Décision attendue sur une sortie de Trump de l'hôpital dès lundi

Publié le à Washington (AFP)

Donald Trump pourrait sortir lundi de l'hôpital mais la décision était encore en suspens, après trois jours chaotiques et la révélation que l'état du président des Etats-Unis, atteint du Covid-19, avait été plus grave que la version officielle initiale.

Avec sa brève sortie de dimanche pour saluer depuis sa voiture ses partisans devant l'hôpital, le milliardaire républicain avait manifesté son impatience de reprendre sa campagne à désormais moins d'un mois de l'élection présidentielle du 3 novembre face au démocrate Joe Biden. A la stupéfaction générale et au risque d'alimenter les polémiques déjà intenses sur sa prise de conscience de la gravité du coronavirus.

"Sa santé continue à s'améliorer", a déclaré lundi matin son chef de cabinet Mark Meadows.

"Sur la base de ses progrès incroyables (...) nous sommes toujours optimistes sur le fait qu'il pourra sortir, mais la décision ne sera prise que plus tard dans la journée", a-t-il ajouté sur la chaîne Fox News.

Le "chief of staff" de la Maison Blanche a précisé que les médecins avaient prévu de faire un point en fin de matinée. La décision sera ensuite prise "par le président en lien avec ses médecins", "au plus tôt dans l'après-midi".

Donald Trump, 74 ans, est hospitalisé depuis vendredi soir après avoir été testé positif au Covid-19 jeudi soir. Aucun bulletin de santé n'a été publié lundi matin après sa troisième nuit à l'hôpital militaire Walter Reed près de Washington, la dernière communication officielle des médecins remontant à la mi-journée de dimanche.

- Réelle inquiétude -

De nombreux experts s'interrogent sur une éventuelle sortie d'hôpital qui leur paraîtrait hâtive. Mais il ne s'agirait nullement d'un retour à la normale: le 45e président des Etats-Unis serait encore pour un temps confiné à la Maison Blanche, équipée pour qu'il puisse continuer à être soigné.

Le médecin présidentiel a fini par admettre dimanche que l'état initial de son patient avait été plus grave que ce qui avait été officiellement déclaré dans un premier temps, renforçant l'impression d'un vrai manque de transparence, voire d'une réelle inquiétude au plus fort de la maladie.

Faisant volte-face par rapport à son point presse de samedi, le docteur Sean Conley a confirmé que Donald Trump avait bien eu besoin d'une mise sous oxygène vendredi, pendant environ une heure, à la Maison Blanche, un épisode jugé suffisamment inquiétant pour décider de l'hospitaliser le soir même.

Le médecin a aussi annoncé un autre épisode de baisse de la saturation en oxygène survenu samedi matin. Et samedi également, les médecins lui ont administré un troisième traitement, la dexaméthasone, un corticoïde efficace contre les formes graves du Covid-19, en plus de l'antiviral remdesivir et du cocktail expérimental de la société Regeneron, qu'il a reçus dès vendredi.

Le Dr Conley a reconnu qu'il n'avait pas révélé cet incident la veille pour projeter une image "optimiste".

- Avalanche de tweets -

La famille et l'entourage de Donald Trump tentent en effet de dépeindre un président "combattant" prêt à vaincre la maladie et remonter sur le ring.

"Je pense que je serai bientôt de retour et j'ai hâte de finir la campagne comme je l'ai commencée", a lancé dès samedi soir l'ex-magnat de l'immobilier, privé pour une durée indéterminée des meetings qu'il affectionne et sur lesquels il comptait pour refaire son retard dans les sondages.

Car en face, Joe Biden, 77 ans, qui a maintenu voire accru son avance dans les intentions de vote après le débat chaotique de la semaine dernière face à Donald Trump, continue lui sa campagne à son rythme. Il devait se rendre lundi en Floride, l'un des Etats-clés que le président sortant doit à tout prix remporter à nouveau, comme en 2016, pour conserver un espoir de victoire au niveau national.

Lundi, à défaut de déplacement sur le terrain, le milliardaire républicain a lui renoué avec un rythme très soutenu sur Twitter, après avoir été en retrait depuis son test positif au coronavirus.

Avant même le lever du soleil sur la capitale fédérale des Etats-Unis, le président-candidat s'est lancé dans une longue série de courts tweets, majuscules et points d'exclamation à l'appui, appelant ses sympathisants à voter.

"MARCHES BOURSIERS EN HAUSSE. VOTEZ!". "L'ARMEE LA PLUS FORTE QUI SOIT. VOTEZ!". "LA LOI ET L'ORDRE. VOTEZ!". "LIBERTE RELIGIEUSE. VOTEZ!". "PLUS FORTES BAISSE D'IMPOTS DE L'HISTOIRE ET UNE AUTRE QUI ARRIVE. VOTEZ!". "FORCE DE L'ESPACE. VOTEZ!". "LUTTE CONTRE LES MEDIA FAKE NEWS CORROMPUS. VOTEZ!".

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