Extradition d'une cadre de Huawei: une douanière canadienne se défend

Publié le à Vancouver (AFP)

Une douanière canadienne, qui a participé à l'interpellation d'une cadre de Huawei arrêtée fin 2018 à la demande des Etats-Unis, a affirmé mercredi devant un tribunal canadien qu'elle avait prié la police canadienne de ne partager "en aucun cas" les mots de passe de ses appareils électroniques, ce que cette dernière aurait toutefois fait, selon la défense.

Meng Wanzhou, fille du fondateur du numéro deux mondial des smartphones, fait l'objet d'une demande d'extradition des Etats-Unis, qui lui reprochent d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran.

Le témoignage a été entendu dans le cadre d'une nouvelle série d'audiences et à la veille du deuxième anniversaire de l'arrestation de deux Canadiens en Chine, considérée en Occident comme des représailles.

La défense de Mme Meng a jusqu'à présent tenté de faire échouer la procédure d'extradition en contestant les conditions de son interpellation.

Mme Meng avait notamment dû donner les mots de passe de ses appareils électroniques aux douaniers, qui les avaient transmis à la police fédérale canadienne.

Cette dernière les aurait ensuite envoyé au FBI américain, selon les avocats qui dénoncent une "collusion" entre les autorités canadiennes et la police fédérale américaine.

Mercredi, Nicole Goodman, une responsable de l'ASFC (Agence des services frontaliers du Canada), a déclaré qu'elle avait tenté de récupérer les mots de passe transmis par l'un de ses subordonnés à la GRC (Gendarmerie royale du Canada).

Elle a déclaré avoir précisé à un policier canadien que la transmission de ces codes n'était pas autorisée, étant donné qu'il s'agissait de "renseignements de l'ASFC".

"Je lui ai dit qu'en aucun cas les codes ne devaient être utilisés ou partagés", a-t-elle soutenu. "Il m'avait assuré qu'ils ne feraient pas ça", a-t-elle poursuivi.

L'arrestation de Meng Wanzhou le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver a provoqué une crise diplomatique majeure entre la Chine et le Canada.

Quelques jours plus tard, le 10 décembre, la Chine arrêtait l'ex-diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor.

"Ces deux Canadiens resteront une priorité absolue de notre gouvernement et nous continuerons de travailler sans relâche pour obtenir leur libération immédiate", a estimé mercredi le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, sur Twitter.

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