Guatemala: éruption du volcan de Fuego et évacuation de 4.000 habitants

Publié le à Escuintla (Guatemala) (AFP)

Une nouvelle éruption du volcan de Fuego au Guatemala a conduit à l'évacuation lundi de près de 4.000 habitants de villages menacés, faisant craindre une catastrophe semblable à celle de juin qui avait fait 194 morts et 234 disparus.

Le Fuego, qui culmine à 3.763 mètres à 35 km au sud-ouest de la capitale Guatemala, a déchaîné sa cinquième éruption de l'année dimanche matin, quelques heures seulement après le départ des 22 délégations de chefs d'Etat et de gouvernement et de ministres au sommet ibéro-américain d'Antigua, situé au pied du Fuego.

Conformément à l'alerte rouge décrétée par les autorités, 3.925 habitants de villages proches du volcan ont été évacuées par les organisations de secours, a indiqué à la presse Walter Monroy, sous-directeur de la Coordination nationale pour la réductions des catastrophes (Conred).

Plus de 2.000 d'entre eux sont hébergés dans quatre refuges aménagés par les autorités, tandis que les autres ont été accueillis chez des proches, a précisé ce responsable de la sécurité civile.

- Des colonnes de cendres à plus de 1.000 mètres -

Le principal de refuge a été installé au stade de football de la petite ville de Escuintla.

L'éruption projette des colonnes de cendres jusqu'à plus de mille mètres au dessus du cratère, provoquant des pluies de cendres qui pourraient atteindre la ville touristique d'Antigua, selon l'Institut national de vulcanologie guatémaltèque (Insivumeh).

De la lave est également projetée à environ 500 mètres au dessus du cratère, provoquant sur le flanc ouest du volcan des nuées ardentes : un mélange meurtrier de gaz, de cendres et de roches en fusion, a indiqué l'Insivumeh.

L'activité du Fuego est de "haute à très haute", selon le directeur de l'Institut, M. Juan Pablo Oliva. La durée prévisible de l'éruption est inconnue : la précédente a duré quatre jours, du 6 au 9 novembre.

Le 3 juin dernier, une nuée ardente --un phénomène semblable à celui qui a détruit Pompéi (sud de l'Italie) en 79 av. JC-- a rasé le village de San Miguel Los Lotes, faisant 194 morts et 234 disparus.

Cette éruption meurtrière avait également couvert de cendres les terres et les villages sur des dizaines de kilomètres à la ronde, provoquant la fermeture de l'aéroport de la capitale. Plus de 3.340 réfugiés de cette catastrophe sont toujours hébergés dans des campements de fortune en l'attente de nouveaux logements.

- "Nous avons toujours peur" -

Cette fois, les habitants des villages menacés, terrifiés par le souvenir de la catastrophe de juin, ont fui en pleine nuit leurs maisons : "Nous avons toujours peur, et c'est pourquoi nous évacuons" a expliqué à l'AFP Miriam García, une villageoise de El Rodeo, réfugiée au stade de Escuintla.

Non loin, Oscar Juárez, du même village, a renchéri : il dit avoir quitté sa maison pour "sauver sa vie". "Nous avons toujours peur et il faut réagir vite", a-t-il poursuivi. "Il faut partir le plus vite possible car lorsque (la lave ou la nuée ardente) est proche on n'a pas le temps de s'enfuir, même en courant", a-t-il encore expliqué.

Selon la protection civile, la nuée ardente qui a dévasté en juin San Miguel Los Lotes atteignait une température entre 200 et 900 degrés Celsius et pouvait dévaler les flancs du volcan à 700 km/h.

Les spécialistes tiennent aussi à l'oeil deux autres volcans du pays : le Pacaya (20 km au sud de la ville de Guatemala) et le Santiaguito (117 km à l'ouest), dont l'activité a connu récemment un regain, sans pour autant entrer en éruption.

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