Election présidentielle sans surprise au Tadjikistan

Publié le à Douchanbe (Tadjikistan) (AFP)

Les électeurs du Tadjikistan sont appelés aux urnes dimanche, pour une élection présidentielle sans surprise que devrait remporter le chef de l'Etat sortant Emomali Rakhmon.

L'autoritaire dirigeant de ce pays d'Asie centrale devrait, à 68 ans, être élu pour un nouveau mandat de sept ans et ainsi devenir le dirigeant à la plus grande longévité dans l'ancien espace soviétique.

Sa candidature avait été proposée en août par les syndicats tadjiks, qui avaient expliqué leur décision par le fait que M. Rakhmon a contribué à la "restauration de l'unité nationale, de la paix et de la stabilité" dans ce pays miné par une guerre civile meurtrière dans les années 1990.

Le fils aîné du président, Roustam Emomali, 32 ans, est le maire de la capitale tadjike Douchanbé et président depuis avril du Sénat, la chambre haute du Parlement.

Selon la loi tadjike, dans le cas où le président de la République ne serait plus en mesure de gouverner, c'est le président du Sénat qui est censé le remplacer et devenir chef d'Etat par intérim.

- "Illusion de campagne" -

Le président Rakhmon fait face à quatre candidats qui ne sont considérés que comme des opposants de pure forme.

Leur rôle est "de donner une illusion de campagne à ce qui serait sans cela un non-événement", estime John Heathershaw, professeur de relations internationales à l'université d'Exeter au Royaume-Uni.

Les bureaux de vote doivent ouvrir dimanche à 01H00 GMT et fermer à 15H00 GMT. Les résultats sont attendus lundi matin.

Des électeurs interrogés par l'AFP à Douchanbé ont tous estimé que la réélection du président sortant n'était qu'une formalité, et étaient bien en peine de nommer l'un de ses adversaires.

"Celui qui gagne à chaque fois va encore l'emporter", a ainsi déclaré Abdukholik Faizov, un étudiant. "C'est évident. Nous attendons encore des élections libres".

Dirigé d'une main de fer par Emomali Rakhmon depuis 1992, le Tadjikistan, pays le plus pauvre d'Asie centrale avec plus de neuf millions d'habitants, n'a jamais organisé d'élections considérées comme honnêtes par les observateurs occidentaux.

Le pays, frontalier de l'Afghanistan, a connu une guerre civile entre le pouvoir pro-communiste et des rebelles intégristes musulmans qui a fait plus de 100.000 morts entre 1992 et 1997.

Le président Rakhmon est décrit par les médias officiels comme le seul capable de garantir la stabilité du pays. Il peut, aux termes d'une réforme constitutionnelle passée en 2016, enchaîner un nombre illimité de mandats.

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