Espagne: les nouveaux ministres nommés par Pedro Sánchez ont pris leurs fonctions

Publié le à Madrid (AFP)

Les sept nouveaux ministres nommés par le Premier ministre Pedro Sánchez ont pris leurs fonctions lundi, avec pour mission de donner un nouvel élan à l'action gouvernementale, usée par la crise du Covid-19 et une série de revers politiques.

Parmi eux se trouve le nouveau chef de la diplomatie, José Manuel Albares, un diplomate de carrière né en 1972 à Madrid qui était jusqu'alors ambassadeur à Paris.

Dans une brève allocution lors de sa prise de fonction, M. Albares a esquissé ses priorités, mentionnant notamment l'impact de la pandémie de Covid-19 sur l'image de l'Espagne et les difficiles relations avec le Maroc voisin.

Concernant le Covid, M. Albares a souligné que l'appareil diplomatique dont il a maintenant la charge doit expliquer à l'étranger que l'Espagne "est un pays sûr pour venir y passer son été".

L'explosion des cas de Covid depuis quelques jours en Espagne, essentiellement parmi les jeunes, dont très peu sont vaccinés, a provoqué des réactions négatives à l'étranger, faisant peser une menace sur la saison touristique, essentielle pour la relance de l'économie espagnole.

M. Albares a également affirmé qu'il voulait "renforcer encore plus nos relations" avec le Maroc, "notre grand voisin et ami du Sud".

Ces paroles ont sans doute été accueillies avec beaucoup de satisfaction par les autorités marocaines, qui entretenaient des relations exécrables avec la prédécesseur de M. Albares, Arancha González Laya, depuis qu'elle avait autorisé en avril le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, ennemi juré de Rabat, à venir se faire soigner du Covid en Espagne.

Cette décision avait provoqué une grave crise diplomatique entre Madrid et Rabat, le Maroc exerçant des représailles en favorisant l'entrée de quelque 10.000 jeunes migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta.

Une partie de la presse espagnole estime que le départ de Mme González Laya a pour but de calmer la colère de Rabat et de remettre sur les rails les relations avec le Maroc, dont l'aide est essentielle dans la lutte contre l'immigration clandestine.

- deuxième souffle -

Parmi les autres ministres qui ont prêté serment lundi matin devant le roi Felipe au palais de la Zarzuela, figuraient cinq nouvelles femmes, M. Sánchez ayant renforcé de manière significative leur présence au gouvernement, puisque celui-ci compte désormais 14 femmes pour huit hommes.

Le remaniement n'a pas remis en cause l'alliance entre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de M. Sánchez et le parti de gauche radicale Podemos, qui conserve ses cinq portefeuilles, les titulaires de ceux-ci n'ayant pas changé. Cette alliance ne dispose pas d'une majorité au Parlement.

Pour la presse espagnole, le remaniement, le plus important effectué par M. Sánchez depuis l'investiture de son gouvernement en janvier 2020, avait pour but de redonner un deuxième souffle à une équipe en grandes difficultés, comme l'a montré la déroute subie par les socialistes et Podemos le 4 mai lors des élections locales dans la région de Madrid.

Depuis, la décision de M. Sánchez, en juin, de gracier les neuf responsables indépendantistes catalans emprisonnés pour la tentative de sécession de 2017 dans cette région du nord-est de l'Espagne a encore accru la perte de confiance de l'opinion publique dans son gouvernement, selon les enquêtes d'opinion.

Le nouveau gouvernement se réunira pour la première fois mardi à l'occasion du Conseil des ministres.

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