Déficit: la France "doit respecter ses engagements" (Coeuré, BCE)

Publié le à PARIS, 05 avr 2014 (AFP)

La France doit respecter ses engagements en matière de déficit, a affirmé Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), alors que Paris veut rediscuter du "rythme" de réduction de son déficit, dans le Figaro daté de samedi.

Il a également redit que le Conseil des gouverneurs de l'institution financière de la zone euro était unanime pour recourir à un assouplissement quantitatif (QE) tout en estimant que cela ne semblait pas pour l'heure nécessaire.

"Comme l'a rappelé la Commission, la France a déjà bénéficié deux fois d'un report. Elle doit respecter ses engagements. C'est une question de crédibilité. Et de confiance", a déclaré M. Coeuré dans les colonnes du journal.

"Les attentes de l'Europe à l'égard de la France sont fortes, car c'est la deuxième économie de la zone euro. La zone euro a besoin d'une France forte", a-t-il ajouté.

Or, "la France a aussi une responsabilité, rendre crédible le gouvernement économique de la zone euro qu'elle a appelé de ses voeux, et qui se met progressivement en place. Cette gouvernance prévoit des objectifs de déficits nominaux et structurels", a affirmé M. Coeuré.

Le nouveau ministre des Finances et des comptes publics, Michel Sapin, a assuré jeudi que "le rythme" de réduction du déficit public de la France serait "discuté" à Bruxelles, estimant qu'il était dans "l'intérêt commun de l'Europe de trouver le bon rythme".

Il a toutefois précisé que le "cap" de réduction des déficits n'était pas abandonné, alors que Paris s'est engagé auprès de ses partenaires européens à passer sous la barre des 3% du produit intérieur brut d'ici 2015. En 2013, le déficit a atteint 4,3% du PIB, éloignant un peu plus cette échéance.

Interrogé sur la possibilité pour la BCE à recourir à un QE, M. Coeuré a répondu: "Oui, il y a unanimité au Conseil des gouverneurs pour se tenir prêt à utiliser des instruments non conventionnels, y compris celui-ci, si la période d'inflation basse se prolonge plus que prévu".

Mais, a-t-il ajouté, "aujourd'hui, cela ne nous semble pas nécessaire, car le faible niveau de l'inflation est dû à des facteurs en partie temporaires et nous croyons à la reprise: l'inflation devrait donc remonter. Mais nous continuerons à suivre les évolutions très attentivement et agirons si nécessaire".

Selon lui, "toute la question" est de savoir si une telle mesure serait efficace. "Même si le +QE+ se traduit par plus de liquidités dans le bilan des banques, il n'est pas sûr que cela crée du crédit", a-t-il déclaré en soulignant qu'"un +QE+ à l'européenne sera nécessairement différent de ce qui se pratique aux États-Unis".

Enfin, la hausse actuelle sur les marchés financiers ne laisse pas craindre la création d'une bulle financière: "Non, pas en zone euro de notre point de vue. Mais dans une période de taux très bas, une vigilance s'impose".

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