Hommage national à Nice pour les victimes de l'attaque à la basilique

Publié le à Nice (AFP)

Neuf jours après l'attaque au couteau perpétrée dans la basilique de Nice, un hommage national présidé par le Premier ministre Jean Castex sera rendu samedi en présence des proches des trois personnes tuées le 29 octobre, deux femmes et le sacristain de l'église.

Trois autres membres du gouvernement, le maire LR de Nice Christian Estrosi, l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, ainsi que d'autres élus et toutes les autorités religieuses de Nice prendront également part à cette cérémonie sobre, organisée au sommet de la colline du Château, un parc dominant la ville et sa baie méditerranéenne.

A partir de 10H00, après l'hymne national et une revue des troupes, les portraits des trois victimes seront apportés par leurs familles et leurs proches, qui devraient aussi être prochainement reçus au Vatican par le pape François. Ils ont aussi choisi une musique ou un texte à lire, puis une flamme sera allumée.

Le maire de Nice, puis le Premier ministre doivent ensuite prendre la parole, avant une minute de recueillement.

A l'issue de cette cérémonie, le chef du gouvernement aura "un temps d'échange avec les familles des victimes", selon le programme diffusé par Matignon. Puis il prononcera une autre allocution et décorera les policiers municipaux de Nice ayant arrêté l'auteur de l'attentat.

Nadine Devillers, 60 ans, Vincent Loquès, le sacristain de l'église, 55 ans, et Simone Barreto Silva, une Franco-brésilienne de 44 ans, se trouvaient dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption le matin du 29 octobre quand un homme de 21 ans, Brahim Aouissaoui, de nationalité tunisienne, arrivé à Nice l'avant-veille, les a attaqués au couteau vers 08H30.

"On ne s'attend pas à une mort aussi tragique, dans un lieu pareil... Rentrer dans une église pour y tuer trois personnes, c'est inconcevable pour moi!", a confié à Nice-Matin Joffrey, le mari de Mme Devillers. "Je souffre énormément, heureusement je suis bien entouré", a-t-il dit, décidé à tenir bon en mémoire de son épouse avec laquelle il était en couple depuis bientôt 26 ans.

- Souvenir douloureux -

L'alerte avait été donnée par Mme Barreto Silva, décédée après s'être réfugiée dans un restaurant proche de la basilique. Cette femme franco-brésilienne charismatique élevait seule ses trois enfants âgés de 7, 11 et 15 ans.

Située près de la gare centrale de Nice, la basilique se trouve dans un quartier très fréquenté. Le jeudi de l'attaque, les Niçois se hâtaient d'y faire des achats avant le reconfinement contre l'épidémie de coronavirus.

L'émotion et la tension étaient déjà vives, à Nice comme ailleurs en France, depuis l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, 13 jours plus tôt, le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

A Nice, l'attaque de l'église a en outre ravivé le souvenir de l'attentat très meurtrier commis sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Un Tunisien de 31 ans, au volant d'un camion, avait alors foncé dans la foule rassemblée pour le feu d'artifice, faisant 86 morts et plus de 450 blessés.

Depuis le début de l'enquête sur l'attaque commise dans la basilique de Nice, outre l'assaillant, 11 personnes ont été placées en garde à vue et dix relâchées. Connu en Tunisie pour des faits de violence et de drogue, Brahim Aouissaoui s'était tourné vers la religion depuis deux ans et isolé.

Hospitalisé à Nice après son arrestation, sans pouvoir être questionné, il a été transféré vendredi en avion vers Paris où le parquet national antiterroriste conduit l'enquête pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Deux victimes, Vincent Loquès et Simone Barreto Silva, ont déjà été inhumées ces derniers jours dans l'intimité, après une messe dans la basilique où ils sont morts. Pour les besoins de l'autopsie, Nadine Devillers, dont la dépouille présentait "un égorgement très profond de l'ordre d'une décapitation" selon l'enquête, sera inhumée dans quelques jours.

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