Hamon reporte au 2 septembre la rentrée scolaire de 12 millions d'élèves

Publié le à Melun (AFP)

Benoît Hamon a annoncé le report de la prérentrée des enseignants au 1er septembre et de la rentrée des élèves au 2, décision touchant 12 millions d'élèves et 800.000 profs, justifiée par un problème informatique qui peine à convaincre.

"Nous avons 40.000 enseignants supplémentaires. Il faut, pour des raisons techniques, informatiques, réussir cette rentrée," a affirmé le ministre de l'Education nationale, en déplacement à l'école supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE) de Melun, assurant que cette décision n'est pas liée à des revendications syndicales.

Les enseignants devaient faire leur prérentrée le vendredi 29 août et les élèves, de la maternelle au lycée, intégrer leur établissement le lundi 1er septembre. Ce calendrier avait hérissé certains syndicats, le Snalc, qui avait déposé un préavis de grève pour le 29 août, et le Snes-FSU, puissant premier syndicat du secondaire.

"Il y aura une journée à rattraper" pour les enseignants, a dit Benoît Hamon. La communauté éducative attendait des précisions du ministre vendredi au Conseil supérieur de l'éducation (CSE).

"Il y avait auparavant grâce à Nicolas Sarkozy un dispositif national de paie des fonctionnaires, qui a été abandonné" l'année dernière "devant le fiasco total" (...). "Ce qui nous a amené à revenir à l'ancien logiciel informatique", a déclaré le ministre à Melun, où il était accompagné par la secrétaire d'Etat Geneviève Fioraso (Enseignement supérieur). Il a fallu "faire face à une situation où il y a 40.000 enseignants supplémentaires, et ce n'était pas possible" avec une prérentrée le 29 août.

L'annonce intervient après une journée d'incertitudes: le Snes-FSU avait annoncé jeudi que le ministre accordait aux enseignants de ne pas faire leur prérentrée le 29 août, tandis que la confusion régnait sur un maintien de la prérentrée et la rentrée des élèves.

"On peut se féliciter d'une décision dans le bon sens, la seule possible. Il était inimaginable que les élèves rentrent en même temps que les enseignants. On peut regretter qu'il ait fallu attendre 24 heures pour avoir cette précision", a indiqué Philippe Tournier, du SNPDEN-Unsa, premier syndicat des chefs d'établissement.

"On a une clarification et le maintien de la prérentrée, d'autant plus nécessaire dans le primaire avec la réforme des rythmes", a estimé Christian Chevalier, du SE-Unsa. Pour lui, le 29 août ne doit pas être rattrapé. Le ministère "a visiblement mal géré ce dossier, ça n'est ni aux élèves ni aux enseignants d'en faire les frais. Il se dit "dubitatif sur la raison avancée sur le logiciel de paie".

- "L'école mérite mieux" -

"J'invite tous les chômeurs informaticiens à rejoindre les équipes du ministère de l'Education nationale pour les aider à régler ce bug", a ironisé Paul Raoult, président de la fédération de parents d'élèves FCPE.

"On prend acte", mais "l'école mérite mieux que ces débats", selon Sébastien Sihr du SNUIpp-FSU, premier syndicat du primaire où "la journée de prérentrée est indispensable aux équipes pour préparer au mieux l'accueil des élèves".

"Cela permet au moins de clarifier les choses", selon Valérie Marty de la fédération de parents Peep, "même s'il y a des conséquences sur l'organisation des familles, il faudra certainement que les mairies organisent des centres de loisirs" le 1er septembre.

L'annonce "donne une image déplorable de l'Éducation nationale et du dialogue social", déplore le Sgen-CFDT, regrettant que ce débat ait éclipsé la grève de jeudi. "La paix sociale ne s'achète pas par des mesures symboliques".

Le problème de la prérentrée "risque de se reposer en 2015 et 2016", a averti Frédérique Rolet du Snes-FSU, faisant valoir que les enseignant "travaillent beaucoup en juillet".

Après les assouplissements sur les rythmes, c'est la seconde fois que Benoît Hamon fait des concessions refusées par son prédécesseur. Pas sûr que cela permette l'apaisement dans un secteur où les intérêts des acteurs sont très divergents. Et ces deux mesures semblent mal passer auprès des organisations qui avaient soutenu Vincent Peillon, sans garantir l'appui des autres.

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