Entre présidentielle et législatives, un 1er-Mai très politique

Publié le à Paris (AFP)

Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues dans les rues de toute la France dimanche pour la traditionnelle Journée internationale du travail, à l'appel de nombreux syndicats et associations, qui espèrent faire entendre, une semaine après le second tour de la présidentielle, leur souhait d'une politique plus sociale et plus écologique.

"Il faut que la mobilisation du 1er-Mai soit la plus massive possible... Les citoyens, au-delà des syndicats, doivent aller dans la rue pour que les exigences sociales et environnementales soient portées haut et fort", a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez dans Le Parisien samedi.

"C'est plutôt une bonne chose que les syndicats en ce 1er mai, une semaine après le 2e tour, montrent un visage uni, parce qu'on a des vrais défis à relever avec l'ensemble du monde du travail pour ce début de quinquennat", a-t-il ajouté dimanche sur RMC.

Au total 255 points de rassemblement sont prévus dans le pays, selon la secrétaire confédérale CGT Céline Verzeletti, qui s'attend à une bonne mobilisation, même si ce 1er mai tombe un dimanche et pendant les vacances scolaires pour les zones A et C.

A Marseille, sous un grand soleil, plusieurs milliers de manifestants se sont élancés dans la matinée du Vieux-Port, et croisaient des supporters de l'OM en balade avant le match du soir (OM-OL). Sous un drapeau "pour l'union populaire", Martine Haccoun, médecin retraitée de 65 ans, est venue "montrer qu'on n'a pas donné à Macron un blanc-seing pour 5 ans, on a voulu faire barrage à Mme Le Pen". Ce 1er mai lui paraît spécialement important face "à la destruction de l'hôpital public" notamment.

Du côté des enseignants, Virginie Akliouat, responsable du Snuipp FSU13, qui regrette une "libéralisation de l'école publique", veut aussi adresser un message au président, pour "qu'il sache que les cinq prochaines années, il nous trouvera sur sa route".

La manifestation parisienne partira à 14H30 de la place de la République, en direction de la place de la Nation.

De nombreuses figures politiques de gauche sont attendues, au premier rang desquelles Jean-Luc Mélenchon (LFI). Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou devrait également défiler dans la capitale, de même, sans doute, que son homologue du PS Olivier Faure. Le candidat PCF à la présidentielle, Fabien Roussel, d'abord annoncé à Lille, a finalement décidé de défiler à Valenciennes.

Dans le contexte de négociations difficiles pour parvenir à un accord de toute la gauche en vue des législatives, M. Bayou a évoqué vendredi la possibilité pour la gauche de défiler sous une "bannière commune". Mais M. Mélenchon a un peu douché ces ardeurs dans le JDD samedi: "La photo de famille du 1er Mai, ce n'est pas le sujet! Le sujet, c'est le contenu du programme social qu'on appliquera".

En 2021, les organisateurs avaient revendiqué plus de 170.000 manifestants, dont 25.000 à Paris. Le ministère de l'Intérieur avait quant à lui dénombré 106.650 manifestants en France, dont 17.000 dans la capitale.

- La réforme des retraites en ligne de mire -

Au premier rang des revendications de l'intersyndicale CGT-Unsa-FSU-Solidaires, rejointes par les organisations étudiante et lycéennes Unef, VL, MNL et FIDL, "les questions des salaires, des services publics, de protection sociale et de transition écologique", selon un communiqué du 7 avril.

Contrairement à l'année dernière, la confédération Force Ouvrière n'a pas signé cet appel national. "Je serai à la manifestation à Paris. Dans d'autres départements il y aura des manifestations conjointes avec d'autres organisations syndicales", a cependant indiqué dimanche sur France Inter le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, soulignant que la France est un "pays de pluralisme syndical".

Dans la matinée, M. Veyrier devait comme à l'accoutumée rendre hommage aux combattants de la Commune, devant le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise.

La CFDT, premier syndicat de France, fait sans surprise bande à part, en organisant un "1er mai engagé pour le climat".

Dans la ligne de mire des organisations syndicales, la réforme des retraites, alors qu'Emmanuel Macron a fait du recul de l'âge légal de départ à 64 puis 65 ans un point cardinal de son programme.

Leur inquiétude est d'autant plus vive que le ministre de l'Economie Bruno Le Maire n'a pas exclu d'utiliser l'arme du 49-3 pour faire adopter la réforme.

Les associations et ONG mobilisées sur les questions environnementales seront également de la partie, à l'appel du collectif Plus jamais ça.

Alors que les dernières manifestations du 1er-Mai ont été émaillées d'incidents, la police s'attend à la présence à Paris de plusieurs centaines de militants d'ultra-gauche et d'ultra-droite et jusqu'à un millier de Gilets jaunes.

Elle anticipe aussi la possible formation de blocs radicaux au sein du cortège parisien, "susceptibles de s'en prendre aux forces de l'ordre et au mobilier urbain". Des militants radicaux sont aussi attendus ailleurs, notamment à Rennes.

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