Guatemala : accord indigènes-gouvernement pour tenter de régler un sanglant conflit foncier

Publié le à Santa Catarina Ixtahuacán (Guatemala) (AFP)

Les centaines d'indigènes au Guatemala qui ont bloqué la route Panaméricaine deux jours consécutifs ont levé leur barrage mardi, après être tombés d'accord avec le gouvernement pour entamer un dialogue en vue de régler un vieux conflit foncier entre deux villages ayant fait 13 morts le week-end dernier.

Munis de pierres, de pneus, de branches d'armes et de blocs de béton, les manifestants de la municipalité de Santa Catarina Ixtahuacán avaient fermé lundi et sept heures durant mardi la Panaméricaine au km 170, dans l'ouest du Guatemala.

"Dans la première quinzaine de janvier, un dialogue va commencer, dans lequel la question de la délimitation" des territoires avec la ville voisine de Nahualá sera abordée, a déclaré à l'AFP Mateo Tzep, 42 ans, un leader communautaire de Santa Catarina Ixtahuacán.

L'accord a été conclu après que les dirigeants du mouvement ont rencontré les autorités gouvernementales dans la capitale Guatemala.

C'est à l'endroit où la route avait été bloquée que des manifestants et des proches ont veillé lundi 11 des 13 personnes tuées, dont des enfants, dans des affrontements. Leurs cercueils avaient été alignés sur la chaussée, entourés de fleurs, d'encens et de photographies des victimes.

"La population veut la paix et la tranquillité et une solution immédiate, parce que ce que nous demandons est simplement une délimitation" avec la municipalité voisine de Nahuala, a dit à l'AFP le chef communautaire Francisco Tambriz, âgé de 51 ans.

Le conflit foncier entre les deux villages habités par des communautés indigènes maya dure depuis plus de 100 ans et a suscité de nombreux épisodes de violences.

Samedi, la police a annoncé que 13 personnes, dont trois enfants d'une même fratrie, avaient été assassinées dans le village de Chiquix, à côté de Nahuala. Deux policiers ont également été blessés et une voiture de patrouille avec des impacts de balles a été retrouvée sur les lieux ainsi qu'un camion à moitié incendié, selon la police.

Les victimes, originaires de Santa Catarina Ixtahuacan et qui allaient récolter du maïs, ont été prises dans une embuscade perpétrée par des hommes armés. Trois hommes soupçonnés d'être responsables du massacre ont été arrêtés.

Après cette attaque, le président Alejandro Giammattei a décrété un état de siège qui restreint les droits constitutionnels tels que les manifestations et l'usage d'armes dans les deux communautés indigènes.

En mai l'an dernier, après une nouvelle escalade de violence dans cette région, le président avait déjà décrété l'état de siège et tenté d'instaurer un dialogue entre communautés, qualifié d'"échec" par la communauté de Santa Catarina Ixtahuacán.

Au Guatemala, les communautés indigènes, dont la majorité des membres vit dans la pauvreté, représentent plus de 40% des 17 millions d'habitants.

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