Deux Irano-Britanniques retenus en Iran depuis des années retrouvent la liberté

Publié le à Londres (AFP)

Après plusieurs années d'"enfer" en Iran, deux Irano-Britanniques condamnés à la prison pour des accusations qu'ils ont toujours niées ont recouvré la liberté mercredi et vont retrouver leurs proches au Royaume-Uni, épilogue heureux d'une longue et douloureuse saga.

Les libérations de Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori sont intervenues alors que les négociations en cours à Vienne entre les Européens, dont le Royaume-Uni, la Chine et la Russie avec l'Iran pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien semblent sur le point d'aboutir.

Londres a aussi annoncé mercredi avoir soldé "en parallèle" avec Téhéran une vieille dette de près de 400 millions de livres (476 millions d'euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

"Après des années de détention par le gouvernement iranien, les ressortissants britanniques Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori reviendront d'Iran aujourd'hui" et "seront réunis avec leurs familles", a indiqué la cheffe de la diplomatie Liz Truss.

Le cas de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, avait vivement ému au Royaume-Uni.

Cette employée de la Fondation Thomson Reuters, bras philanthropique de l'agence de presse éponyme, avait été arrêtée en avril 2016 après avoir rendu visite à sa famille avec sa fille de 22 mois. Accusée de complot pour renverser la République islamique, elle avait été d'abord condamnée à cinq ans de prison.

- "Tasse de thé" -

C'est "un grand soulagement (...) qu'elle revienne à la maison", a réagi son mari Richard Ratcliffe, qui se battait depuis des années pour sa libération et avait fait deux grèves de la faim pour attirer l'attention sur son sort. Le couple a une petite fille de 7 ans, Gabriella.

"Nous pouvons recommencer à être une famille normale", a-t-il ajouté, devant son domicile londonien. "La première chose qu'elle voulait toujours que je lui fasse, c'est une tasse de thé", a-t-il souri.

Tulip Siddiq, députée travailliste de la circonscription londonienne où vit Richard Ratcliffe, a tweeté une photo de la quadragénaire souriante, prise dans un avion. "Nazanin est maintenant dans les airs, quittant six ans d'enfer en Iran", a-t-elle écrit.

Anoosheh Ashoori, ingénieur à la retraite, avait lui été arrêté en août 2017 alors qu'il rendait visite à sa mère et condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d'Israël.

Alors que l'Iran retient plus d'une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, Liz Truss a indiqué que Londres continuerait à oeuvrer au départ d'Iran de Morad Tahbaz, un Irano-Américain ayant également la nationalité britannique, condamné à 10 ans de prison pour "conspiration avec l'Amérique", qui a bénéficié d'une libération conditionnelle.

- "Torture" -

La Fondation Thomson Reuters s'est déclarée "folle de joie" après la libération de Nazanin Zaghari-Ratcliffe. "Victime innocente d'un différend international, Nazanin a été utilisée comme tant d'autres comme pion politique. Son traitement a été totalement inhumain", a commenté son directeur, Antonio Zappulla.

"Nazanin a subi une souffrance inimaginable", a estimé l'ONG Redress qui suivait son cas. "Sa détention en Iran a toujours été illégale et son traitement équivaut à de la torture".

Richard Ratcliffe avait affirmé à plusieurs reprises que sa femme était l'"otage" d'un sinistre jeu politique portant sur une vieille dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d'un contrat d'armement et datant de l'époque du Chah d'Iran.

Mme Truss a indiqué mercredi que le gouvernement britannique avait soldé cette dette, "dans le plein respect des sanctions britanniques et internationales". Ces fonds, a-t-elle précisé, seront réservés uniquement à l'achat de biens humanitaires".

Pour Amnesty International, "Nazanin et Anoosheh n'auraient jamais dû être détenus en premier lieu - ils ont tous deux été emprisonnés sur la base d'accusations de sécurité nationale fabriquées de toutes pièces, une tactique habituelle en Iran".

Quatre ans après son arrestation, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait obtenu en mars 2020 une permission de sortie temporaire en raison de la pandémie de Covid-19 et été placée en résidence surveillée chez ses parents.

Mais arrivée en bout de peine, elle avait été de nouveau condamnée fin avril 2021 à un an de prison pour avoir participé à un rassemblement devant l'ambassade d'Iran à Londres en 2009. En octobre dernier, elle avait perdu son appel, faisant craindre à ses proches un retour en prison.

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