Droits humains: nouvelles sanctions américaines contre la Chine, la Corée du Nord et la Birmanie

Publié le à Washington (AFP)

Les Etats-Unis ont imposé vendredi une série de sanctions contre la Chine, la Corée du Nord et la Birmanie, visant notamment une société chinoise de reconnaissance faciale accusée de servir la surveillance de la minorité musulmane ouïghoure au Xinjiang et un studio d'animation nord-coréen.

Ces sanctions, appliquées dans le cadre de la loi "Magnitsky" qui vise à lutter contre la corruption et les atteintes aux droits humains, ont été annoncée pour la Journée internationale des droits humains.

"Plus d'un million de Ouïghours et de membres d'autres minorités ethniques majoritairement musulmanes sont détenus au Xinjiang" sous la direction d'Erken Tuniyaz, actuel président de cette région autonome du nord-ouest de la Chine, et de son prédécesseur Shohrat Zakir, indique dans un communiqué le ministère américain du Trésor.

Washington a sanctionné ces deux hommes pour leurs atteintes présumées aux droits humains, ainsi que la société SenseTime, qui conçoit des applications de reconnaissance faciale et d'image servant notamment à la surveillance des foules et à la vérification d'identité.

Cette entreprise chinoise a, selon le Trésor, "mis en avant sa capacité à identifier les Ouïghours portant une barbe, des lunettes de soleil et un masque" pour servir la surveillance policière au Xinjiang.

SenseTime est déjà placée depuis 2019 sur la liste noire américaine.

Longtemps frappée par des attentats, la vaste région du Xinjiang fait l'objet d'une sévère reprise en main par Pékin depuis plusieurs années.

Plus d'un million de Ouïghours ont ainsi été enfermés dans des centres de rééducation politique, selon des associations de défense des droits humains.

Pékin conteste ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle destinée à éloigner les "stagiaires" de la radicalisation.

Egalement visés par les sanctions américaines, les studios d'animation nord-coréens SEK ont une réputation internationale pour avoir notamment contribué à des succès planétaires comme "Le Roi Lion" ou "Pocahontas".

SEK a "utilisé un assortiment de sociétés écrans pour échapper aux sanctions visant le gouvernement de Corée du Nord et tromper les institutions financières internationales", affirme le Trésor.

Ces sanctions, les premières contre Pyongyang depuis la prise de fonction de Joe Biden, visent également le ministre nord-coréen de la Défense, Ri Yong Gil, et le Bureau central des procureurs publics, accusé de faire partie d'un "processus judiciaire impliquant des procès fondamentalement injustes".

L'université russe European Institute Justo et son directeur sont sanctionnés en lien avec la Corée du Nord pour avoir parrainé "des centaines de visas étudiants" pour des ouvriers nord-coréens employés en Russie.

Ces travailleurs génèrent "des revenus en monnaie étrangère" utilisés par le régime nord-coréen "pour soutenir ses programmes illégaux d'armes de destruction massive et de missiles balistique".

En Birmanie, quatre dirigeants régionaux et trois organisations liées au ministère de la Défense sont sanctionnées pour être "associés aux attaques du régime militaire contre la démocratie et leur répression brutale".

L'armée birmane a renversé le 1er février la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, mettant fin brutalement à une parenthèse démocratique de 10 ans.

Les sanctions américaines visent aussi le Bataillon d'action rapide de l'armée du Bangladesh, accusé de "graves violations des droits humains" dans la guerre lancée par le gouvernement contre le trafic de drogue.

Au total, 15 personnes et 10 entités sont sanctionnées pour leurs liens avec les violations des droits humains et les actes de répression dans le monde.

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