Covid: la vaccination AstraZeneca reprend peu à peu, nouvelles restrictions en France

Publié le à Paris (AFP)

Plusieurs pays européens ont recommencer vendredi à administrer le vaccin AstraZeneca, recommandé par les experts de l'OMS à leur tour, tandis que la France reconfinait un tiers de sa population et que l'Allemagne annonçait une augmentation "exponentielle" des cas de Covid-19.

Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont conclu vendredi que le vaccin AstraZeneca contre le Covid-19 "continue d'avoir un profil bénéfices-risques positif", confirmant le verdict rendu la veille par l'Agence européenne des médicaments (EMA), qui l'a jugé "sûr et efficace".

"Les données disponibles ne suggèrent pas d'augmentation globale des troubles de la coagulation", a ajouté le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) de l'OMS.

Pour lutter contre le virus, l'Allemagne et la France, tout comme l'Italie, la Bulgarie ou la Slovénie, ont repris vendredi la vaccination avec l'AstraZeneca. D'autres pays s'y remettront la semaine prochaine, notamment l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas.

Une quinzaine de pays avaient suspendu par précaution l'utilisation du vaccin AstraZeneca après le signalement de possibles effets secondaires graves tels que des troubles de la coagulation et la formation de caillots, finalement sans lien avéré avec ce sérum.

A Rome, des dizaines de personnes faisaient la queue en début d'après-midi devant une grande structure mobile spécialement aménagée face à la gare principale. "Ma peur était que je ne puisse pas être vacciné", a indiqué Roberto, un enseignant de 58 ans, après avoir reçu une première dose.

En revanche, le Danemark a annoncé vendredi que, comme ses voisins la Norvège et la Suède, il attendrait avant de reprendre les vaccinations.

La Finlande, qui n'avait jusqu'ici pas suspendu le vaccin AstraZeneca, a décidé quant à elle d'interrompre son utilisation par "précaution" après deux cas suspects de thromboses cérébrales.

- "Freiner le virus" en France -

Ces décisions interviennent alors que la pandémie a fait au moins 2,69 millions de morts dans le monde et que les contaminations ont continué de progresser cette semaine, selon des données compilées par l'AFP.

Le Brésil reste le pays ayant enregistré le plus grand nombre de nouvelles contaminations cette semaine, avec 71.900 nouveaux cas quotidiens (+4%), devant les Etats-Unis (64.500, +15%) et la France (27.300, +24%).

En France, où l'épidémie accélère nettement, le gouvernement a annoncé jeudi soir un troisième confinement en un an, avec des mesures plus souples que pour les précédents, alors que le pays approche la barre des 100.000 morts.

A partir de vendredi à minuit, plus de 20 millions de Français, notamment en région parisienne et dans les Hauts-de-France (nord), seront soumis à de nouvelles restrictions pour un mois.

Les principales nouveautés sont la fermeture de nouveaux commerces, dits non essentiels, et l'accent mis sur le fait qu'on se contamine davantage à l'intérieur que dehors.

"Je crois que le mot confinement n'est pas adapté", a déclaré vendredi le président Emmanuel Macron, qui avait affiché fin janvier sa volonté d'éviter tout confinement. "Ce qu'on veut, c'est freiner le virus sans nous enfermer".

Une certaine fébrilité s'est emparée vendredi des Parisiens quelques heures avant l'entrée en vigueur de ces mesures.

Dès le matin, les gares parisiennes étaient bondées de voyageurs pressés d'attraper leur train pour s'évader de la capitale. Et en fin de journée, quelque 400 kilomètres d'embouteillages étaient enregistrés à la sortie de Paris.

Le Premier ministre français Jean Castex a, lui, reçu vendredi sa première dose d'AstraZeneca, afin de rassurer après la brève suspension du vaccin. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a aussi reçu sa première dose de ce vaccin.

- Merkel candidate pour AstraZeneca -

La chancelière allemande Angela Merkel s'est dit prête, elle aussi, à recevoir le vaccin d'AstraZenecca, alors que son pays est confronté à une augmentation "très clairement exponentielle" des infections au Covid-19, selon le vice-président de l'institut de veille sanitaire Robert Koch (RKI).

Il a indiqué vendredi craindre pour les semaines qui viennent "un nombre très élevé de cas, de nombreux cas graves et de décès, et des hôpitaux débordés".

Mme Merkel a par ailleurs indiqué qu'elle était prête à commander le vaccin russe anti-Covid Spoutnik V pour son pays, s'il était autorisé dans l'Union européenne.

La Belgique, elle, enregistre depuis une semaine une "flambée" de cas, qui nécessitent de "resserrer la vis" sur les restrictions, selon le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

En Asie, les Philippines ont annoncé vendredi de nouvelles restrictions, alors que les contaminations y ont atteint un nouveau record, avec plus de 7.000 nouveaux cas par jour. Les autorités ont également approuvé vendredi le vaccin Spoutnik V.

La vaccination a continué à s'intensifier dans le monde. Au moins 402,3 millions de doses ont été administrées, dont un quart aux Etats-Unis, selon un comptage de l'AFP jeudi.

Aux Etats-Unis, le rythme de vaccination a accéléré de manière spectaculaire au cours des dernières semaines, avec actuellement 2,4 millions de doses administrées par jour en moyenne.

Le président américain Joe Biden a annoncé que les Etats-Unis franchiraient vendredi, avec plus d'un mois d'avance, son objectif de 100 millions d'injections durant les 100 premiers jours de son mandat.

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