Eruption à La Palma: les cendres obligent de nouveau à fermer l'aéroport

Publié le à Île de La Palma (Espagne) (AFP)

La pluie de cendres crachée par le volcan Cumbre Vieja a obligé jeudi les autorités à fermer de nouveau l'aéroport de l'île espagnole de La Palma, où la lave continuait de couler sans interruption au dix-neuvième jour de l'éruption.

"L'aéroport n'est plus opérationnel", a indiqué à l'AFP une porte-parole d'Aena, le gestionnaire des aéroports espagnols, ajoutant qu'il fallait "procéder au nettoyage des cendres" qui s'amoncellent sur les pistes avant de pouvoir le rouvrir.

Cette fermeture, la deuxième depuis le début de l'éruption du volcan le 19 septembre, devrait durer "en principe toute la journée", a-t-elle ajouté.

Selon un porte-parole de l'Institut volcanologique des Canaries (Involcan), le volcan crache "beaucoup de cendres" qui retombent sur l'aéroport car le vent a "changé de direction.

Dès mercredi soir, la compagnie aérienne Binter avait averti qu'elle annulait tous ses vols prévus jeudi en raison du nuage de cendres. Elle a été suivie jeudi matin par sa concurrente Canaryfly.

Les cendres crachées par le volcan avaient déjà entraîné la fermeture de l'aéroport le 25 septembre. Si son gestionnaire l'avait rouvert dès le lendemain, les compagnies n'avaient repris leurs vols que quatre jours plus tard.

Après deux semaines et demi sans répit pour cette petite île de 85.000 habitants de l'archipel des Canaries, située à l'ouest des côtes africaines, le flot de lave ne se tarissait pas et la fin de l'éruption, la première depuis 50 ans, ne semblait pas se profiler, selon les scientifiques.

- Une péninsule de 39 hectares -

Selon un journaliste de l'AFP sur place, le flot de lave rougeoyante s'écoulant du volcan pouvait toujours se voir à des kilomètres à la ronde dans la nuit de mercredi à jeudi.

Jeudi matin, des images diffusées par l'Institut géologique et minier espagnol (IGME) montraient un épais nuage de fumée noire s'échappant du cratère du Cumbre Vieja.

L'éruption n'a fait aucun mort ni blessé. Mais elle a entraîné au total l'évacuation de plus de 6.000 personnes dont certaines ont tout perdu sous la lave.

Les coulées ont dévasté une partie de l'île où, selon les autorités, plus de 1.000 bâtiments ont été détruits par la lave qui recouvre 422 hectares.

La lave, dont la température dépasse les 1.000 degrés, a parcouru plus de six kilomètres, recouvrant tout sur son passage avant d'aller se déverser dans l'Océan atlantique où elle s'est solidifiée au contact de l'eau et a créé une sorte d'avancée sur la mer de quelque 39 hectares, selon les dernières données fournies à l'AFP par Involcan.

En 100 ans, l'île n'avait vécu que deux éruptions, celle du San Juan en 1949 et celle du Teneguía en 1971. Elles avaient fait au total trois morts, dont deux par inhalation de gaz, mais avaient causé beaucoup moins de dégâts, l'île étant beaucoup moins peuplée à l'époque.

Fortement dépendante de la culture de la banane, sa principale ressource avec le tourisme, La Palma est très préoccupée par l'impact de cette éruption sur le secteur agricole, qui occupe 10% des 70.000 hectares de l'île.

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