"Forte mobilisation" en France pour une "vraie loi climat", à la veille de l'examen au Parlement

Publié le à Paris (AFP)

Pari gagné pour les partisans d'une "vraie loi climat", qui ont salué une "forte mobilisation" à travers le pays pour réclamer que le projet du gouvernement aille beaucoup plus loin, à la veille de son examen à l'Assemblée.

Un total de 44.000 personnes ont manifesté sur le territoire, selon le ministère de l'Intérieur.

Pour les organisateurs du mouvement, ils étaient quelque 110.000 a avoir battu le pavé dans de nombreuses villes de France, dont 55.000 à Paris et 10.000 à Lyon.

L'appel à manifester a été rejoint par des dizaines d'ONG, syndicats et partis pour dénoncer le "manque d'ambition" du projet de loi "climat et résilience", sensé traduire une bonne partie des propositions de la Convention citoyenne pour le climat.

Cet exercice démocratique inédit, convoqué par Emmanuel Macron dans la foulée de la crise des Gilets jaunes, a vu 150 citoyens tirés au sort et formés par les meilleurs experts du climat pour proposer des mesures permettant de "réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France d'au moins 40% dans un esprit de justice sociale".

Mais pour les militants écolos, il ne reste pas grand chose des 149 propositions de la convention une fois passées à la moulinette du gouvernement, accusé d'avoir cédé aux lobbies économiques, loin de la promesse d'Emmanuel Macron aux "citoyens" de transmettre leurs mesures "sans filtre".

Bon nombre des 150 s'étaient d'ailleurs joints à l'appel à manifester, à l'image de Nadine Breneur, membre de la CCC défilant à Strasbourg (1.100 participants, selon la préfecture): "Les textes ont été modifiés, dilués, voire mis de côté, je me sens trahie".

A Rennes (1.700 personnes selon la police, plus de 2.000 selon les organisateurs), Grégory dos Santos, un autre des 150 est lui aussi amer: "La loi climat telle qu'elle est aujourd’hui, c’est une coquille vide. Il faut des marches comme ça pour qu'il se passe quelque chose".

- Sans filtre enfumé -

A Paris, un foule nombreuse a défilé derrière une banderole "Pour une vraie loi climat: Stop au blabla" dans un cortège festif, animé par des musiciens.

Les manifestants rivalisaient de pancartes dénonçant l'attitude du président de la République. "Macron, ta loi en carton, c'est la poubelle jaune" se taillait un franc succès, comme les variations sur "Sans filtre, tu nous enfumes".

"Il n'y a pas de négociations possibles avec le climat, c'est une course contre la montre", martelait le réalisateur et militant écolo Cyril Dion, promoteur puis "garant" de la CCC avant de dénoncer la mise en oeuvre de ses propositions par l'exécutif, qui "ne permet absolument pas à la France de tenir ses objectifs" en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre".

Une autre figure tutélaire de la CCC, l'économiste Laurence Tubiana, cheville ouvrière de l'accord de Paris sur le climat de 2015 et coprésidente du comité de gouvernance de la convention, défilait à Montpellier.

"Les Français demandent plus de la part de leurs députés et de leur gouvernement: une vraie loi climat ambitieuse où le volet social est le pivot de cette transition nécessaire", a-t-elle déclaré à l'AFP.

De nombreux manifestants appelaient eux aussi les parlementaires à améliorer le projet de loi, sur lequel quelque 7.000 amendements ont été déposés. Tout comme, paradoxalement, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, qui a perdu un certain nombre d'arbitrages lors de la préparation du texte.

"Je continue à me battre pour avoir les mesures les plus ambitieuses possibles," a-t-elle déclaré sur France Inter, disant "espérer" que les parlementaires pourraient encore voter certaines "avancées". Elle a toutefois assuré que le texte resterait comme "une des plus grandes lois du quinquennat".

Interrogée sur les manifestations, dont le succès n'était pas encore apparent quand elle s'exprimait, la ministre a assuré que "les marches pour le climat, c'est très bien qu'elles existent". "Je suis heureuse que cette préoccupation soit toujours là".

Les organisateurs appellent en tout cas déjà à défiler le 9 mai "si la loi est votée en l'état".

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