Crise au Venezuela: Guaido et ses alliés étudient des solutions contre Maduro

Publié le à Bogota (AFP)

Le Groupe de Lima, majoritairement hostile au président Nicolas Maduro, a entamé lundi à Bogota une réunion cruciale, à laquelle participent l'opposant Juan Guaido et le vice-président américain Mike Pence, pour trouver une issue à la crise au Venezuela.

"Au sein du Groupe de Lima, nous luttons pour que cette solution soit de forme pacifique", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères du Pérou, Hugo de Zela, à l'ouverture des travaux.

"Nous avons réaffirmé à plusieurs reprises notre engagement envers la transition démocratique et le rétablissement de l'ordre constitutionnel au Venezuela", a ajouté le chef de la diplomatie colombienne et hôte de la réunion, Carlos Holmes Trujillo, tout en appelant à "bloquer l'avenir de la dictature au Venezuela".

Durant le weekend, Juan Guaido, qu'une cinquantaine de pays ont reconnu comme président intérimaire, a demandé d'"envisager toutes les éventualités" contre Nicolas Maduro, au pouvoir depuis 2013 et dont ses adversaires jugent la réélection frauduleuse.

Mais l'Union européenne a demandé lundi d'"éviter une intervention militaire" et précisé être en contact avec toutes les parties impliquées dans la crise, selon Maja Kocijancica, porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

La veille, les Etats-Unis avaient haussé le ton. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, qui n'a pas exclu l'usage de la force, a qualifié le dirigeant chaviste de "pire du pire des tyrans" et s'est dit "certain que, grâce aux Vénézuéliens, les jours de Maduro sont comptés".

- Conditions de liberté et démocratie -

Mike Pence va porter la voix de Washington lors de cette rencontre de Bogota. Celle ci a débuté peu avant 09h00 locales (14h00 GMT) et ses conclusions sont attendues vers 16h00 (21h00 GMT).

"La réunion a comme objectif d'adopter une déclaration qui contribuera à continuer de créer les conditions pour qu'il y ait liberté et démocratie au Venezuela", avait indiqué la présidence colombienne dimanche soir.

Le Groupe de Lima, composé de 13 pays latino-américains et du Canada, a été créé en 2017 pour promouvoir une issue à la crise dans laquelle s'enfonce l'ancienne puissance pétrolière vénézuélienne. Il n'a pas reconnu le deuxième mandat de Maduro, entamé le 10 janvier.

Juan Guaido, chef du parlement vénézuélien dominé par l'opposition, y fait lundi officiellement son entrée. "Le gouvernement légitime du Venezuela s'intègre formellement au Groupe de Lima", a déclaré durant le weekend le président colombien Ivan Duque.

Selon le député Julio Borges, qui jusque là y représentait Juan Guaido, le président auto-proclamé "sollicitera un renforcement des pressions diplomatiques et l'usage de la force contre Maduro".

Bravant une interdiction judiciaire de sortie du Venezuela, l'opposant avait rejoint vendredi Cucuta, en Colombie, pour diriger le lendemain l'entrée au Venezuela de tonnes d'aliments et de médicaments, envoyés essentiellement des Etats-Unis à sa demande.

Mais Nicolas Maduro refuse cette aide, y voyant un prétexte à une intervention militaire américaine pour l'évincer du pouvoir.

Les camions chargés de ces produits de première nécessité, destinés à pallier de graves pénuries, ont dû rebrousser chemin samedi, face au blocage frontalier ordonné par le gouvernement et qui a dégénéré. Au moins deux personnes ont alors été tuées et plusieurs centaines blessées, lors de heurts aux frontières de la Colombie et du Brésil, où une autre partie de l'aide est stockée.

- Condamnations des violences -

L'ONU comme l'Union européenne ont déploré ces violences.

Juan Guaido a condamné "un crime sans précédent", dénonçant le fait que le Venezuela se soit éveillé "à nouveau avec une crise qui aurait pu être allégée" la veille.

Depuis 2015, au moins 2,7 millions de Vénézuéliens ont fui vers les pays de la région, dont plus d'un million en Colombie, selon l'ONU.

Le régime, qui attribue la crise aux sanctions des Etats-Unis, s'est félicité que l'opération ait échoué. "Pas une camionnette n'est passée," a lancé le président de l'Assemblée constituante, Diosdado Cabello.

La tension reste tangible aux frontières. Avec les violences de samedi, "s'est dessiné un scénario selon lequel il pourrait y avoir une intervention de force", a déclaré à l'AFP, Laura Gil, experte en politique internationale, estimant que l'opposition avait à gagner "encore plus si Maduro amplifiait la répression comme il l'a fait".

Le Groupe de Lima - qui comprend l'Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, le Guyana et Sainte-Lucie - s'était réuni pour la dernière fois le 4 février à Ottawa.

Onze de ses membres avaient alors appelé à un changement pacifique de gouvernement, exhorté l'armée, pilier du régime, à reconnaître Juan Guaido et à laisser entrer l'aide humanitaire. Le dirigeant chaviste avait jugé cet appel "répugnant et risible".

Si plus de 150 membres des forces de l'ordre ont déserté durant le week-end, la majorité se réfugiant en Colombie, Nicolas Maduro bénéficie encore du soutien de l'état-major des forces de sécurité, qui comptent plus de 365.000 membres, outre 1,6 million de miliciens civils.

Le successeur du défunt président Hugo Chavez (1999-2013) garde aussi des alliés dans le monde comme la Russie, la Chine et Cuba, dont le président Miguel Diaz-Canel a défendu dimanche le Venezuela où "se joue la dignité du continent".

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