Incidents à l'OM: le procureur requiert 13 peines de prison avec sursis et une de prison ferme

Publié le à Marseille (AFP)

"Quand vous faites ça, vous n'êtes plus des supporters": fustigeant les violences commises à la Commanderie, le procureur a requis 13 peine de prison avec sursis et une de prison ferme, sans mandat de dépôt, contre 14 supporters de l'OM jugés mercredi à Marseille.

Pour André Ribes, le 30 janvier l'aarrivée "concertée" des manifestants à la Commanderie "laissent penser que la manifestation ne peut que dégénérer".

Reconnaissant toutefois une certaine forme d'"empathie" à l'égard des prévenus, qui ne sont pas à ses yeux des "voyous" mais des fans pris dans un effet de groupe, il a requis huit mois de prison avec sursis contre 13 d'entre eux, et 4 mois ferme sans mandat de dépôt pour un 14e qui avait déjà été condamné pour vol.

Huit avaient déjà fait de la détention préventive, et quatre comparaissaient encore détenus mercredi dans ce dossier dans lequel ils encourent 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Le club, par la voix de Me Olivier Grimaldi, a quant à lui réclamé 140.000 euros de préjudice moral pour l'ensemble du groupe.

A la barre, les supporters de l'OM se sont succédé au cours de la journée, tentant de se justifier dans une série de dialogues de sourds avec la présidente.

"Je ne pensais pas que ça allait dégénérer autant, j'ai suivi bêtement, comme un âne", assure Mehdy, un chômeur de 25 ans en polaire bleue qui reconnaît avoir pris part à la manifestation mais nie toute dégradation: "J'ai pris des photos, je me suis dit: +C'est le moment de voir la Commanderie de l'intérieur+".

Âgés de 19 à 37 ans, les 14 prévenus viennent de Marseille pour une minorité, et d'ailleurs en France pour la plupart.

Comme Denis, 37 ans, intérimaire venu spécialement ce samedi-là de Montceau-les-Mines et incarcéré depuis.

"Pourquoi avoir porté des lunettes, une capuche et avoir été vêtu de noir?", demande la présidente. "J'étais pas un des leaders, j'ai vu la possibilité d'un début de dialogue avec les dirigeants", rétorque cet "amoureux" de l'OM

"Vous êtes à la Commanderie, des joueurs prennent des cailloux et vous êtes dans un moment pacifique?", l'interpelle Olivier Grimaldi.

Difficile de savoir qui a fait quoi. L'un a été vu par des policiers jeter des pierres mais assure n'avoir "rien lancé". Un autre, interpellé seulement 10 minutes après le début des faits, s'en sort d'une pirouette qui suscite l'hilarité dans la salle: "Je me suis barré" dès que ça a dégénéré. Ce directeur-adjoint d'une épicerie, membre des Ultras marseillais, assure donc qu'il n'a rien fait.

- "Débordé par ma passion" -

Un seul, le plus jeune, Romain, 19 ans, habitant les quartiers chics de Marseille, reconnaît les faits qui lui sont reprochés notamment la dégradation d'un véhicule banalisé de police. "J'étais débordé par ma passion", explique le garçon, cheveux mi-longs, chemise blanche.

Samedi 30 janvier, 14H35, à quelques heures de la rencontre de l'OM contre Rennes qui sera finalement reportée, quelque 300 supporters étaient arrivés à la Commanderie, la plupart habillés de noir, capuche sur la tête. Dans le viseur des fans, échauffés par une succession de résultats sportifs décevants: des joueurs, mais surtout le président du club Jacques-Henri Eyraud, contesté depuis plusieurs mois déjà.

Des incidents éclatent rapidement, devant le centre d'entraînement, mais aussi à l'intérieur, où quelques dizaines de supporters parviennent à pénétrer. Des bureaux sont dégradés, comme des véhicules, des portails ou des clôtures. Le club a chiffré le coût des dégradations à au moins 87.000 euros, détaille l'un de ses avocats.

Sept policiers ont été légèrement blessés et trois de leurs véhicules dégradés. Une vingtaine de supporters seront immédiatement interpellés.

"Il y a eu des exactions, sauf que les véritables auteurs, eux, sont toujours dans la nature, pourquoi? Et bah tout simplement quand la foule s’est dispersée, les policiers (...) ont réussi à en attraper quelques-uns sans même savoir ce qu’ils avaient fait ou pas", a réagi en marge de l'audience, Me Nicolas Besset, avocat de deux prévenus.

Depuis, la pression autour du club marseillais n'est pas retombée: réunis il y a quelques jours pour une rare conférence de presse commune, les six groupes de supporters ont de nouveau demandé le départ de Jacques-Henri Eyraud. La direction du club, elle, a menacé de rompre la convention qui lie l'OM et les six associations.

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