Emmanuel Macron recadre le débat sur la fiscalité carbone

Publié le à Paris (AFP)

A peine relancé, le débat sur la taxe carbone a été immédiatement recadré mercredi par Emmanuel Macron, pour qui une "hausse de la fiscalité" n'est pas la réponse à la "colère" exprimée par le mouvement des "gilets jaunes".

"Le président a souligné que nous étions entrés dans ce moment, le 17 novembre dernier, suite à une hausse de la fiscalité et ce n'est sans doute pas par une hausse de la fiscalité qu'on répondra à la colère qui s'est exprimée", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à la sortie du Conseil des ministres.

"Le président de la République l'a rappelé: sa conviction c'est que nous ne sortirons pas d'une crise qui a commencé par un impôt supplémentaire, en en créant un nouveau", a insisté M. Griveaux, selon lequel la question posée par le grand débat est davantage celle de "l'accompagnement" des Français dans la transition écologique que la hausse des taxes.

Accusée d'avoir mis le feu aux poudres à l'automne dernier, la taxe carbone avait été sacrifiée sur l'autel des "gilets jaunes". Mais depuis le début de la semaine, les avocats de cet "outil efficace", ministres ou députés, ont retrouvé de la voix, même s'ils ont bien conscience de marcher sur des œufs.

Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique, avait allumé la mèche dimanche en défendant un "outil en faveur de la transition écologique, qui a un vrai impact parce qu'il envoie un signal prix qui permet aux gens de changer leur comportement".

Le lendemain, elle recevait le soutien de sa collègue Emmanuelle Wargon, l'une des deux animatrices du grand débat, et du patron de La République en marche, Stanislas Guerini, qui invitaient à en débattre.

La hausse de la taxe carbone, prévue dès 2014, avait été suspendue puis annulée pour 2019, mais le gouvernement est resté flou pour 2020 et au-delà, renvoyant au grand débat.

"Aujourd'hui je ne vois pas d'hypothèse dans laquelle on peut facilement repartir avec une augmentation de cette taxe, ça, c'est clair. Mais il faut se poser la question du système fiscal qu'on veut", avait prudemment expliqué Édouard Philippe fin janvier sur France Inter.

Mais les défenseurs de la taxe ont l'impression de bénéficier de nouveaux vents porteurs, alors qu'un collectif d'étudiants d'Ile-de-France appelle à faire grève et à manifester vendredi pour que "cesse l'inaction politique face au dérèglement climatique".

- Une fiscalité "juste socialement" -

A l'initiative du député Matthieu Orphelin (ex-LREM), un proche de Nicolas Hulot, une tribune signée par 86 députés plaide dans Le Figaro de mercredi pour "une fiscalité carbone juste socialement".

Les représentants de cinq groupes politiques ont signé cette tribune, mais pas les députés Les Républicains, LFI ou du Rassemblement national.

Mais attention! "Ce n'est pas le retour de la taxe carbone telle qu'elle a été envisagée et qui a été la goutte d'eau ou l'étincelle qui a lancé cette mobilisation des +gilets jaunes+", a averti sur Franceinfo M. Orphelin, désormais député non-inscrit, qui ne veut pas "refaire l'erreur" de 2018.

La tribune serait plutôt selon lui un appel "à une réflexion globale (sur) une fiscalité écologique plus juste socialement".

Cet appel a immédiatement reçu des renforts de poids, assortis toutefois de précautions.

"Reprendre la hausse de la taxe carbone ? J'y suis favorable sous certaines conditions. Le Grand Débat est l'occasion d'en discuter", a réagi sur Twitter le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

"Il ne faut pas que ce soit une taxe vache à lait, il faut que ce soit une taxe comportementale. Ça suppose que les recettes de cette taxe aillent intégralement à ceux qui en ont le plus besoin", a mis en garde Brune Poirson sur le site l'Opinion.

Ce retour de la taxe carbone a déclenché une levée de boucliers d'une partie de l'opposition, de gauche comme de droite.

"Ceux qui ont signé n'ont vraiment rien compris, le gouvernement non plus, la taxe revient par la fenêtre alors qu'elle avait été éjectée par la porte, c'est ahurissant", s'est notamment indigné le député LR Éric Ciotti.

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