Emirats: Kushner visite la base des F-35 très convoités

Publié le à Base aérienne Al Dhafra (Emirats arabes unis) (AFP)

Le conseiller de la Maison Blanche, Jared Kushner, a visité mardi la base aérienne d'Al Dhafra, près d'Abou Dhabi, où sont stationnés des avions de chasse américains F-35 que les Emirats arabes unis veulent acquérir mais Israël, leur nouveau partenaire, renâcle.

Le gendre du président américain Donald Trump est arrivé à Abou Dhabi lundi à la tête d'une délégation américano-israélienne en provenance de Tel-Aviv, à bord d'un avion de la compagnie israélienne El AL assurant le premier vol commercial direct entre les deux pays qui ont annoncé le 13 août un accord de normalisation de leurs relations.

Israël, qui a reçu ces dernières années des livraisons de F-35, a démenti des informations de presse selon lesquelles l'accord dépendait de la vente de cet avion furtif américain aux Emirats.

Historiquement, Israël s'oppose à la vente de F-35 aux autres pays du Moyen-Orient, y compris à la Jordanie et à l'Egypte -- pays avec lesquels il a signé des accords de paix --, car il veut y maintenir sa supériorité technologique.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a martelé que l'accord avec les Emirats n'incluait pas de clause concernant le F-35, affirmant avoir reçu "des garanties" des Etats-Unis que "l'avance" militaire de son pays serait maintenue.

C'est la politique du "Qualitative military edge" (QME) -- "avantage militaire qualitatif" -- appliquée depuis les années 1960 par les Etats-Unis, qui l'ont même gravée dans la loi il y a deux ans.

M. Kushner a assuré dès lundi que les Etats-Unis entendaient maintenir cet avantage "tout en faisant progresser nos relations militaires avec les Emirats", précisant que le sujet serait discuté dans les prochaines semaines.

- "Intérêts communs" -

La base d'Al Dhafra, la plus grande base aérienne des Emirats, abrite des appareils des forces émiraties, américaines et françaises. C'est la première du Moyen-Orient où le F-35 a été déployé, en 2019.

"Que les relations avec l'Amérique continuent à se développer et ensemble, grâce à leur solidité, (...) grandissent tandis que nous apportons davantage de paix et de prospérité au Moyen-Orient et au-delà", a écrit M. Kushner sur le livre d'or du site militaire.

Si les Emirats sont le premier pays du Golfe à normaliser leurs relations avec Israël, ses voisins ont aussi noué des liens de plus en plus publics ces dernières années avec l'Etat hébreu par intérêt économique et sécuritaire mais aussi, pour certains, du fait d'une inimitié commune à l'égard de l'Iran.

En accueillant M. Kushner et le conseiller américain à la sécurité nationale, Robert O'Brien, sur la base aérienne, le général de division émirati, Falah Al Qahtani, a présenté son pays comme un partenaire fiable dans une région "complexe et instable".

"Notre relation est fondée sur une vision commune de la menace qui pèse sur nos intérêts communs. Nous sommes amis. Nous sommes des partenaires stratégiques. Nous sommes pareils", a ajouté celui qui est sous-secrétaire adjoint au ministère émirati de la Défense.

- Lune de miel -

Une querelle à propos du F-35 pourrait être le premier écueil dans la lune de miel des deux nouveaux partenaires.

M. Netanyahu s'est clairement opposé à ce que les Emirats soient les prochains sur la liste des acquéreurs. Et il a enfoncé le clou le 24 août, en présence du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo: "Je dois dire simplement que cet accord ne comprend pas l'acceptation par Israël d'un quelconque accord sur des armes".

Le ministre d'Etat émirati des Affaires étrangères, Anwar Gargash, a pourtant affirmé que la question était "sur la table", rappelant qu'Abou Dhabi faisait part de son intérêt pour le F-35 depuis six ans.

Pour Yoel Guzansky, analyste à l'Institut d'études de sécurité nationale en Israël, la question est en effet au centre de l'accord israélo-émirati considéré comme un accomplissement de l'administration Trump.

"Sans la possibilité d'acheter le F-35, (les Emiratis) n'auraient pas signé l'accord" de normalisation, a-t-il déclaré à l'AFP.

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