Glasgow: tensions dans les tribunes, complicité en coulisses

Publié le à Glasgow (AFP)

A Glasgow, la puissance de l'ennemi n'est pas forcément une menace, c'est aussi une nécessité : peu importe le ressentiment dans les tribunes, le Celtic et les Rangers ne peuvent se passer l'un de l'autre, financièrement comme sportivement.

Les derbies sont l'assurance d'un stade plein - au moins trois fois par an en championnat, souvent quatre (car le championnat écossais compte 12 clubs mais 38 journées, ndlr), avec en plus un ou deux autres "Old Firm" en coupes - et d'un suspense accru tout au long de la saison. C'est d'autant plus important que les droits télé du fade Championnat d'Ecosse sont faibles.

C'est même l'une des explications avancées pour le surnom du match. Le nom "Old Firm" (la "Vieille Firme") viendrait des bénéfices générés par le derby.

Les récents déboires des Rangers, mis en liquidation judiciaire et relégués administrativement en quatrième division en 2012, ont coûté cher au Celtic.

Selon le directeur des "Hoops" Peter Lawwell, le coup de moins bien des Rangers a coûté une cinquantaine de millions d'euros de manque à gagner au Celtic. Et c'est beaucoup pour un club dont le budget, le plus important au nord du Mur d'Hadrien, tourne autour des 60-70 millions d'euros par saison.

Heureusement, les "Gers" sont remontés en Scottish Premier League cette saison et les deux ennemis vont pouvoir négocier ensemble les nouveaux contrats publicitaires comme ils le faisaient depuis la fin des années 1990.

Mais il n'y a pas que l'argent. Sportivement aussi, le challenge n'est pas le même.

Année après année, les deux géants écossais sont quasiment les deux seuls à pouvoir prétendre au titre national avec 101 sacres à eux deux sur les 120 saisons du championnat écossais.

Sans les Rangers, les "Bhoys" du Celtic ont eu la vie facile en Ecosse où ils ont terminé premiers cinq fois de suite, avec au minimum quinze longueurs d'avance sur le deuxième.

Problème, ils n'ont pas forcément su élever leur niveau de jeu sur la scène européenne.

"Je pense que la raison pour laquelle le Celtic a eu si peu de réussite en Europe sur les deux ou trois dernières saisons, c'est qu'ils n'ont pas été remis en question", estime ainsi David Potter, auteur de plusieurs ouvrages sur le club. "Il n'a pas été mis à l'épreuve comme il l'aurait été par une forte équipe des Rangers."

Avec le retour dans l'élite des Rangers, l'Ecosse peut se remettre à rêver d'épopée européenne. Ou mieux, d'un "Old Firm" en Ligue des champions.

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