Des Hindous se prennent à rêver d'un retour au Cachemire indien

Publié le à New Delhi (AFP)

Utpal Kaul rêve de retourner vivre dans sa propriété, bordée de vergers, sur les rives d'un lac de sa vallée natale du Cachemire indien. Il y a 30 ans, cet Hindou a dû fuir cette terre à majorité musulmane, craignant pour sa vie.

Il croyait bercer ce rêve en vain jusqu'à ce que, contre toute attente, le gouvernement du Premier ministre indien Narendra Modi, un nationaliste hindou, révoque l'autonomie institutionnelle de la région himalayenne, théâtre d'une insurrection séparatiste.

"Je n'aurais jamais cru qu'un tel jour arriverait de mon vivant", déclare à l'AFP M. Kaul, 67 ans, la voix étranglée de sanglots.

La révocation de l'autonomie - en vigueur depuis sept décennies - signifie en effet que les Indiens de tout le pays peuvent maintenant acheter des propriétés dans le territoire himalayen.

Quelque 200.000 Cachemiris hindous, comme lui, ont fui la vallée du Cachemire au début de l'insurrection séparatiste contre le pouvoir indien en 1989, qui a fait depuis 70.000 morts, principalement des civils.

Sans espoir de pouvoir jamais retourner chez eux, les Hindous du Cachemire se sont alors installés à Jammu, dans le sud à majorité hindoue de la région du Jammu-et-Cachemire, et dans le reste de l'Inde.

"Je suis physiquement ici (à New Delhi) mais mon coeur demeure au Cachemire", confie Utpal Kaul.

- "Nouvelle ère" -

Le Cachemire indien vit à présent sous une chape de plomb, avec rassemblements interdits, communications coupées et plus de 80.000 paramilitaires supplémentaires déployés.

Le Cachemire, divisé entre Inde et Pakistan, est revendiqué par les deux pays. Cette région montagneuse est à l'origine de deux des trois guerres entre les deux voisins depuis leur partition en 1947, à la fin de la domination coloniale britannique.

La maison de cinq étages de M. Kaul a été pillée et incendiée dans les années 1990 pendant que l'insurrection s'installait au Cachemire, certains militants ciblant la minorité hindoue qui y résidait depuis des siècles.

"J'y suis né, ma famille y a vécu pendant des générations, pourtant on m'a demandé de prouver mon origine cachemiri", dit-il.

Avec sa famille, il a pris ce qu'il a pu et s'est enfui, ajoute-t-il en montrant à l'AFP de vieux livres qu'il conserve depuis des décennies.

La décision de l'Inde marque "une nouvelle ère" pour sa "terre bien-aimée", espère-t-il: "Nous serons tous égaux désormais au Cachemire".

Partageant ses frontières avec la Chine, l'Inde, le Pakistan et le Tibet, le Cachemire est une région spectaculaire, couverte de sommets enneigés, de vastes vallées et de plateaux arides.

- "Hâte d'y retourner" -

Vivek Raina,, un autre Cachemiri hindou, installé à Delhi, est hanté par la violence à laquelle sa famille a été confrontée pendant l'insurrection.

L'ingénieur en informatique de 37 ans évoque la mémoire d'un oncle resté au Cachemire qui a été abattu en pleine rue après avoir défié l'appel au blocage lancé par les séparatistes.

Il se souvient qu'enfant, il avait été giflé par un coiffeur parce qu'il avait réclamé une coupe de cheveux à la façon d'un champion de cricket indien plutôt que d'un Pakistanais.

Mais l'attrait du Cachemire reste puissant. "J'ai grande hâte d'y retourner et d'y faire des choses", dit-il. "Je m'intéresse à l'apiculture et à présent je sens que c'est possible."

Les experts ont mis en garde contre une violente réaction de la population locale, qui estime que New Delhi cherche à diluer la majorité musulmane de la région en permettant aux hindous de migrer vers ce territoire.

En 2015, le gouvernement indien a déclaré qu'il établirait des zones protégées pour les "rapatriés" hindous avec des écoles, des hôpitaux et des centres commerciaux. Mais l'opinion est divisée.

"Si nous parlons d'intégration, nous devons vivre ensemble avec nos voisins musulmans comme avant", estime M. Raina.

Après tant d'années passées à rêver d'un retour, nombreux sont toutefois ceux qui préfèrent attendre encore un peu.

"Mais nous retournerons assurément au Cachemire et nous en ferons à nouveau une partie de nous-mêmes", jure M. Kaul.

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