjà sous couvre-feu, l'exécutif a tout fait pour retarder des restrictions supplémentaires.

Des transferts de malades vers des régions moins touchées ont été organisés, les hôpitaux déprogramment des opérations et mobilisent des lits des cliniques privées.

Mais ces déplacements de malades s'avèrent plus compliqués que prévu. Très peu de malades en réanimation sont suffisamment stables et les familles réticentes.

Au total, 4.219 malades du Covid-19 étaient en réanimation mercredi en France, alors que le pays a dépassé la barre des 91.000 morts.

Pour sortir de la crise, qui a coûté plus de 160 milliards d'euros l'an dernier selon le gouvernement, la France compte sur la vaccination de masse, freinée depuis lundi par la suspension surprise du vaccin d'AstraZeneca.

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