G7: Washington présente sa nouvelle approche sur le dossier nord-coréen

Publié le à Londres (AFP)

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a entamé lundi à Londres la première rencontre en personne des ministres des Affaires étrangères du G7 depuis deux ans, en présentant l'approche de l'administration Biden sur la Corée du Nord, déjà dénoncée par Pyongyang.

Sur fond de pandémie de Covid-19 ravageant l'Inde à l'heure où l'horizon s'éclaircit pour les pays occidentaux, le Royaume-Uni accueille les chefs de la diplomatie du club des pays riches, pour préparer la sortie de la crise sanitaire et le sommet du G7 le mois prochain dans le Sud-Ouest de l'Angleterre.

Inde, Corée du Sud, Afrique du Sud et Brunei, qui préside l'Asean, l'Association des pays d'Asie du Sud-Est, ont été invités pour ces trois jours de discussions. Celles-ci aborderont également les tensions croissantes avec la Russie et la Chine, ainsi que les pourparlers pour remettre sur pied l'accord nucléaire iranien.

Avec un arsenal de strictes mesures anti-Covid, Antony Blinken a rencontré séparément ses homologues japonais et sud-coréen quelques jours après que Joe Biden a passé en revue la politique américaine à l'égard de la Corée du Nord.

"Nous sommes très reconnaissants d'avoir cette occasion de tenir des discussions approfondies avec les Etats-Unis après les conclusions de la revue de votre politique", a déclaré le chef de la diplomatie sud-coréenne Chung Eui-yong, saluant "le message très positif et ouvert" de Joe Biden au Congrès la semaine dernière.

Le président américain a affirmé qu'il utiliserait "la diplomatie tout autant qu'une dissuasion sévère" pour contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Selon le département d'Etat américain, Antony Blinken et ses homologues japonais et sud-coréen se sont mis d'accord sur le but commun d'aller vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

- Voie intermédiaire -

Le président américain Joe Biden a demandé un examen de la politique américaine envers la Corée du Nord, après l'approche hautement personnalisée de son prédécesseur Donald Trump et ses trois rencontres taillées pour les télévisions avec Kim Jong Un.

Cette évaluation propose un terrain d'entente en s'éloignant de la tentative ambitieuse, mais finalement infructueuse, de M. Trump de parvenir à un accord de grande envergure qui, après sept décennies, pourrait enfin mettre officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais la Maison Blanche veut aussi discuter avec la Corée du Nord, un changement par rapport à la politique de "patience stratégique" de l'ancien président Barack Obama, qui consistait à maintenir Pyongyang à distance jusqu'à ce que son comportement change.

La Corée du Nord a dénoncé dimanche l'approche de Joe Biden, affirmant qu'il conserve une "politique hostile" en vigueur depuis un demi-siècle.

"La soi-disant +diplomatie+ américaine est une pancarte fallacieuse destinée à couvrir leurs actes hostiles, et la +dissuasion+ annoncée est simplement un moyen de poser des menaces nucléaires", a récemment déclaré un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun.

Les Etats-Unis s'attendaient à une réaction stridente de Pyongyang qui avait en 2019 décrit M. Biden comme un "chien enragé" qui "doit être battu à mort avec un bâton".

Antony Blinken a également évoqué la Birmanie à la fois avec le Japon et Brunei, un peu plus d'une semaine après que les dirigeant de l'Asean ont invité le chef de la junte à un sommet et appelé à la fin des violences.

M. Blinken et son homologue japonais Toshimitsu Motegi se sont entretenus au sujet "du besoin urgent de mettre la Birmanie de retour sur la voie de la démocratie et de demander des comptes à la junte militaire", selon le département d'Etat américain.

Les forces de sécurité birmanes ont tué des centaines de personnes en réprimant des manifestations quasi-quotidiennes, tandis que la violence ethnique s'est également accrue.

La Corée du Nord se trouve avec l'Iran au menu des discussion du dîner d'ouverture du sommet.

Washington et Londres ont tempéré les informations selon lesquelles Téhéran va libérer leurs citoyens respectifs détenus en Iran.

La diplomatie britannique a affirmé dimanche que les "discussion légales se poursuivent", au sujet de l'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, récemment condamnée en Iran à une nouvelle peine de prison et dont le traitement relève selon Londres de la "torture".

Après le G7 qui se tient à Londres jusqu'à mercredi, le secrétaire d'Etat américain se rendra à Kiev pour témoigner du soutien "indéfectible" des Etats-Unis à l'Ukraine après le déploiement de troupes russes à la frontière, sur fond de relations tendues avec la Russie.

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